Adam et Ichto nus, sans honte : Béréchit 2, 25
Pourquoi l'homme et la femme ne ressentent pas de honte avant la faute, selon le Rav Cherki.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Adam connaissait Hava avant la faute, selon Rachi, 60 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Verset kafé, dans Béréchit, évidemment: « L'homme, ils étaient tous les deux nus, l'homme et sa femme. » C'est bizarre, parce que jusqu'à présent, Adam désigne les deux à la fois. Mais là, quand on est proche de la chute, cela va se séparer en deux entités totalement différentes, Adam et Ishto.
Véloï boshashou. Ça veut dire quoi, véloï boshashou ? Ça peut vouloir dire, comme on traduit d'habitude, « ils ne ressentaient pas de honte ». Il y a cependant un petit problème: en hébreu, il faudrait dire véloï boshashou. Donc véloï boshashou, ça veut dire qu'ils n'ont pas traîné. Traîné ? Traîné, oui.
« Vaya Raham ki Boshesh Moshe et Lavo »: le peuple a vu que Moïse traînait à venir, n'est-ce pas ? Donc Boshesh peut vouloir dire également être en retard: ils ne sont pas restés longtemps. C'est un des enseignements du chassidisme: ils ne sont pas restés longtemps dans cette situation. Mais ça peut vouloir dire également qu'ils ne ressentaient pas la honte. Pourquoi est-ce qu'on ressentirait de la honte quand on a quelque chose à cacher ?
Si je n'ai pas quelque chose à cacher, je n'ai pas de honte. Ça veut donc dire qu'il n'avait pas de péché. Qu'est-ce qui fait que l'on a honte ? C'est la faute. Quand on n'a pas de faute, on n'a pas de honte. Pourquoi est-ce que je ne veux pas que les autres le voient ? Si c'est quelque chose de bien, pourquoi est-ce que je n'en ferais pas profiter les autres ? Je n'aurais pas honte. Donc la honte ne vient que de quelque chose de condamnable.
Oui. Mais sinon, il n'a pas honte.
— Qui te dit qu'il n'a pas honte ? Il va surmonter sa honte. Mais à part ça, le fait qu'ils étaient nus, ça prouve qu'ils n'avaient pas de corps. Oui ?
— J'ai incompris.
— Oui. Ils pensent que c'est un mal, c'est pour ça qu'ils sont complexés. Mais je veux revenir ici au texte de la Torah. Dans le texte de la Torah, on voit qu'ils étaient nus, ce qui prouve qu'ils n'avaient pas de corps.
D'accord ? Parce que le corps est un vêtement qui revêt notre âme. Et donc, tout cela se passe dans une sphère totalement spirituelle, ce qu'on appelle le Gan Eden. Le Gan Eden, c'est là qu'on dit aux enfants que papy est parti quand il meurt, n'est-ce pas ? Or, le papy en question, il a un corps. Or, le corps n'est pas parti au Gan Eden: le corps est parti dans la tombe. Donc, ce dont on parle qui va au Gan Eden, c'est l'âme.
Et donc, là aussi, nous avons un cas: l'humain était dénué de corps. Et il n'avait pas honte, parce qu'il n'avait pas de péché. Jusque-là, vous suivez ? Bon.
— Comment ?
— C'est le pasouk, kafé, n'est-ce pas ? Ça serait difficile de trouver ce que j'ai cité dans le verset, c'est pasouk, kafé, bête. D'accord ? Bon.
Maintenant, nous passons au verset juste après, Guimel Alef. Que veut dire le mot arum ? Rusé, n'est-ce pas ? Si on voulait dire « nu » au singulier, on dirait eroum. Maintenant, ce qu'il y a, c'est que le pluriel du mot arum et le pluriel du mot eroum, c'est le même: arumim. C'est-à-dire que vous avez un même pluriel pour deux mots différents. Donc on voit que la Torah fait un jeu de mots.
Elle fait un jeu de mots entre eroumim et arum, d'accord ? Mais ce qui est important, c'est que le mot arum ne veut pas dire nu. Nu en hébreu se dit eroum. Mais là, c'est arum. Arum, ça veut donc dire qu'il soit dit rusé. Essayons de voir ce que dit le Targoum. Le Targoum Onkelos nous dit la chose suivante: Véhivya, le Nahash, donc, Ava Hakim mikol Hevat Bera, était le plus intelligent des bêtes de la terre.
Oui ?
— Oui, alors ?
— On va voir tout de suite. Il veut dire quelque chose.
— Oui quoi ? Oui, alors ? Très bonne question. Donc nous allons répondre à ces deux questions à la fois. Oui ? Alors c'est quoi le Nahash ? Qui a dit que c'est le Yetser hara ? C'est le... ?
—Le vice de l'homme.
— Le vice de l'homme ? Je n'ai pas dit qu'il y a un vice. Je n'ai jamais dit ça. C'est tout à fait contraire à mes opinions. Vous n'allez pas vexer le Nahash, oui ? J'aimerais pouvoir le dire, mais on ne me laisse pas. D'accord ? Je reviens ici au Targoum. Le Targoum nous dit que c'était le plus intelligent des animaux. Quel est le plus intelligent des animaux, selon vos connaissances ? C'est l'homme.
Donc le Nahash désigne ici l'homme. Tout simplement. Nahash, c'est un des mots qui désignent l'homme: l'homme en tant qu'être intelligent. Ça vient du verbe. Quel verbe ? Oui, Nahash, ça vient de quel verbe ?
— L'inhoche, il ne se passe pas sous cette forme.
— Lenahesh. Lenahesh, ça veut dire deviner, d'accord ? Lenahesh, en hébreu, ça veut dire deviner. C'est exactement le rôle de l'intelligence: révéler ce qui est caché. C'est ça, le Nahash. Donc de ce point de vue-là, on peut dire aussi qu'il est arum, qu'il est nu. Mais de manière générale, le rôle de l'intelligence humaine, c'est de révéler ce qui nous est caché. Donc le Nahash ici représente l'intelligence naturelle de l'homme. D'accord ?
Maintenant, une petite question. Ça n'a donc rien à voir avec le serpent, qu'on traduit comme ça d'habitude. Maintenant, le sujet: quel est le verbe ici ? Le verbe, c'est... ? Non, le verbe qui vient dans la phrase, que nous avons dans les yeux. D'accord ?
— Comment ? Ça veut dire ?
— « Il était. » Maintenant, qu'est-ce qui vient ici avant ? Le sujet avant le verbe ou le verbe avant le sujet ?
— Le sujet avant le verbe.
C'est donc comme en français: le sujet vient avant le verbe. En général, dans le Tanakh, c'est le verbe qui vient avant le sujet. Béréchit, bara Elohim: bara, il a créé, c'est le verbe, Elohim, le sujet. Vayomer Elohim: le verbe, et après, le sujet. Et là, vous avez le sujet avant le verbe. C'est très bizarre. La Torah ne parle pas le français. Mais Rachi nous a déjà expliqué que lorsque dans la Torah le sujet vient avant le verbe, c'est ce qu'on appelle, en bon arabe, un passé antérieur. C'est-à-dire que c'est quelque chose qui était avant. Ça veut dire: le Nahash avait été le plus intelligent des êtres, ce qui veut dire qu'à ce moment-là, il ne l'est plus.
Hein ?
— Non, non, il n'a pas écrit la faute. On dit ici que le Nahash avait été le plus intelligent. On nous dit ici que le Nahash avait été l'être le plus intelligent: ça veut dire qu'il a été détrôné de son rôle par quelqu'un d'autre.
— Par qui ?
Cours de Machon Meir
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