Le puits de Haran et la pierre qu'on roule
Le récit de Yaakov au puits : la fraternité, la pierre refermée et la colère qui pousse à chercher son être.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le puits de Haran et la quête de fraternité, 5 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, il est question de cela: où ces bergers, avec leurs troupeaux, mais qui dans le Midrash représentent en quelque sorte ces peuplades, ces populations véritablement perdues à la recherche d'une eau qui soit capable non pas seulement de les abreuver, d'étancher leur soif, mais surtout de les repaître, comme je viens de l'expliquer.
Et alors, il y a sur ce puits quelque chose d'extraordinaire: il y a une pierre qui ferme le puits, bien entendu, pour éviter peut-être tout accident. Mais cette pierre, le texte nous dit ici qu'ils se sont tous rassemblés, Vénéassefou Chamah Kol Haadarim, c'est d'ailleurs...
On vient nous dire maintenant, au verset 3, comme au verset 8, « venez-vous », c'est-à-dire qu'il y a un véritable rassemblement, croyez-vous, peut-être une véritable manifestation humaine, à la recherche de ces eaux qui seraient capables d'étancher cette soif de l'humanité, de savoir, en fin de compte, pourquoi sommes-nous là: d'une humanité en quête d'identité.
Et alors, « venez-vous », en hébreu, traduire cet hébreu-là: Galelou, ils ont comme plié, replié la pierre sur elle-même, c'est-à-dire qu'ils ont déplacé. Mais faites attention: c'est lorsqu'ils se sont tous rassemblés qu'ils ont pu déplacer la pierre afin de pouvoir, dans ce puits-là de la rencontre, épuiser les eaux qui seraient, etc., etc., lorsqu'ils se sont tous rassemblés.
Ils ont pu bouger cette pierre. Extraordinaire, c'est énorme. Et pourquoi pas ? C'est-à-dire du dessus du puits. Pourquoi signifier ici d'une manière qui ne s'entend pas de deux manières: d'au-dessus de la bouche du puits ? Oui, l'orifice, bien entendu. Mais pourquoi pi ? C'est l'orifice, nous sommes bien d'accord. Mais pi, ici, ce sont ses lèvres.
C'est cette bouche qui peut être bien au-delà que d'offrir des eaux qui seraient capables de... (point de suspension), et capables de vouloir nous dire aussi quelque chose. Nous ne sommes pas simplement venus chercher des eaux capables de nous repaître, mais où ces eaux, ou en tout cas l'orifice de ce puits qui nous amènerait à ces eaux, est déjà lui capable de nous dire quelque chose.
Absolument extraordinaire. Ils ont bu, abreuvé le troupeau, même si nous parlons d'un troupeau animal ou du troupeau humain, plus exactement. Eh bien, ils ont ramené la pierre au-dessus du puits, ils ont refermé le puits, ils ont ramené la pierre à sa place antérieure. Mais pourquoi refermer le puits ?
Si nous y avons rencontré une parole, et si nous y avons rencontré une identité, une connaissance, une conscience d'être. Il leur dit: mes frères, il sait ce que c'est. Comme son père Yitzhak qui souffrait de voir la différenciation entre son fils Esav et Yaakov.
De voir cette division intérieure, parce que lui, Yitzhak, avait déjà souffert de cette division, de cette différenciation entre deux demi-frères, mais qui ne pouvaient être frères. Raison pour laquelle Yitzhak ira à Beer-Lahaï-Roï, après la mort de sa mère, chercher son frère et la mère de son frère, parce qu'il voulait reconstruire cette fraternité-là.
Et dans la question qui est la nôtre ici, Yaakov s'enfuit, mais nous voyons ô combien Yaakov n'est pas en recherche d'animosité, mais en recherche de fraternité, puisqu'à ses hommes, qui sont quelque part liés à l'histoire familiale de ces Hébreux restés araméens, eh bien, il vient et les interpelle comme de véritables frères. Cet homme, dès l'origine, prend ses responsabilités en considérant l'autre comme son frère, et il leur demande, comme nous:
Comme nous l'avons lu, nous sommes de Haran, c'est-à-dire de la patrie de Nahor, de ses descendants. C'est-à-dire, en quelque sorte, nous sommes de cette famille vers laquelle tu te rends.
Et le Midrash a quelque chose d'extraordinaire en nous disant ici: d'où venez-vous ? Le Meaïn n'est pas seulement « d'où venez-vous », il est aussi « du néant »: vous venez de Aïn, c'est ce qui n'est pas. Du néant, vous venez.
Mais Ineschem va Yomrou et Eud de répondre: mi-Kharan. Le Midrash de dire: Kharan, c'est comme le Haron, c'est comme la colère. Nous ne venons pas du néant, nous venons de la colère. De la colère. Pourquoi est-ce que nous sommes en colère ? Pourquoi est-ce que nous nous énervons ? La plupart du temps parce que nous ne sommes pas capables d'avoir, d'obtenir, de faire, de dire, de réaliser ce que nous voudrions faire, dire, réaliser.
Ce à quoi nous aspirons et la réalité que nous vivons font que ce n'est pas dans le néant que nous nous ressentons, parce que nous sommes à la recherche de cet être, sans vouloir être sartriens, bien entendu. Et à la recherche de cet être, c'est peut-être ce néant qui nous entoure, mais c'est la colère qui nous stimule, cette colère de ne pas savoir qui nous sommes véritablement. Peut-être, peut-être, je dis bien peut-être, parce que l'ancêtre n'a pas suivi le chemin que Abraham, son propre frère, a suivi: eux se sont arrêtés en chemin, bloqués dans ce chemin.
Cours de Machon Meir
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