Le nombre d'enfants : qui décide dans le couple
Le minimum de la Torah, l'idéal du plus d'enfants possible, et le rôle de la femme dans la décision.
Rav Shlomo Aviner
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à toutes et à tous, et bienvenue, Rav Shlomo Aviner. Shalom à toutes et à tous. On continue de parler de l'éthique de l'amour. Que faire ? Et on va aborder une autre question cette semaine, qu'il est important de recevoir: le choix du nombre d'enfants.
Une femme est-elle obligée d'avoir un nombre considérable d'enfants, si elle est pratiquante, si elle est chomeret mitsvot ? Qui choisit ? Ne serait-ce pas plus facile ? A-t-elle le droit de dire: je veux la paix, la tranquillité, et je n'aurai que deux enfants, ou trois enfants ? Comment se fait ce choix du nombre d'enfants ?
Tout d'abord, il faut l'injonction de la Torah: un garçon et une fille, au moins un garçon et au moins une fille. De ce fait, il y a l'accomplissement de la mitsva de la Torah. Au-delà de cela, c'est l'optimal, à savoir le plus d'enfants possible selon vos possibilités.
Et dans ce sens, on ne peut pas comparer une mère à une autre. Il y a une mère qui a une constitution physique très forte: elle a des enfants l'un après l'autre, et elle se porte très bien. Eh bien, une mère pour laquelle la grossesse est pénible, la naissance est pénible. Pénible, c'est un bonheur, mais c'est un bonheur difficile.
La mise au monde, l'enfantement, tout ça, c'est difficile. Et puis le nouveau-né, il faut l'allaiter, c'est difficile. Parfois, il y a une dame qui a des forces mentales et psychiques très grandes, et il y en a une autre: elle n'arrive pas, elle s'écroule, c'est difficile.
C'est pourquoi la Torah n'a pas dit: si vous devez avoir trois, ou cinq, ou dix, ou douze. C'est personnel. Vous devez avoir, madame, le plus possible, le plus d'enfants possible, selon vos possibilités: vos possibilités physiques, vos possibilités mentales, vos possibilités. C'est vous qui choisissez, madame.
Mais qui prend la décision ? Parce que la contraception, c'est interdit ?
La contraception n'est pas interdite. Ça dépend quand, ça dépend quoi. La contraception n'est pas interdite. Jadis, malheureusement, la contraception était naturelle, parce qu'avant la médecine moderne, il y avait beaucoup de maladies d'enfants. Les enfants mouraient deux sur trois, parfois beaucoup plus, et malheureusement il n'y avait pas beaucoup d'enfants.
Maintenant, je ne parle pas des fausses couches; ça, on ne les comptait pas. Mais les enfants qui meurent de maladies d'enfants, c'est rarissime. Et même les fausses couches, c'est rarissime. Théoriquement, on peut avoir un enfant chaque année. Alors vous voudriez que votre femme, qui est fertile de l'âge de vingt ans à cinquante ans, ait trente enfants ? Impossible.
Donc on a le droit d'utiliser des moyens de contraception afin de se reposer. Tout à l'heure, j'ai dit qu'il faut un garçon et une fille. Mais on a également le droit de se reposer après la première naissance: neuf mois, un an, si c'est nécessaire. Ce n'est pas interdit, la contraception.
Ce n'est pas interdit, la pilule ni d'autres moyens. Mais qui prend la décision ? C'est la femme, c'est l'homme, c'est le rabbin ?
Celui qui prend la décision, c'est essentiellement la femme, parce que c'est la femme qui est enceinte. Comme l'homme, quand vous serez enceint, vous parlerez. C'est la femme qui est enceinte, c'est elle qui supporte les difficultés de la grossesse, de l'allaitement, de l'éducation du nouveau-né. Essentiellement, c'est elle. Je ne dis pas que le mari ne participe pas, mais c'est elle. C'est dans un sens.
Et dans un autre sens, c'est elle qui a besoin de cet enfant. L'enfant, ce n'est pas seulement une mitsva, c'est un besoin, c'est une nécessité: une nécessité de donner de l'amour.
Il y a quelque chose d'intéressant. La Torah a obligé l'homme à avoir un garçon et une fille, et nos sages ont obligé l'homme à aller plus loin tant qu'il le peut. La femme n'a pas reçu d'obligation d'avoir des enfants.
Eh bien, ça nous fait rire: et on pourrait savoir comment l'homme aura des enfants sans la femme ? Vous venez de dire le contraire, vous venez de dire que c'est une nécessité pour elle. Il va faire un clonage ? Non.
C'est pourquoi Rabbi Meïr Simha de Dvinsk, dans son livre Meshekh Hokhma, explique ceci de la façon suivante. La Torah, de façon générale, ne nous contraint pas à faire des choses au-delà de nos facultés, de nos possibilités. La Torah ne peut pas contraindre une femme à avoir des enfants. Elle peut contraindre un homme, parce que pour lui c'est un investissement mineur. Mais elle ne peut pas contraindre la femme.
Parce que, comme nous l'avons dit, la grossesse, c'est parfois une fête, et parfois c'est un calvaire. Un calvaire et une fête, mais c'est quand même un calvaire. Donc la Torah ne peut pas contraindre la femme.
Alors, si elle ne contraint pas la femme, la femme n'aura pas d'enfant ? Pour compenser cela, Dieu a créé chez la femme une profonde aspiration à avoir des enfants. Elle veut avoir des enfants. Comme disait Hanna à son mari, qu'elle voulait des enfants. Et son mari Elkana lui disait: « Ne suis-je pas préférable pour toi à dix enfants ? » Réponse: non, non.
Donc la femme, d'un côté, n'a pas d'obligation, et elle a des difficultés dans l'enfantement; de l'autre, elle a une soif profonde d'avoir des enfants. Alors elle se crée un équilibre entre cette soif d'avoir des enfants et la difficulté d'en avoir. C'est pourquoi cette décision est profondément maternelle. Ce n'est pas une décision du mari. Ça ne veut pas dire qu'on met le mari de côté: le mari aide sa femme à peser, à décider, à supporter. Il est, comment dire, un adjoint.
Et il en est de même du rabbin. Ce n'est pas le rabbin qui va décider. Le rabbin aide la dame à prendre la décision, à peser.
Parfois la dame, elle a... comment dire ? Elle est volage ? Ah non, il ne faut pas tellement être volage, etc. C'est le contraire: elle a mauvaise conscience. Il faut que j'aie un enfant tous les neuf mois ? Mais non, madame, vous pouvez vous reposer, etc. Il introduit des éléments moraux et spirituels dans la profondeur de sa décision.
— Un autre point que vous abordez également dans votre livre, et que je voudrais que vous nous expliquiez: vous dites que la femme trouve son bonheur dans la maison, que c'est elle qui est l'âme de la maison. Mais moi, je connais beaucoup de femmes qui étouffent dans la maison.
Il ne faut être extrémiste en rien. La vertu essentielle de la femme, c'est la maison. Mais cela ne signifie pas qu'elle ne peut pas avoir une carrière d'enseignante, d'avocate, ou autre chose, ou de médecin. Il faut des femmes médecins pour les femmes, et infirmières, et je ne sais pas quoi. Mais il faut toujours savoir où est le primat.
Le primat, c'est ses enfants, c'est la maison. Elle est docteur... S maison. S enfant. Est-ce mari ? Et à cela, elle ajoute une carrière. La maison, c'est A; la carrière, …
Cours de Machon Meir
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