Bereshit et Shemot, un seul livre en deux parties
Pourquoi la Genèse et l'Exode forment un même livre, et comment l'idéal des patriarches devient celui d'un peuple.
Rav David Partouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, j'ai le plaisir de vous retrouver dans une nouvelle émission de la télévision du Machon Meir, diffusée depuis Jérusalem. Nous avons entamé depuis trois semaines déjà la lecture du livre de Shemot, que l'on traduit généralement par l'Exode, dans le premier des cinq livres de la Torah, Bereshit, où il est question de l'engendrement de l'identité d'Israël par les patriarches. On y découvre des hommes qui font exception au reste de l'humanité et qui créent donc toute une lignée en accord avec des valeurs morales et spirituelles.
Et dans le livre de l'Exode, Shemot, on arrive à un stade où l'on découvre que le peuple hébreu est un peuple aliéné, soumis à l'esclavage, quasiment assimilé et sans valeur morale aucune. On se demande à ce moment-là quelle différence il y a eu entre Avraham, Yitzhak et Yaakov, les trois patriarches, qui ont atteint un si haut niveau moral et de relation à Dieu, et ce qui se produit d'un coup, d'un moment à l'autre, d'une paracha à l'autre: il y a effondrement des valeurs morales.
Et on en parle tout de suite avec le Rav David Partouche, responsable de la section francophone de la yeshiva du Machon Meir.
— Chalom ouvraha, Rav.
— Shalom, David.
— Alors, c'est assez surprenant de voir, d'un côté, un livre de Bereshit qui raconte l'engendrement de l'identité d'Israël, cet attachement des patriarches et cette recherche de l'infini, et d'un coup...
Plus rien. Dans le livre de Shemot, on assiste à un peuple qu'il faut libérer, qu'il faut sortir de l'esclavage, et qui est arrivé au 49ème degré d'impureté sur 50. Finalement, comment peut-on passer aussi brutalement de ces deux niveaux ? Nos sages sont clairs à ce sujet. Ils disent que Bereshit est appelé le premier livre et Shemot est appelé le second livre, alors qu'on n'a jamais trouvé dans les paroles de nos sages que le livre du Vayikra, le Lévitique, soit appelé le troisième livre. Et là, ils veulent exprimer une chose très simple: Bereshit est le premier livre, le deuxième livre étant Shemot. Bereshit et Shemot, la Genèse et l'Exode, sont un seul et même livre divisé en deux parties. La première partie du livre Bereshit-Shemot s'appelle Bereshit, la deuxième s'appelle Shemot.
Ce qui s'est passé avec nos pères va se réaliser avec les enfants. Les enfants, c'est le livre de l'Exode. La naissance des enfants des pères se passe dans le livre de l'Exode. Or, on sait que lors d'un mariage, il y a du bruit, il y a le hatan, il y a la kala, il y a tous les invités, tout le monde est concentré autour du hatan et de la kala. Mais l'enfant ou les enfants qui vont sortir de ce couple, ça se passe de façon secrète, ça se passe dans le ventre de la mère, ça se passe dans des souffrances d'enfantement. Ça se passe totalement différemment de ce qui s'est passé lors du mariage, et c'est à peu près ce qui se passe dans le livre de l'Exode, Shemot.
Shemot, c'est la naissance ultime de l'amour qu'Avraham, Yitzhak et Yaakov avaient dévoilé dans ce monde par rapport à Kadosh Baruch Hou, par rapport aux valeurs divines, par rapport aux idées du divin qui se dévoilaient dans ce monde. Mais ça va se réaliser. À l'époque d'Avraham, Yitzhak et Yaakov, ça restait dans des individus. Leur projet, comme un projet qu'on doit réaliser, restait dans le monde des idées. Tandis que dans le livre de l'Exode, on rentre dans la matière la plus profonde, on emmène ses idées dans la matière la plus profonde. Or, la matière la plus profonde passe par le monde matériel. La matérialité, le summum de la matérialité, c'est le travail, c'est l'esclavage, c'est là-bas que l'homme dévoile des forces bestiales, inhumaines, immorales. Là-bas, on va arriver à emmener la lumière, à emmener ces idéaux, et on va voir que...
Ce n'est pas par hasard qu'on a choisi la société la plus corrompue au niveau des mœurs, au niveau de la tri, pour être celle qui va faire apparaître la lumière. De là-bas, en tout cas, va apparaître la lumière. Donc la mutation entre l'individuel et le collectif prend du temps. Ça prend énormément d'heures. Même, on voit par rapport aux dates: lors de la création, l'idée du divin, il y avait le divin qui avait créé ce monde. Avant d'avoir une perception du divin, ça a pris...
La naissance d'Avraham, c'est en 1948. Aujourd'hui, on est en 5776, mais la naissance d'Avraham, selon la date hébraïque, c'est 1948. C'est seulement près de 2000 ans sans histoire d'homme où personne n'avait une relation avec le divin comme Avraham Avinou. De Avraham Avinou jusqu'à la sortie d'Égypte, on a à peu près 400 à 500 ans. C'est sûr que ça prend du temps, mais le but...
Le but, c'est la naissance du peuple d'Israël, c'est sûr. Le but, c'est d'arriver à ce que ces idées se réalisent à travers un peuple, à travers un collectif. C'est ça le but d'Avraham. En tant qu'individu, Avraham, Yitzhak et Yaakov, toutes leurs valeurs n'ont pas de... En soi, ce n'est pas une finalité. Si elles ne s'inscrivent pas dans le collectif... C'est pour ça qu'ils sont appelés pères. Quand on dit « un père », ce n'est pas un homme. Un père est appelé père grâce au fils. C'est-à-dire
que, souvent, le Rav Zidakoub disait que, de la même façon qu'on doit être heureux de nos pères, on est heureux d'avoir un ami. On est fiers de Yitzhak, notre père, de Yaakov, notre père. De la même façon, les pères sont heureux d'avoir des enfants comme nous. Nous, on est les enfants d'Avram, Yitzhak et Yaakov. Avram, Yitzhak et Yaakov ont leur nom de patriarche parce qu'il y a des enfants.
On parle aussi, et il faut faire très attention, des Imahot, les matriarches. On sait très bien que le nom d'Israël que nous portons, le peuple d'Israël, s'écrit Yod, Sin, Resh, Aleph, Lamed, ce sont les premières lettres de chaque nom, des pères et de nos mères. La lettre Aleph est la première lettre d'Avraham, le Aleph d'Israël. Le Yod d'Israël est la première lettre de Yitzhak et de Yaakov. Le Sin est la première lettre de Sarah. Le Resh est la première lettre de Rachel. Le Lamed est la première lettre de Léa, et le Resh est aussi celle de Rivka. C'est-à-dire qu'on voit que les pères et les mères forment Israël, mais en tant que projet. Ça, c'est le livre de Bereshit. Et le livre de Shemot, c'est Israël qui se concrétise dans la matière, dans la mission, dans les hommes qui vont former et dévoiler Israël.
Vers la fin du livre de Bereshit, Rav Partouch, il est écrit: « Ve'éle Shemot bné Yisraël ha-baim Mitzrayma », et voici les noms des enfants d'Israël qui sont venus en Égypte. Et là, quand on passe dans le livre de Shemot, on n'entend plus parler de la parole de Dieu. Il se passe 210 ans entre la fin du livre de Bereshit et le début du livre de Shemot. On reprend ces versets: « *Ve'éle …
Cours de Machon Meir
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