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Hanouka : la flamme de l'émouna face à la Grèce

Pourquoi la victoire des Hachmonaïm sur les Grecs est une victoire de l'émouna sur la force de l'homme.

11 min

Rav Yehouda Benishai

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous approchons de la fête de Hanouka. Cette fête se rappelle sous deux dimensions. La première consiste à souligner la capacité qu'ont eue les Hachmonaïm à surmonter les Grecs et leur civilisation. La deuxième est l'allumage de la Hanoukia, pour rappeler le miracle où une fiole d'huile d'un jour a tenu pendant huit jours d'affilée, afin que puisse reprendre le service au Beit HaMikdash: l'allumage de la Ménorah.

L'affrontement avec la Grèce a été un affrontement de civilisation. Les Grecs avaient réussi à faire apparaître une civilisation éclatante, qui avait mis la force de l'homme au centre de la vie de la société. La force de l'homme se révèle par sa force intellectuelle et par sa force physique. C'est pour cela qu'à la tête de la société, les Grecs avaient placé les philosophes, la force intellectuelle de l'homme, et la force physique. C'est pour cela que les personnes les plus appréciées en Grèce étaient les combattants, les soldats, et la force de vaincre tous ceux contre qui on partait en guerre.

Et voilà que les Grecs, qui avaient, après Alexandre le Grand, une mainmise sur énormément de territoires, rencontrent ici un peuple qui ne se distingue a priori ni par sa capacité intellectuelle ni par sa capacité physique, mais qui se distingue par sa capacité de émouna. Évidemment, la émouna est capable de finalement engendrer la capacité intellectuelle et la capacité physique.

C'est ce qui est dit dans Al HaNissim. Dans Al HaNissim, on parle du miracle où Dieu a remis aux mains d'une minorité, Rabim, tu as remis aux mains de ceux qui étaient un petit nombre une multitude. Et aussi, tu as remis les reshaïm aux mains des tsadikim. Ce qui définit quelqu'un de rasha ou de tsadik n'est pas sa capacité intellectuelle, mais sa capacité d'être bon. D'être bon envers le Créateur et d'être bon envers les créatures.

Les Grecs, ayant rencontré cette civilisation d'Israël, étaient au départ surpris. Comment la émouna pouvait-elle oser affronter ces deux capacités énormes de l'homme ? Et quand ils ont commencé à vouloir imposer leur système, leur civilisation, ils ont dans un premier temps réussi à avoir le dessus.

C'est ce qui nous est arrivé au début. C'est pour cela que certains se sont hellénisés, en pensant que les Grecs avaient découvert la méthode qui permettrait la réussite du monde par la force de l'esprit et la force du corps. On pouvait être tenté par cela. L'homme a toujours la tentation de vouloir penser qu'il est le centre du monde.

Mais il y a dans le peuple d'Israël une flamme qui ne s'éteint jamais. Cette flamme, qui est la flamme de la émouna, est là pour rappeler à l'homme qu'il n'est que créature, qu'il est le résultat de la volonté divine, et que l'homme n'est pas capable de compléter par lui-même le projet de la création. Il a besoin d'être guidé, accompagné, éclairé par la force divine, qui est à l'origine non seulement de la création du monde et de l'homme, mais aussi de la Providence qui l'accompagne.

Cela suppose évidemment la modestie, qui est la qualité, la vertu essentielle qui doit apparaître chez l'homme. Comme on le signale à propos de notre maître Moché: « Véhaïch Moché anav mikol haadam ». C'est ce qui lui a permis d'avoir accès au divin.

Alors, malgré les victoires étonnantes des Grecs et le fait d'avoir réussi à conquérir aussi l'esprit de nombreux membres de notre peuple, une famille, la famille des Hachmonaïm, a repris la direction des choses, en rappelant au peuple d'Israël sa raison d'être.

La raison d'être du peuple d'Israël dans le monde est la présence du divin. Non pas à la place de l'homme, mais comme accompagnateur de l'homme. Et les victoires étonnantes des Hachmonaïm sur les Grecs sont précisément venues rappeler que la force divine, qui est présente en Israël au niveau du peuple tout entier et chez chacun par sa capacité d'être tsadik, est capable de dépasser de loin la force physique et la force intellectuelle de chaque individu.

Et pour symboliser cela, pour faire apparaître cette idée, ce principe, finalement, cette victoire s'est conclue par l'apparition de cette flamme, une flamme qui a dépassé la loi de la nature. L'allumage de la Ménorah était précisément destiné à montrer que ce qui est éclairé à partir du divin pouvait dépasser toutes les forces de la nature, et au contraire les éclairer, les compléter.

C'est pour cela que nous avons l'obligation à Hanouka non seulement d'allumer la Hanoukia, mais aussi de faire en sorte que cette flamme soit vue, soit distinguée de l'extérieur, pour bien prouver que le divin éclaire tout de l'intérieur et lui donne sa raison d'être, sa signification.

La fête de Hanouka est une fête très particulière, parce que c'est la seule fête qui a été déterminée par l'histoire du peuple sur sa terre. La fête de Pessa'h vient rappeler la sortie d'Égypte, la fête de Chavouot le don de la Torah dans le désert du Sinaï, la fête de Souccot le fait que nous ayons construit des cabanes dans le désert. La fête de Hanouka s'est passée ici, sur notre terre, en Erets Israël. C'est pour cela qu'elle peut nous servir de phare pour la compréhension de la lutte et du projet que le peuple d'Israël doit mener en revenant sur sa terre.

Notre but n'est pas une réalisation d'ordre humain et naturel seulement, mais d'apporter au contraire à la civilisation de l'homme la part du divin que trop souvent il a voulu ignorer, et qui a provoqué, et qui provoque encore, des échecs graves.

Depuis des années et des années, des milliers d'années, cette fête nous permet de maintenir vivante notre raison d'être en tant que peuple, le peuple d'Israël, qui doit précisément éclairer le domaine public du monde en faisant comprendre que c'est grâce à notre profond attachement au divin que l'on pourra réussir aussi en tant qu'être humain.

Raksamer

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