Le mois de Nissan, Pessah et le retour sur la terre
Pourquoi Nissan ouvre l'année, comment l'Haggada se transforme et pourquoi sortir d'Israël à Pessah est un contresens.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Nisan, le printemps d'Israël et la rédemption, 5 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Boker tov à vous. Alors d'habitude c'est soit avec Rony, soit avec Yoel, là c'est avec les deux, mais c'est le gros lot. Ah oui, ta'asta merouba, là. C'est peut-être parce que c'est l'arrivée du nouveau mois de Nissan, alors on nous a permis d'avoir ce plateau particulier. Rony, qu'évoque pour toi le mois de Nissan ? Qu'est-ce qu'on doit dire ? Chodech tov ?
D'abord, on dit « Chodech tov » pour chacun des nouveaux mois. Mais comme j'ai appris de mon ami et maître Aravi Yoel, comme le « Chana » chinouille, comme le « Chodech » ridouche, il y a ce renouvellement, cette résurgence, ce retour, ce « re » qui appartient à toutes ces locutions. Voilà, donc le nouveau mois, il est ici quelque chose qui m'engage vers un renouveau.
— Oui, mais quand même, Nissan, Yoel, ce n'est pas le premier mois de l'année ? On ne devrait pas dire « Chana tova » ?
Alors moi je dis d'abord « Yom houledet sameah » le soir du Seder, puisque c'est la naissance du peuple d'Israël. Mais Rosh Chodech Nissan, et tu as raison, je rajoute quelque chose, je dis « Pessah Goel VeSameah » et « Chodech Gueoula ». C'est-à-dire que je ne mentionne pas seulement Chodech tov, je rajoute en fait Chodech, un mois, un Chidouch, comme vient de dire mon ami Rony, où il y a un renouvellement de la rédemption, c'est-à-dire un mois où il y a une spécificité dans l'air de sortir encore une fois, une fois de plus, une couche de plus dans notre processus.
Alors c'est le premier mois de l'année, alors pourquoi on ne dit pas Chana tova ? On le dit, la Michna le dit elle-même. Et elle cite Rosh Chodech Nissan comme Rosh Hachana. Mais alors à Rosh Hachana, on ne dit pas Chodech tov ? Tout à fait, parce qu'à Rosh Hachana, le Chodech, qui est en réalité la notion de la lune, la lune s'appelle Chodech, est caché. Et comme la lune est cachée à Rosh Hachana, on ne mentionne pas la lune, mais en réalité c'est le début de toute l'année.
Et le mois de Nissan, Rony, c'est comme un renouveau, comme le printemps, on peut associer ça aussi au printemps ?
— C'est le printemps, et c'est surtout une manière de nous faire entendre que la nature devient reine. Et si la nature devient reine, peut-être pouvons-nous aussi faire ce parallèle avec le fait que Rosh Chodech Nissan est aussi le mois à partir duquel les années royales dans la royauté d'Israël se décomptent.
Et la fête de Pessah tombe toujours au printemps ?
— Il le faut.
— Il le faut ? La fête s'appelle Chodech HaAviv et Hag HaAviv. C'est-à-dire que nous rattrapons le décalage entre le soleil et la lune, ce qui fait que nous sommes toujours sur nos pattes. Rosh Hachana à la période de l'hiver, Souccot exactement au même moment, et Pessah toujours au printemps.
Parce que si on traînait et qu'on chantait que le soleil a rendez-vous avec la lune et que la lune n'était pas là, nous faisons en sorte de réajuster le rendez-vous entre la lune et le soleil. On maîtrise mieux notre année que certaines religions, on va dire ?
— Parce que nous ne sommes ni du soleil ni de la lune, nous sommes du soleil et de la lune. Et d'ailleurs, nous ne sommes pas non plus une religion. Ce qui fait qu'en réalité, on est complètement différents. Donc on ne peut pas être comparé à une autre religion.
Si on parle déjà de Nissan et que bientôt Pessah, cette Haggada, qui l'a écrite, d'où vient-elle ? Quelqu'un l'a écrite en particulier ? Quelqu'un peut me répondre ?
— La Haggada est en réalité un processus qui change. C'est-à-dire qu'avant la Haggada que tu connais aujourd'hui, il y avait une première Haggada. Et dans la première Haggada, c'était en réalité « Arami oved avi vayered Mitzraïma ». C'était la seule Haggada que Yaakov avait, que les enfants de Yaakov ont citée, c'est-à-dire raconté en fait l'exil de leur père et la sortie de cet exil.
— Nous aujourd'hui, nous racontons l'exil d'Égypte et la sortie de cet exil. Demain, il y aura une troisième Haggada, une nouvelle Haggada, où il sera mentionné que toi et moi et lui, nous sommes revenus des pays du Nord et de l'Europe.
À mon avis, la question que tu as posée fait référence surtout à la nécessité de ce qu'on trouve à la fin du livre de Devarim, c'est-à-dire « bini oucheno dor vador », c'est-à-dire « apprenez l'histoire », « essayez d'enseigner l'histoire ». Il y a dans le récit de l'histoire des leçons très importantes, c'est tout. La Haggada, c'est un récit de l'histoire. La Haggada, c'est quand même la sortie d'Égypte.
Et Baroukh HaChem, on se retrouve quand même aujourd'hui en Terre d'Israël. Alors, si on est déjà en Terre d'Israël, on doit bien sûr se rappeler la sortie d'Égypte. Mais est-ce que c'est la priorité ? Est-ce qu'on ne pourrait pas un peu bouleverser les choses ? On est quand même dans un début de Gueoula. La Haggada a-t-elle toujours une si grande importance aujourd'hui ?
— On n'a pas besoin de transformer quoi que ce soit. On doit tout simplement comprendre le texte avec la période d'aujourd'hui. C'est exactement ce qu'il faut faire le soir du Seder. Il ne s'agit pas seulement de raconter la rédemption de nos pères et de nos grands-pères, mais notre propre Gueoula. Et c'est ça qu'il faut enseigner à nos enfants, c'est-à-dire voir la Torah selon les yeux de la réalité d'aujourd'hui, de l'actualité.
Mais beaucoup de gens écrivent des Haggadot aujourd'hui en adaptant un peu par rapport à aujourd'hui, à la Terre d'Israël. Est-ce qu'on peut se permettre de rajouter le fait qu'aujourd'hui on est en Terre d'Israël ?
— Bien entendu. Il y a déjà quelque chose de très important, c'est que la Haggada que nous récitions durant l'exil venait prendre en compte cette déclamation de quatre verbes, qui est le processus de la délivrance. Le cinquième verbe était toujours représenté par cette coupe qui était au centre de la table, la coupe d'Eliyahou, et qui était à même de nous permettre d'envisager que... Mais aujourd'hui, elle n'est pas simplement la coupe qui est au centre, elle est devenue la réalité par elle-même.
Et donc il faut... La cinquième Mitsva, Zera Sadiq Libraha, avait voulu instaurer, bien entendu, qu'il fallait boire cette cinquième coupe, parce qu'elle venait signifier ce retour. Mais la cinquième pourrait être alors la première, parce que finalement le retour a plus d'importance aussi que... Ben écoute, comme dans les sphères dans la Kabbale, la dernière phase de l'étage d'avant devient la première phase de l'étage d'après.
Et donc, Rony vient de citer les quatre degrés de « Vehotsti, vehitsalti, velakahti, vegaalti », et le cinquième verset, il ne l'a pas dit, mais c'est ce qu'il voulait dire: « Vehevati etkhem el haaretz ». Je vous ai ramenés sur la terre. Et aujourd'hui, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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