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Qui suis-je ? La quête de soi selon le Rav Kook

Un texte de La Rose aux treize pétales : la question « Qui suis-je ? » accompagne toute la vie et engage l'identité personnelle comme collective.

7 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Pourquoi je prie au PLURIEL, 1 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Qui suis-je ?

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver depuis Yerouchalaïm, dans les studios de Mir TV, les studios de la yeshiva du Machon Meir. Et aujourd'hui j'ai choisi un autre texte, un peu plus profond, peut-être même plus difficile. Un texte dans un livre, un ouvrage assez connu: La Rose aux 13 pétales du Rav Adin Steinsaltz. Alors écoutons, et bien entendu réfléchissons ensemble. Il est une question que, sous des formes diverses, l'on pose et l'on se pose toute sa vie.

Qui suis-je ? Cette quête de soi, dit le Rav, on la commence avec le premier éclair de la conscience, à la naissance, et on la poursuit jusqu'à sa toute dernière heure. Elle peut être conduite aussi bien en dehors de toute catégorie intellectuelle qu'à l'aide des plus subtiles spéculations de la pensée. Elle peut se faire de manière totalement inconsciente, subconsciente, tout comme elle peut constituer le sujet central d'une réflexion active. Quoi qu'il en soit, personne ne peut vraiment échapper totalement à cette question. Qui suis-je ? D'où est-ce que je viens ? Où est-ce que je vais ? Pourquoi me faut-il emprunter précisément un tel cheminement ? Dès la naissance — et là c'est moi qui rajoute — jusqu'à la mort.

Nous réitérons cette déclaration d'intention, d'émouna, très clairement. Shema Yisrael, Hachem Elokeinu, Hachem Echad, écoute Israël, l'Éternel est un. Mais il est écrit Shema Yisrael, non pas Haazin Yisrael ou Akshev Yisrael, qui sont d'autres formulations pour dire entendre ou écouter. Shema, c'est l'entendement dans l'oreille interne, c'est-à-dire là où se situe ce liquide de centre de gravité. C'est-à-dire que de la naissance à la mort, il nous faut chercher et trouver, bien entendu, le juste équilibre. Qui suis-je ? Où vais-je ? Pourquoi dois-je cheminer sur tel ou tel chemin ?

Tout se passe comme si les premières heures, dit le Rav — j'y reviens — de réflexion de la prime enfance portaient exclusivement sur la différenciation du moi et du reste du monde, ses causes et ses fins. Je vous rappelle que nous sommes en recherche de l'équilibre de notre être. Cette question, l'homme continue de se la poser toute sa vie, de diverses manières. Tantôt il croira en toute simplicité qu'il détient la réponse, tantôt la question même ne lui paraîtra pas digne d'intérêt.

Pourtant, même lorsque l'homme ne se la pose pas explicitement, cette question continue d'exister et d'agir sur lui. Il y a ici, dira le Rav Kook, comme un mouvement de perfectionnement perpétuel, inexorable, vers cette recherche de l'équilibre que le Rav appellera le bien absolu. En fait, l'essentiel de notre vie intérieure, comme de notre action sur le monde extérieur, n'est rien d'autre qu'une tentative de réponse à cette question fondamentale de l'identité personnelle et du sens de la vie.

Je rajouterai: non seulement de l'identité personnelle, mais aujourd'hui, alors que nous vivons le retour, non seulement de l'identité personnelle, mais collective également. Cette recherche de son moi véritable ne prend pas toujours une forme très tranchée, dit le Rav. Dans la plupart des cas, il faut beaucoup de temps et d'introspection pour que l'on dépasse les autres questions, qui sont en fait des fragments de la question.

Quelquefois, il semblera à l'homme qu'il peut se contenter de réponses partielles et pragmatiques, en général pour se rassurer. Il a seulement à débattre avec lui-même des nécessités du quotidien, alors qu'en réalité tout est suspendu à cette question fondamentale, qui seule peut donner un sens à tout ce que l'homme entreprend.

## « Qui es-tu ? »

La question essentielle, dès l'ouverture du Tanakh dans le livre de Bereshit, à Ayeka, non pas « Où es-tu ? » ou alors on dirait « Où en es-tu ? » mais « Qui es-tu ? » C'est cette question-là qui offre un vaste éventail de réponses. Elle ouvre des abîmes insondables de problèmes sans réponse. Les hommes font de leur vie une course frénétique pour réaliser leurs divers plaisirs, bien sûr. Cette course, en vérité, n'est que fuite, permettant d'éluder la question de savoir pour qui et pourquoi ces désirs sont poursuivis avec tant d'acharnement — c'est-à-dire éviter, et là c'est moi qui rajoute, éviter de vous pencher sur la nostalgie ou la culpabilité du passé, dans l'espoir insondable de demain.

Essayez de comprendre et d'entendre ce que ce présent ici peut être comme présent pour vous-même. À cette question du moi, il existe autant de réponses qu'il y a d'individus, car nous sommes tous particuliers. Chacun la pose avec son style propre et sa propre approche, bien entendu. C'est pourquoi, dit le Rav, bien qu'elle ait été traitée avec acuité par les grands esprits, les grands maîtres, elle ne constitue pas réellement un problème philosophique, dit-il.

Afin de fournir à la question ontologique, c'est-à-dire l'origine de l'être, un cadre et une terminologie adéquats, la philosophie, la psychologie, la science doivent nécessairement décomposer cette question générale en une multitude de questions partielles. Certes, prises une par une, elles ne sont pas dépourvues d'intérêt, mais même une fois réunies, elles ne sauraient apporter de réponse à la question fondamentale de l'identité, du rôle de chacun. C'est qu'une telle réponse ne peut venir que de l'intérieur, de ce regard essentiel dans l'infinie profondeur de l'être que je suis, et ne saurait être fournie par référence à des cadres, des structures ou des symboles extérieurs, au moins profonds.

Quand Dieu interroge l'homme, c'est pour que l'homme aille à la rencontre de son être profond, pour y puiser les trésors de vérité qui sont les siens. À la semaine prochaine. Shalom depuis Yerouchalaïm.

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