Questions-réponses avec le Rav Cherki : la vengeance et la justice
Le Rav Cherki répond sur la réaction après le 7 octobre, la vengeance, l'enrôlement des haredim et l'annexion de la Judée-Samarie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La politique sainte selon Rav Oury Cherki, 1 min
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— Shalom Rav Cherki. Shalom tout le monde. Merci beaucoup de vous prêter une seconde fois à ce jeu de questions-réponses. J'ai reçu plusieurs questions d'anciens élèves. Je vais commencer par celles-là, et ensuite nous aurons les questions du public.
— Première question: si vous aviez été chef du gouvernement israélien le 7 octobre, comment auriez-vous réagi ? Quelle décision auriez-vous prise ?
J'aurais pris exactement les mêmes décisions que celles qu'a prises Netanyahou. Il demandait à l'armée d'avoir une réaction violente, immédiate et très rapide. Il n'a pas été suivi. Mais c'est ce qu'il aurait dû faire, évidemment. Je ne suis pas encore au point d'adopter les propositions d'Eliya Ouyossian, le spécialiste des affaires iraniennes, qui dit qu'en fait la réaction immédiate aurait dû être d'amener un massacre massif de nos ennemis.
Il dit que cela aurait mis les choses en place. Israël aurait été condamné dans le monde entier, mais d'autre part, on aurait compris qu'avec les Juifs, on ne fait pas de bêtises. Donc, pas à ce niveau-là. Mais la décision était bonne, et l'application n'a pas été faite. Évidemment. On peut se rendre compte qu'il y a eu un désarroi dans l'armée. L'armée était entièrement désemparée.
La raison la plus probable, si on exclut quelque chose de volontairement fait, un sabotage planifié, ce qui serait très grave, c'est que l'armée a été, disons, enfermée dans des conceptions fondamentales. Par exemple, dans les bases de l'aviation, la première réaction a été: « Ah, puisque nous sommes attaqués, il faut rentrer dans les abris. » Un ordre d'attaquer ou de donner une réponse n'a pas été donné.
Ce sont des habitudes prises par des personnes, qui sont incorporées dans un système. Donc, à partir du moment où il y a quelque chose qui n'est pas dans le plan, une surprise, on ne s'y attendait pas, puisqu'on était persuadé que jamais le Hamas n'oserait attaquer, on ne sait pas comment réagir.
— Mais est-ce qu'il y a une valeur selon la Torah à la vengeance ? Est-ce qu'il y a une valeur selon la Torah à la vengeance ?
Il y a une valeur selon la Torah à la justice. Une partie de la justice, c'est la vengeance. La vengeance n'est pas au sens d'un sentiment exacerbé, de rage qui vous monte à la salive, etc. Il s'agit simplement de comprendre que la vengeance fait partie des nécessités de l'établissement de la justice dans le monde.
— Non, ce n'est pas la deuxième. La troisième.
— Il y a un désaccord profond aujourd'hui dans la société israélienne concernant l'engagement des orthodoxes à l'armée. D'après vous, comment va se finir cette histoire ?
Il n'y a pas de désaccord profond. Ceux qui exigent l'enrôlement des harédim à l'armée ne veulent pas des harédim à l'armée. Ceux qui sont d'accord pour les dispenser ne veulent pas vraiment les dispenser. Il y a donc un accord général, qui est qu'on voudrait bien que les harédim aillent à l'armée, mais on ne va pas les enrôler. C'est à peu près ça, l'accord général. Le débat est entièrement faussé et biaisé pour des raisons politiques. Il est utilisé dans le cadre de l'affrontement politique entre la gauche et la droite. Il n'a rien à voir avec les problèmes de fond.
Maintenant, si vous me demandez ce qui va se passer à longue échéance, étant donné que la démographie est favorable à l'emprise des harédim sur une grande partie des rênes de l'État, les harédim, un jour ou l'autre, devront prendre leurs responsabilités. Et quand ils seront au pouvoir, ils devront décider comment ils s'occupent de la sécurité de l'État, de l'économie de l'État et de toutes les branches de la vie sociale. Et donc, par la force des choses, ils vont d'abord devenir sionistes de facto, et de plus, ils vont devoir adopter finalement l'idéologie de la pensée du Rav Kook. C'est ce qui va se passer.
— Parfait. À plus ou moins long terme ?
Vous savez, comme disait Hazal, c'est plus facile d'être historien que prophète. D'accord.
— Est-ce que, d'après vous, les rabbins doivent s'occuper de politique ?
Les rabbins ont le devoir fondamental, selon la Torah, de s'occuper de politique, étant donné que la Torah est la constitution de l'État hébreu sur sa terre. Donc, si les rabbins ne s'occupent pas de politique, ils trahissent leur rôle. Évidemment, pendant le temps de l'exil, les rabbins ne pouvaient s'occuper que d'affaires individuelles ou communautaires, parce que c'était ce qu'il y avait sur le terrain. Mais ils n'ont jamais oublié, je l'espère, que nous sommes une nation en exil, et que quand cette nation est restaurée dans son indépendance, elle a des responsabilités, et donc il faut qu'elle s'occupe de politique.
— Est-ce que cela veut dire qu'il doit faire de la politique ?
La réponse est non. La politique appartient, dans la pratique, aux politiciens. Les aptitudes nécessaires pour s'occuper de politique pratique ne sont pas les mêmes que celles qui sont nécessaires pour être rabbin. Les rabbins doivent s'occuper de la politique avec un grand P, c'est-à-dire la politique en tant que principe. Ils doivent avoir une influence sur le monde politique. Ils ne font pas eux-mêmes le travail politicien, même si cela peut arriver: tel ou tel rabbin est, comme par hasard, député à la Knesset.
— J'ai entendu des rabbins dire: « C'est une mitsva de voter pour un tel », ou « le Rav va trancher qu'il fallait voter pour un tel ». Qu'en pensez-vous ?
On a le droit de soutenir qui on veut. Mais non, si on dit que c'est la halakha, alors là, il faut abuser.
— Maintenant qu'on a une perspective de quatre-cinq ans sur la période du corona, avez-vous des compréhensions par rapport à cette période ? Pourquoi D.ieu nous a-t-Il envoyé cela ? A-t-on bien réagi ?
Le corona était un des éléments qui ont déstabilisé la société humaine, l'humanité tout entière. Or, ce phénomène de déstabilisation a un sens, parce que quand il y a déstabilisation, il y a potentialité de changement. Quelle que soit votre position personnelle par rapport aux vaccins, c'est tout à fait secondaire, parce que même si on dit que les vaccins ont tué beaucoup de monde, ils ont sauvé encore plus de monde. Maintenant, on pourra rentrer dans un débat, il y aura des théories conspirationnistes et tant d'autres. En fait, tout cela n'a absolument aucun sens. Ce qui est important, c'est de comprendre qu'il y a un ébranlement de la conscience humaine, une transformation de l'identité humaine, qui permet justement d'aboutir à des résultats peut-être inattendus.
— Super. Est-ce que vous utilisez l'intelligence artificielle ?
Oui, cela m'arrive. Je suis assez minable dans l'utilisation des technologies informatiques, mais bon, parfois c'est utile. D'ailleurs, c'est comme ça que vous pouvez découvrir que je suis un personnage réel et pas une invention de l'intelligence artificielle.
— Et quand vous l'utilisez, vous l'utilisez comment ?
Je pose une question, je trouve des réponses.
— D'accord. Si jamais l'intelligence artificielle fait un ridouch de Torah, par exemple, elle combine toutes sortes de connaissances, elle fait un ridouch de Torah: qu'est-ce que ça …
Cours de Machon Meir
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