Hanouka : la force se révèle là où la lumière divine se manifeste
Le Rav Kook explique que la gvoura de Hachmonaïm vient de leur lien à l'éternité, non du nombre, et que la limite posée à l'étranger en est la clé.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Hanouka et le quatrième décret grec, 5 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour. Je suis heureux de vous retrouver sur la chaîne de Machon Meir et de reprendre notre émission en tête-à-tête. Avec mon cher ami Rav Yoël Benaroche, Bokertov. Shalom, mon maître Rony Akrish, grand plaisir de vous retrouver. Et Hanouka Samea ! Hanouka Samea ! Voilà, à vous aussi, Hanouka Samea, en espérant poursuivre cette émission de manière hebdomadaire et de nous y atteler. Nous avons choisi avec Rav Yoël un texte du Rav Abraham Yitzhak Hacohen Kook concernant l'événement qui est le nôtre aujourd'hui: « Gvoura temet timatse ».
La hardiesse, l'héroïsme, la force, la puissance se trouvent « rak bimkom she-or Elohim sham »: seulement là où le divin, la lumière divine, la resplendissance du divin, se trouve révélée elle aussi.
À Rav Yoël, j'ai toujours été étonné que dans la tefila, pas seulement par l'étonnement que tout le monde connaît aujourd'hui, la tefila ne se réfère qu'à la victoire militaire et qu'on ne parle pas de la petite fiole d'huile, qui reste, à mon avis, très intéressante aussi. Mais parlons de la tefila. Et dans cette tefila, on vient préciser qu'il a donné la victoire à une quantité, je dirais presque insignifiante, d'individus, face à ce qu'il appelle des guiborim, des gens puissants, hardis en tout cas.
Ça veut dire quoi, tout ça ? Ça veut dire tout simplement que la fête de Hanouka vient nous enseigner quelque chose d'essentiel: c'est que la force ne se mesure pas à ce que nous voyons d'une manière superficielle. Et tu as bien fait de mentionner la fiole, car en réalité, dans la fête de Hanouka, nous associons deux victoires. La victoire militaire, qui est dans le bas degré de notre vie, dans le degré qui est visible, dans le degré qui est, entre guillemets, matériel, concret. Mais en fait, il y a un clin d'œil du divin par la fiole qui a duré huit jours.
Ça veut dire que l'un sans l'autre n'existe pas. Et c'est ce que le Rav va nous dire plus tard dans le développement de ce que tu as cité: c'est-à-dire que, sans être lié à la lumière divine, la victoire ne peut pas se réaliser, même si le nombre est conséquent. Les Grecs, avec tout leur empire, ne pouvaient rien en réalité, parce qu'ils n'étaient pas dirigés, parce qu'ils n'étaient pas reliés à la lumière divine. Alors que les Hachmonaïm, qui étaient peu nombreux, eux qui étaient reliés à la lumière divine, sont arrivés à cette victoire.
Est-ce que ce n'est pas, d'une certaine manière, vouloir nous faire entendre un autre point, qui à mon avis n'est pas moins important ? Lorsque nous relions cette gvoura aux Grecs, les Grecs sont un empire, ils sont installés. Ils sont installés culturellement, spirituellement à leur manière, mais politiquement, étatiquement, alors que cette quantité insignifiante, entre guillemets, ce sont des gens qui ne sont que sous l'autorité d'une autonomie que la Perse a bien voulu leur accorder. La majorité, d'ailleurs, ne sont pas là, ils ne sont pas véritablement un État.
Alors, n'y a-t-il pas un relent dans cela aussi, de cette situation à contrario, entre une gvoura qui ne devrait pas être aussi la définition d'Israël ?
— Tout à fait. La gvoura est l'une des clés de la rédemption finale. D'ailleurs, pour être sauvé, pour que la fin des temps se réalise au niveau messianique, nous parlons dans la Kabbale de la sphère de Gvoura. C'est-à-dire que tant que le peuple d'Israël ne reviendra pas à la Gvoura, il ne pourra pas, en fait, réaliser les temps messianiques. Mais cette Gvoura n'est pas celle que nous avons l'habitude de définir. Là, tu es en train de me donner l'exemple d'un empire, d'un État, d'une stabilité au niveau des Grecs. Mais il y a un seul degré qui manque à tout cela: c'est que tout ce système n'est pas relié aux valeurs de l'éternité.
Alors que Hanouka vient nous mentionner ce degré qui s'appelle en hébreu Netsah. Et Netsah, l'éternité, donne naissance au mot Nitsahon, c'est-à-dire la véritable victoire. Ce n'est pas la victoire du peu de personnes contre le nombre de personnes. C'est la victoire, en réalité, de l'éternité face à ce qui est passager et futile dans ce monde. Regarde aujourd'hui où se trouvent ces mêmes Grecs, disparus de l'histoire. Regarde où se trouve cette poignée d'hommes, encore vivante aujourd'hui, le peuple d'Israël d'aujourd'hui.
— Je suis absolument d'accord avec cela. Mais pour revenir un temps soit peu à l'idée qui était la mienne précédemment, il y a quand même un clin d'œil de l'histoire à Israël. Si l'on veut parvenir et atteindre à cette dimension que tu décris, de manière sublime, transcendante aussi, ce clin d'œil, je l'appellerais ainsi: s'il doit y avoir la gvoura dans l'absolu que tu décris, cela passe aussi par cette gvoura qui est dans le relatif de la matière à laquelle nous sommes confrontés, de l'adversité qui est la nôtre. Et l'engagement des Hachmonaïm, comme l'engagement des guiborim, à toute époque, tanarik et contemporaine, est le moyen par lequel nous allons arriver à révéler cette gvoura que tu expliques, que tu explicites si bien. Oui, non ?
— Alors, en réalité, il faut remettre à la source ces définitions. Que représente la gvoura chez nos sages ? Comment est-ce que les sages définissent la notion de gvoura ? La gvoura, c'est mettre des limites: savoir donner des limites aux choses. Ce n'est pas être quelqu'un de puissant dont le bras est puissant seulement. Ça, c'est une conséquence de savoir donner des limites. Mais il peut être le moyen. Il est le moyen. Voilà.
— Mais des limites à quoi ?
— Ici, les limites sont claires: les limites à une autorité qui ne doit pas être une autorité sur la Terre d'Israël. C'est-à-dire qu'il y a ici un royaume étranger, au peuple d'Israël, à la souveraineté d'Israël, qui veut prendre la place de la souveraineté d'Israël sur sa terre. Et une poignée d'hommes sait dire: oh là, stop, jusque-là. Voilà la gvoura, c'est-à-dire: j'arrête là, c'en est trop. Je ne peux plus continuer de cette manière-là. Je ne peux plus me laisser avaler par une identité qui est étrangère à ma structure intérieure.
Ça, c'est la gvoura des Hachmonaïm: c'est d'avoir su donner à temps les limites, de ne plus être ce que nous ne sommes pas, et d'arrêter de nous déguiser en quelque chose d'autre. C'est ce que dit le Rav, en fin de compte, lorsqu'il rajoute cet adjectif en hébreu: gvoura temet.
— Tout à fait. Sinon, ça aurait été une gvoura tout simple. Mais là, la gvoura temet, la gvoura avec le sceau de l'Éternel, le sceau de l'Éternel, le'emet. Donc, plus que la confrontation vis-à-vis de l'hégémonie impérialiste grecque, militairement et spirituellement, lorsque le Rav parle de Gvourat Emet, c'est peut-être plus dans cette confrontation avec cette vérité, qui est mienne et que je dois faire valoir, que véritablement dans la victoire vis-à-vis du Grec.
D'ailleurs, Gvourat Emet, puisqu'il y a un tav qui est associatif, ça veut dire que c'est la gvoura du degré qui s'appelle …
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