Le huitième jour de la Création et la Kedusha
Pourquoi le huitième jour commence avant la fin du septième, et ce que la sainteté (Kedusha) accomplit dans le monde.
Rav Oury Cherki
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Le radical Kadoch, Kouf-Dalet-Shin, et il semblerait donc que ce soit ça le projet du septième jour. Le projet du septième jour est en rapport avec le mot Kadoch, c'est ce qu'on appelle la Kedousha. Effectivement, quand on lit dans le livre de Vayikra, dans le chapitre Yod-Tet,
il est dit là-bas: « Daber el kol adat bné Yisraël »: parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël, en ces termes: « Kedoshim tihiyou », « Vous serez saints ». On traduit en général Kadoch par « saint »: « Vous serez donc saints ». Et cela semble donc être l'accomplissement du projet du septième jour. Si c'est vrai ce que je vous dis, alors viendra un jour où il sera dit: « Vahiyou kedoshim », et ils furent saints. « Vayar Elohim ki tov », Elohim a vu que c'était bon. « Vayehi erev vayehi boker, yom hachevi'i », il fut soir et il fut matin, septième jour. Et alors commencera le huitième jour.
D'accord ? C'est-à-dire que si on regarde le projet de la Torah, il y a donc, au sein du septième jour, un accomplissement de l'identité humaine qui doit se réaliser. Et cet accomplissement est appelé sainteté.
Je ne sais pas encore ce que cela veut dire exactement, mais à supposer que ce soit ça, cela veut dire que le projet du septième jour s'appelle Kedousha. Voilà, c'est clair ?
— Oui.
— Oui.
Chapitre Yod-Tet. C'est le chapitre qui s'écrit, en français, Kaf-Yod-Tet? D'accord ? Oui. Cela vient après Kaf-Vav-Yod. D'accord ? Ceux qui n'ont pas compris, c'est leur problème, ils auraient dû poser la question, mais ce n'est pas grave.
Je suppose que vous avez tous compris, c'est ce qu'on avait vu la dernière fois. Maintenant, indépendamment du problème de savoir ce qu'est la Kedousha, j'ai quand même un petit problème avec ce que je vous dis là. Si vous regardez dans Vayikra, dans le chapitre cette fois-ci, c'est-à-dire celui qui porte le beau nom en français de. Chapitre, comment ? Oui, dans Vayikra, le Lévitique, on dit en français. Le livre de Vayikra, au chapitre 9, il est dit là-bas: Vayehi bayom hachemini, et ce fut le huitième jour.
Conclusion: si je prends au sérieux ce que dit la Torah, le huitième jour a commencé. Mais le septième jour n'est pas achevé. Ce qui fait que nous vivons dans un monde un peu bizarre, un monde du septième jour dans lequel le huitième jour a déjà commencé. Cela ne tient pas la route ? Vous avez compris mon problème ? C'est bizarre. Bizarre, effectivement.
— Je n'ai pas compris la question.
— Il y a un temps qui s'appelle Bein hachmachot, après le coucher du soleil, avant la sortie des étoiles. Quel est le problème ?
Gros problème. En effet, la Mishna, dans Massekhet Avot, dit qu'il y a dix choses qui ont été créées à ce moment-là, le vendredi, entre les deux soleils, c'est-à-dire entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles. Quelles sont ces dix choses ? Ce sont les miracles. Par exemple le bâton de Moshé, etc. La bouche de l'ânesse de Bilaam, il y a tous ces trucs-là qui sont des miracles. Et là, la Mishna nous dit que les miracles ont été créés à l'entrée du septième jour.
Alors, cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'ils n'appartiennent ni à l'un ni à l'autre ? Cela veut dire d'abord qu'il y a un lien, qu'il y a un moment de juxtaposition, on pourrait dire, du sixième et du septième jour. Pourquoi c'est comme ça ?
Non, c'est une autre question. Ce sont deux questions différentes. La question que j'ai posée: comment se fait-il que le huitième jour a commencé si le septième n'est pas encore fini ? Et ta question concerne le rapport entre le sixième et le septième.
— Ah, d'accord. Donc tu voudrais dire que nous sommes en fait dans le bein hachmachot.
Oui, cela pourrait tenir le coup, mais non. On va voir pourquoi non. Mais comme tu as posé la question du bein hachmachot, je ne peux pas me retenir, je suis obligé de parler de cette histoire des dix choses qui ont été créées à l'entrée du septième jour. Cela va nous obliger à ouvrir un sujet.
Le problème est de savoir: le miracle est-il quelque chose de possible ? Oui, quoi ?
—...
Non, non, non. C'est évident que c'est possible, étant donné que la Torah nous parle des miracles. Mais le problème est de savoir, philosophiquement parlant, si le miracle tient la route ou non. Il y a, à ce propos, trois positions différentes.
La première, c'est celle de ce qu'on appelle le pragmatisme, ou l'occasionnalisme, du philosophe anglo-américain William James. Il y a ce qu'on appelle le rationalisme, qui est courant chez les penseurs latins. Chez les Anglo-Saxons, il y a le pragmatisme; chez les Latins, il y a le rationalisme. Et il y a également l'opinion de la Torah. Maintenant, l'opinion de la Torah... Je vous dis tout de suite, c'est la bonne. Mais avant de voir ce que dit la Torah, essayons de comprendre un peu comment cela marche.
Dans le monde anglo-saxon, si on revient plus anciennement, il y avait déjà chez les Grecs, et après chez les Arabes, il y a eu les moutakallimin, qui affirment qu'il n'y a pas ce qu'on appelle de causalité. C'est-à-dire qu'il est faux de penser qu'il est normal que le soleil se couche ou qu'il se lève. Le soleil se lève, il aurait très bien pu ne pas se lever.
Comment ? Ah non, je me suis trompé. Il y a donc cette théorie comme quoi le fait que le soleil se lève n'est pas quelque chose d'obligatoire. Cela aurait très bien pu ne pas se passer. Et comme par hasard, le soleil, ce matin, s'est levé comme hier. Il se couchera probablement comme hier aussi. Mais en fait, rien n'oblige à ce que cela se passe comme ça. Il n'y a pas ce qu'on appelle de causalité. D'accord ?
Il y a des fondements de cette idée chez le philosophe David Hume. Enfin, bref, peu importe. Selon cette pensée, le miracle n'est pas possible parce qu'il n'y a pas de miracle. Il n'y a pas de nature, donc il n'y a pas de miracle. D'accord ? Ça, c'est l'opinion du pragmatisme, cela s'appelle.
L'opinion inverse, c'est celle qu'on appelle le rationalisme, qui affirme que les lois de la nature, c'est la réalité. C'est l'être. Le monde, c'est la nature. Selon cette pensée, le miracle est impossible aussi, pour une autre raison. C'est-à-dire que le miracle est une absurdité, puisque la nature, c'est le monde, donc il ne peut pas y avoir autre chose. D'accord ? Ça, c'est la deuxième opinion.
Le rationalisme. Cela veut dire qu'en fait, selon ces deux opinions, l'idée de miracle est impossible. Qu'enseigne plus précisément la Torah ? Eh bien, je vais vous dire: elle n'enseigne ni l'un ni l'autre. Elle nous raconte comment s'est passée l'organisation du monde, la formation du …
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