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Emmanuel Moreno, héros d'Israël, raconté par ses parents

Le parcours d'un soldat de Sayeret Matkal tombé en mission, tel que ses parents le racontent.

2 h 04

Machon Meir

Ensuite : Qui suis-je ? La quête de soi selon le Rav Kook, 7 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Les parents se présentent

Nous sommes très, très fiers de voir autant de Français qui ont choisi de venir nous rejoindre en Israël. Ce n'est pas évident. On m'a demandé de vous parler un peu de nous, c'est-à-dire en fait de notre fils. Nous, on ne vous présente rien de très intéressant.

Sylvie et moi, nous avons fait notre alyah en 1971... 1972, qu'est-ce qui te prend ? Oui, mais ça fait... Tu sais pourquoi c'est 71 ? Non, je dis pourquoi. Non, non, pas du tout. 71, ça fait 50 ans. 50 ans, c'est rond, c'est bien. Bon, alors, 49 ans. Donc, nous sommes montés il y a 49 ans, en 1972. Nous avions quatre enfants, quatre garçons, nés à Paris.

Ma femme est née à Tunis, enfin près de Tunis, à La Goulette, un petit village sympathique, et est arrivée en France pour faire des études de mathématiques. Moi, je suis né au Maroc. Après le périple, qui nous a menés ici en France, retournés au Maroc, revenus en France, retournés au Maroc, retournés en France, on s'est retrouvés à Orsay,

dans une école qui avait été créée par Jacob Gordin et prise en main l'année suivante par Manitou. Je pense que vous avez tous entendu parler de Manitou. C'est là que nous nous sommes connus, à Orsay, où des étudiants venaient, en plus de leurs études à l'université, suivre le soir des cours

dans cette école. Et le chabbat, le dimanche, on se retrouvait avec énormément de gens qui venaient. C'était beaucoup plus facile pour eux de ne pas être internes. Notre promotion comptait 13 élèves, mais il y avait d'autres promotions, de 14, de 12. Ce sont de petites promotions. Mais le vendredi, le chabbat, le dimanche, un monde fou arrivait là-bas. C'était un château qui se trouvait à 20 km de Paris.

Orsay est une ville universitaire, avec une faculté des sciences. Ma femme a commencé des études de maths à Orsay, par hasard, en vérité. C'est par hasard.

Emmanuel est donc né à Paris et il a grandi à Jérusalem, dans une école mamlakhti dati, c'est-à-dire du courant religieux sioniste.

Et Bnei Akiva, une enfance comme tout le monde. On habitait dans un quartier religieux, à Sanedria Mouchevet, je ne sais pas si vous connaissez. Emmanuel, jusqu'à l'âge de 18 ans, va avoir une vie pratiquement normale: Bnei Akiva, mon enfance, les copains, les amis. Pour nous, Emmanuel, de nos cinq enfants, c'est celui qui est toujours un petit peu retiré, un peu calme.

Nos enfants étaient très agités. De l'aîné au dernier, tout le monde était très agité. Emmanuel, non. Donc nous ne faisions pas trop attention. On n'était jamais convoqués à l'école. Pour les autres, on était convoqués à peu près tous les jours. Ils allaient à l'école, et on se disait: qui vous a convoqués aujourd'hui ? Il y avait toujours un professeur qui nous convoquait. Emmanuel, rien. Qu'est-ce qui se passe ? Il ne se passe rien.

Tout se passait, en fait, à l'intérieur. Emmanuel a grandi et a passé son adolescence à une époque très particulière, celle de la guerre du Liban.

Notre fils aîné, Shmuel, a fait son service la première année de la première guerre du Liban. Il s'est retrouvé au Liban avec les gens de son âge pendant des mois. Emmanuel, son frère aîné, est donc au Liban. Le second, Moshe, un an après, part à l'armée et il est à Golani. Alors qui est Golani ?

Ce sont des gens aussi un petit peu agités. Golani est très impliqué dans la guerre du Liban. Emmanuel va donc passer son adolescence dans une famille où... Le troisième frère était aussi à Golani ? Ah, le troisième frère était à Handasa. Oui, Handasa. Oui, oui, c'est le génie militaire: ce sont ceux qui font sauter les ponts, quand il y a des ponts, bien sûr. Ils font sauter ce qui doit être sauté.

Donc, Emmanuel a trois frères à la guerre, dont un à la garde du vivant. C'est l'ambiance.

Le chabbat, quand les enfants reviennent, quand ils sont libérés, s'ils sont libérés, car c'était la première guerre du Liban, il fallait rester deux mois, trois mois, sans faire surface, sans réapparaître. Mais quand ils arrivaient, tous les copains du quartier venaient écouter les histoires. Emmanuel a grandi dans cette ambiance-là. Il était toujours à l'écoute, une oreille qui traîne, pour écouter les histoires de ses frères.

Lorsqu'il a eu 17 ans, son frère aîné est allé étudier à Eli, après son bac. Vous savez ce qu'est Eli ?

C'est un yishouv. Mais avant le yishouv, avant qu'il y ait des gens qui y habitent, des rabbins sont allés créer une école préparatoire à l'armée, une yeshiva préparatoire à l'armée, dans un hangar. C'était un endroit perdu à l'époque, totalement perdu. Aujourd'hui, c'est un très beau yishouv. Il n'y avait rien.

Notre fils Dan fait partie de la première promotion, des jeunes fous qui sont allés dans ce projet. C'était la première fois qu'il y avait une école préparatoire comme ça, quelque chose d'assez nouveau: une yeshiva préparatoire à l'armée, où l'on étudie les sujets liés à l'armée. Emmanuel a donc entendu son frère aîné lui raconter, lorsqu'il venait le chabbat, que c'était un truc formidable.

Il s'est dit: moi aussi, l'année prochaine, après le bac, c'est ce que je ferai. Il s'est préparé mentalement à aller à Eli puis à faire le bac, et il s'est préparé mentalement, après Eli, à être à Golani. Deux frères à Golani, un à Givati... non, Shouin était à Givati. Mais deux frères à Golani, c'était plus rigolo que Givati, quand même. Il se préparait donc à être à Golani. C'était évident.

Puis arrive l'année du bac. Lui rêve qu'en juillet, il sera à Eli. Mais nous sommes au mois d'avril. Et les jeunes, à ce moment-là, se préparent déjà au départ pour l'armée. Chacun voit déjà une direction, quelle qu'elle soit. Et Emmanuel reçoit une convocation pour les sayarot. On convoque les jeunes, souvent ceux qui sont indiqués par l'ordinateur, pour passer des examens afin de voir s'ils sont aptes à rentrer dans l'une des sayarot qui existent en Israël.

Emmanuel n'y voyait aucun intérêt, mais il disait que, dans le fond, Golani était quand même une option. Et il a été choisi pour rentrer à Sayeret Matkal. Il est allé faire quelques jours de sélection.

Pourquoi ? Alors qu'il n'avait aucune intention de le faire. Parce que les copains ont dit: écoute, essaie, vas-y, c'est une semaine de préparation, va voir. Il a été reçu. Et il leur a dit: ça ne m'intéresse pas. Quoi ? La façon de sélectionner les gens, c'est de les prendre, de leur faire faire des exercices, toutes sortes de choses. Et à la fin de la journée,

ce sont tous les participants qui décident qui reste et qui est renvoyé. Ils sont donc jugés par eux-mêmes. C'est ça, le truc. Sayeret Matkal, disons que c'est le top du top en général. Ce sont des gens qui sortent du kibboutz, de vrais Israéliens, pratiquement pas des olim hadashim. À l'époque, il y en …

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