Éthique de l'amour et du mariage selon le Rav Aviner
Pourquoi Hachem a séparé Adam et Ève, à quel âge se marier et pourquoi le choix ne relève ni des prénoms ni des horoscopes.
Rav Shlomo Aviner
Ensuite : L'éthique de l'amour dans le couple : donner et recevoir, 15 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à toutes et à tous, shalom Rav Shlomo Aviner. Shalom chers auditrices, shalom téléspectatrices. Nous sommes heureux de vous rencontrer à nouveau dans cette nouvelle série. Une série d'émissions, puisque nous allons parler maintenant des problèmes que rencontrent nos concitoyens, comme on dit en France, nos co-religionnaires en Israël. Et les problèmes, on commence par les problèmes du couple, les problèmes de l'union entre l'homme et la femme, les problèmes, les joies et le bonheur.
Voilà, on commence par le début, Adam et Ève. Adam arrive sur terre, il faut le scinder en deux pour que Ève arrive. Alors pourquoi ? Pourquoi Hakadosh Baroukh Hou a-t-il fait cette scission ? Pourquoi pas directement un homme, une femme ? Pourquoi a-t-il coupé Adam en deux pour faire sa femme à côté ?
— Oui, ça, c'est une bonne question. Eh bien, c'est pour que ce soit un fruit de l'effort. Adam et Havah, au départ, ils étaient joints, dans une symbiose extrêmement profonde: c'était deux qui étaient un. Il ne peut pas y avoir d'union plus profonde que celle-là.
— Oui, c'est vrai, mais elle est naturelle. Il y a un défaut au naturel ?
— Non, il n'y a aucun défaut. Mais il y a plus haut que le naturel: le fruit d'une décision humaine, d'un effort humain. Alors maintenant, ils sont séparés, et il faut qu'ils travaillent pour se rapprocher, pour se comprendre, pour s'entendre, pour se construire. Il y a donc un double élément. Fondamentalement, foncièrement, l'homme et sa femme, les deux conjoints, ils sont un. Mais, secondement, pour arriver à cela, pour dévoiler ce potentiel, il faut qu'ils travaillent. Car sur Terre, on n'a rien gratuitement. Tout est fruit d'efforts.
— En quoi cette séparation a-t-elle engendré du bien ?
— Parce qu'en fait, c'est du travail supplémentaire. C'est vrai. Si Dieu avait voulu, il aurait pu nous créer des anges, et d'ailleurs, il a créé des anges. On aurait pu être des anges, et tout serait dans le meilleur des mondes, pour le mieux. Mais il a voulu que tout soit le fruit de notre effort. Ce que je reçois en cadeau, en fin de compte, ce n'est pas à moi, c'est à Dieu. Ce que je conquiers à travers mon travail, c'est à moi. Donc c'est un bonheur beaucoup plus grand. C'est plus difficile, il y a des crises, mais c'est beaucoup plus grand. Évidemment, cette remarque pertinente n'est pas seulement relative au mariage, elle est relative à toute la réalité de ce monde-ci. Rencontrer Dieu dans les forces, c'est ce que nous avons vu dans nos anciennes émissions.
À quel âge ? Alors, il faut aller chercher sa conjointe, son conjoint. On va parler souvent au masculin, mais c'est pareil pour la femme. Donc, à quel âge faut-il ? Dix-huit ans, la houppa ?
— Effectivement, dans les Pirké Avot, il est écrit que c'était dix-huit ans. Reste à savoir à quel âge on a dix-huit ans.
— C'est ça, le problème. Ce n'est pas l'âge biologique ?
— Ce n'est pas forcément l'âge biologique. La maturation mentale apparaît de nos jours beaucoup plus tard. Non pas parce que nous avons des carences, bien au contraire, mais parce que nous devons beaucoup plus nous perfectionner. En fait, les psychologues prétendent que l'âge optimal, c'est vingt à vingt-cinq ans. Par, évidemment, c'est tout à fait personnel. Et pourquoi ? Pour deux séries de raisons.
Tout d'abord, il y a des raisons techniques. Prenons par exemple une jeune fille de dix-huit ans. Elle se marie, alors maintenant, tout d'abord, elle doit être une conjointe, et ça demande beaucoup d'efforts et de temps. En plus, bientôt, elle sera une mère, et ça aussi, c'est un investissement. Et puis, simultanément, il faut qu'elle étudie trois ans, quatre ans, pour avoir un métier qui la rend heureuse sur Terre, et ça aussi, ça prend du temps. Et parfois, il faut qu'elle travaille. Elle n'est pas forcément riche. Alors tout ça, à la fois, on est submergé, on est écrasé. Il vaut mieux faire les choses petit à petit. La vie est longue, la moyenne est d'environ quatre-vingts ans, on a son temps.
Secondement, il faut être prêt intérieurement, sur deux plans. Tout d'abord, il faut avoir appris à l'école de la responsabilité. La responsabilité, ça ne se reçoit pas en cadeau, dans un sachet surprise. Or, quand elle est à la maison, ce sont ses parents qui sont responsables d'elle, économiquement, à d'autres points de vue. Et puis, peut-être même à l'université, on lui dit: faites ceci, faites cela. Et il faut qu'elle apprenne à être responsable.
Et secondement, et c'est ça l'essentiel, il faut avoir étudié à l'école de l'amitié. Le summum de l'amitié, c'est entre les deux conjoints. Et ce n'est pas facile d'être amis, ce n'est pas facile de comprendre, ce n'est pas facile d'aider. Ce n'est pas facile de pardonner. Ce n'est pas facile de se faire pardonner. Tout ça ne peut pas s'apprendre théoriquement. Il faut aller à l'école de l'amitié, l'école de l'amitié avec des personnes de mon sexe: des garçons avec des garçons, et des filles avec des filles. Ils apprennent, à travers des réussites et des échecs, à être de bons amis. Quand vous réussirez à être de bons amis, à votre frère, avec vos compagnons d'études, vos compagnons d'armée, alors vous mériterez de grimper à un autre niveau et de commencer à construire une amitié avec la compagne de vos jours.
Alors, on est arrivé à l'âge, on est arrivé à l'école de l'amitié. Maintenant, comment, j'allais dire, pas comment encore choisir un conjoint: qu'est-ce qu'on doit faire pour choisir un conjoint ? Le grand amour, le coup de foudre, le zivoug, aller voir un kabbaliste, les prénoms, quel est le secret ?
On ne peut pas se marier par correspondance de noms. Parce que moi je m'appelle, je ne sais pas quoi, Rose, et vous vous appelez Tulipe, alors on va se marier ? Ça ne marche pas. On ne peut pas inventer des choses. Il n'y a pas de concordance entre les prénoms, il n'y a rien qui se passe. On a reçu la Torah du mont Sinaï, il ne faut pas inventer des choses qui n'ont qu'une source. Donc la correspondance de noms ou des correspondances numérologiques: votre nom fait 43 et le mien 43 et demi, alors on va se marier ? Ce sont des histoires adorables. Ça ne marche pas.
Maintenant, consultez des kabbalistes non plus. Si ça marchait, ça serait mentionné. Le rabbin qui choisit, comme ça, qui leur dit ça, ça serait mentionné dans la Torah, dans la loi écrite, dans la loi orale, dans la Michna, dans la Guemara, dans le Choul'han Aroukh. En fin de compte, cette décision est une des décisions les plus cruciales. Alors, si c'était tellement facile, pourquoi nous aurait-on caché qu'il y a une façon très simple de résoudre le problème ? On va chez un kabbaliste qui sonde vos âmes et qui vous dit: allez-y. Ça aussi, ça n'existe pas. Ça ne marche pas. Sans parler d'astrologie, d'horoscope, etc. Tout ça, ça ne marche pas.
Cours de Machon Meir
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