Les moments de passage et le centre de la roue
Pourquoi les moments de passage sont délicats, et comment la charnière du temps ouvre sur la force messianique.
Rav Yoël Benharrouche
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes donc dans notre suite de développement concernant le passage. Rappelez-vous, nous avons parlé des passages, de différents éléments. Le cours s'appelle donc La période du passage et son secret, car les moments du passage sont les moments les plus délicats. Quand on monte d'un niveau, quand on passe d'un niveau à un autre niveau, quand on passe d'un espace à un autre espace, quand on passe d'un temps à un autre temps.
Tout ceci, ce sont des passages qui ont un grand secret en eux, et qui ont aussi leur faiblesse, et qui nécessitent une priorité au niveau de l'attention que nous devons porter à ces moments-là. Je veux dire par là que, par exemple, dans le passage de Khatsot, pendant la nuit, il y a le moment où l'on va vers la nuit, et un point qu'il est difficile de marquer, où l'on commence à passer vers le matin. Ce point de changement est un point tellement délicat que les sages de la Kabbale se lèvent à ce moment-là pour accompagner le passage de la nuit vers le jour. Autrement dit, ils accompagnent le processus de la Gueoula.
Car passer chaque nuit au degré du jour, c'est tout simplement vivre la Gueoula à chaque jour d'une manière répétée. Vous comprenez ?
— Ken ?
Non, je parle de Khatsot Laïla. Akum. Khatsot Laïla Akum Lehodot. Ken ?
— Tikkoun Khatsot.
Exactement. Donc le Tikkoun Khatsot est justement un tikkoun qui nous indique le passage. La sortie d'Egypte s'est faite aussi à Khatsot. Et l'homme qui ne sait pas mettre le doigt sur ce moment-là dit qu'à Khatsot, à peu près. Toujours est-il que ce passage est très délicat et très important, parce que ceux qui comprennent ce moment-là comprennent en fait le moment du switch. Est-ce que c'est clair ?
Et ce moment de switch nécessite en fait une prière. On peut l'appeler Tefilat Derekh. Au moment où tu sors de la ville, c'est la même chose: tu quittes la ville pour aller vers une autre ville. Au moment de la sortie de la ville, tu fais Tefilat Derekh, parce que tu dois accompagner ce mouvement de switch. Car il y a là-bas une faiblesse, car c'est un axe, comme les charnières d'une porte. Ce sont les charnières qui tiennent la porte. Mais sans ces charnières, la porte ne tourne pas.
Donc c'est un axe central, comme le centre d'une roue. Si tu comprends le centre de la roue, tu peux comprendre un grand secret. Mais plus tu t'éloignes, et tu sors au niveau du rayon de la roue jusqu'à arriver à la circonférence, plus tu as l'impression que tu fais de grands mouvements. Alors qu'en réalité, si tu étais au centre, tu n'aurais même pas eu besoin de bouger. D'accord ? Parce que le centre réel est au-delà du mouvement. C'est lui qui génère le mouvement. Et donc il est plus élevé que le mouvement.
Yossef HaTsadik, c'est ce qu'il dit à ses frères: vous êtes tous autour de moi, et moi je suis au centre. D'accord ? Qu'est-ce que ça veut dire, je suis au centre ? Eh bien, c'est moi qui vous fais tourner. Le Harizal nous dit que, par rapport à tous les frères, Yossef est le seul qui soit au degré masculin. Tous les frères sont dans un degré féminin. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas que ce sont des femmes, mais que, même dans leur degré d'homme, ils sont comme receveurs par rapport à Yossef. C'est lui qui les fait tourner. C'est lui qui génère le mouvement dans le peuple d'Israël.
Tout le monde est censé faire tout, sauf ceux qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas. Ce sont des degrés à atteindre dans la vie. Le jour où tu comprendras, ou plutôt où tu sentiras, que tu ne peux pas vivre sans ça, tu vas le faire. C'est tout. Donc on va continuer maintenant le texte. C'était juste pour vous rappeler l'importance de ce mouvement-là. On est au centre, en haut.
Nous arrivons à un degré où, effectivement, nous parlons de la charnière du temps. Et là, nous avons quitté, entre guillemets, le temps du passé pour arriver dans le temps de la fin des temps. D'accord ? Vous appelez toujours ça la fin des temps. D'accord ?
C'est le dévoilement messianique, c'est toute la lumière grandiose du Machiah, la Torah très profonde, très secrète, qui est en train de se dévoiler dans le monde. Ce passage-là comporte un phénomène très, très important. Écoutez bien ce que je vais vous dire. Jusqu'à ce point de Hatsot, on est lié au passé. Ça veut dire qu'on puise nos forces d'hier. Vous êtes avec moi ? À partir de Hatsot, on puise notre force du futur, de la fin.
Si vous voulez un exemple: Chabbat. Exactement. Jusqu'à mercredi, tu appartiens au Chabbat d'avant. Mais à partir du quatrième jour de la semaine, tu puises ta force du Chabbat qui va venir, qui n'est pas encore là. Donc, moralité: le mercredi appartient au passé et au futur. Et au moment du passage, toute la force que nous allons recevoir, et nous sommes déjà passés cet axe, au moment où nous avons dépassé cet axe, cette charnière du temps, tout ce que vous puisez comme force maintenant, ce n'est plus du passé, mais du futur qui va arriver. C'est-à-dire de la force messianique. Ken ?
Cet entre-temps entre le passé et le futur, c'est quoi ? Ça n'existe pas dans notre monde.
C'est une bonne question. Parce que c'est pour ça que je t'ai dit tout à l'heure que c'est un point que tu ne peux pas, en fait, marquer. Parce qu'à partir du moment où tu l'as marqué, il est déjà passé. C'est un manque de temps. C'est un degré qui est de l'ordre de l'infini. D'accord ? C'est comme quand on passe d'un livre à un autre. Voilà. Chabbat, on va terminer le livre de Béréchit. Pour passer au livre de Chemot, qu'est-ce qu'il y a dans le parchemin ? Un vide. Combien de vides ? Combien de lignes ? Quatre. Les quatre lettres du nom d'Hachem.
Donc, c'est comme si on te faisait un reset. Tu rentres ta petite aiguille dans le truc, tout se remet à zéro. Mais en fait, ce n'est pas un zéro, c'est l'infini. Donc tu as tracé quatre lignes dans le parchemin du Sefer Torah, dans lesquelles tu ne marques rien. Et si tu ne fais pas cet espace-là, tu ne peux pas passer de la fin de Béréchit au début de Chemot. Ok ? C'est un secret qui nous oblige, en fait, entre deux degrés, à gagner cet espace infini.
— C'est-à-dire ?
— Ken ? J'ai deux questions qui vont un peu ensemble. Mercredi, par rapport à Chabbat, c'est à partir de quel moment de mercredi qu'on est un peu au passé de Chemot ?
— Mardi soir.
Il n'y a pas une histoire comme quoi, mercredi soir, il y a de la bourre dans le ciel, et que ce n'est pas bon pour le jeu de sortir tout seul ?
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Cycle en cinq épisodes sur les moments de passage de la vie à la lumière de la Torah.
- 1
Les périodes de transition dans la vie, trois domaines à relierTemps, espace et êtres : pourquoi un sujet n'est complet que lorsqu'on le vit sur ces trois plans. - 2
Mezouza, seuils et danger du passagePourquoi la mezouza protège lors des changements d'étape, et comment la maison reflète les degrés du Bet HaMikdash. - 3
Les périodes transitoires de la vieComment la Nechama reste pure, le lien de la péphila, et le rôle du pain dans la vie du corps. - 4
Torah vivante, réveil et lumière messianiqueLe Rav explique la différence entre la Torah d'aujourd'hui, liée au sommeil, et la Torah du Machiah, éveillée et vécue. - 5
Les moments de passage et le centre de la rouePourquoi les moments de passage sont délicats, et comment la charnière du temps ouvre sur la force messianique.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav