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Le mariage, un amour qui fait deux devenir un

Le couple se construit par l'amour et les enfants, et la première année, l'époux doit se dévouer à sa femme.

15 min

Rav Shlomo Aviner

Ensuite : Connaître l'autre pour mieux dialoguer dans le couple, 15 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

— Chalom à toutes et à tous, et bienvenue. On est de retour sur Machon Meir avec le Rav Shlomo Aviner. On continue notre sujet sur le couple, sur l'union entre la femme et l'homme. On va attaquer un petit peu sur la famille. Mais la famille, ça commence avec l'arrivée de l'enfant, ou avant ? Évidemment, le mariage comporte deux éléments. Un élément, c'est l'union entre l'homme et la femme, et l'autre, c'est d'amener des enfants au monde. C'est un mariage sans enfants, je ne parle pas d'un accident, je parle d'un choix volontaire: ce n'est pas un vrai mariage. L'accomplissement du mariage, c'est lorsqu'il y a des enfants. C'est le verset qui a été dit à propos d'Adam et Ève: ils seront une seule chair.

Comment deux personnes deviennent-elles une seule chair ? D'après le Ramban, par l'amour, et d'après Abrahi, par les enfants. L'enfant mêle dans sa personnalité physique et psychique les composantes des deux parents. Les deux parents deviennent un. On en a parlé: le mariage, c'est deux qui deviennent un. Ils deviennent un par l'amour, et ils deviennent un par leur progéniture.

L'accomplissement plein et entier du mariage, c'est avec l'enfant. Mais il y a une préparation. On ne peut pas avoir un enfant si les parents n'ont pas fait régner un profond amour entre eux. Sinon, l'enfant se trouve dans une famille désunie, et sa personnalité se disloque, malheureusement.

Dans le Sefer HaHinoukh, le livre de l'éducation, qui ne parle pas seulement des questions d'éducation — évidemment, il parle des 613 commandements — on aborde, entre autres, le commandement selon lequel, la première année du mariage, l'homme doit beaucoup se dévouer à sa femme. Ne pas disparaître au loin, dans des voyages, dans des commerces. Il doit être très dévoué à sa femme. Et pourquoi ? Pour construire une relation d'amour après le mariage.

Et cette relation d'amour, c'est le cadre dans lequel l'enfant naîtra, vivra et grandira de façon harmonieuse.

La première année, vous savez, on est en Israël, la plupart du temps les jeunes, quand ils se marient, vont à l'armée. Ce n'est pas toujours évident, c'est vrai. Dans la Torah, il est écrit que la première année du mariage, on ne doit pas aller à la guerre. Mais cela est dit à propos d'une guerre facultative. Une guerre de nos jours, appelée milhemet mitsva, une guerre de mitsva, car c'est une guerre de défense, le jeune époux y va également. Donc il faut calculer cela à l'avance. Ou bien il sera dans une unité auxiliaire, et non pas dans une unité combattante.

Lorsqu'il est dans une unité auxiliaire, il peut rentrer presque tous les soirs à la maison. C'est comme s'il allait au travail. Cela veut dire qu'à ce moment-là, il ne peut plus être combattant; votre femme vous dira: non, ne soyez plus combattant, il n'y a plus de combattant. Ou bien il va dans une unité combattante, mais après la première année du mariage.

Quand on me demande de faire son service militaire et de l'accomplir avant le mariage, ce n'est pas forcément grave. Parce que quelqu'un peut aller à l'armée à 18 ans, finir son service à 21 ans et se marier à 21 ans. Ou bien faire un an, deux ans, trois ans à la yéchiva avant, etc. Et s'il se marie à 22, 23 ou 24 ans, c'est possible. C'est une première option. Une deuxième option, c'est de se marier, de vivre ensemble la première année, et seulement après, d'aller à l'armée. Tout cela peut se calculer.

Et si son épouse lui dit, maintenant qu'on est mariés, je refuse que tu sois combattant ? Eh bien, ils s'arrangeront ensemble. Les décisions, on doit toujours les prendre en commun. On peut toujours se marier sur une certaine base d'entente. Et au fil des années, il y a une mutation chez un des membres du couple. Cela crée évidemment des tensions et des problèmes.

Ils doivent apprendre à s'arranger ensemble. Ce n'est pas toujours évident, dans les nouveaux couples qui se créent. Le garçon a un projet de vie, la fille a un projet de vie, il faut les mettre en accord. Qu'est-ce qu'il faut faire ? En général, lorsque les couples se rencontrent, ils voient s'il y a adéquation entre les projets de vie. Ce n'est pas forcément dans le détail des choses, mais de façon générale: la façon de voir les choses, de construire sa vie. Il y a une entente, comme nous l'avons mentionné. C'est ce qu'on appelle le champ des éligibles, à savoir quelqu'un qui me ressemble. Donc, ça doit marcher. Le problème est lorsqu'il y a mutation. Par exemple, un des membres du couple devient religieux, ou bien devient non religieux, etc. Alors il faut se faire l'un à l'autre.

C'est aussi une partie du travail marital. Quand un des membres du couple a l'habitude de gagner beaucoup d'argent, d'avoir une vie plus facile, et que le mari, lui, a une vie plus difficile, cela crée des tensions. Comment régler ces tensions ? Il faut parler ensemble. En général, les problèmes se règlent de la façon suivante: avec une table d'aspiration.

— Une table d'aspiration ?

Une table d'aspiration, de désir. Moi, voilà: s'il y a trois choses qui sont très importantes pour vous, alors, mamie, est-ce que vous seriez d'accord de m'accorder ces trois choses ? Et moi aussi. Il y a trois choses qui sont pour moi cruciales. Alors si vous me donnez ces trois choses, moi je vous donne celle-là, etc. Il y a une entente.

Autrement dit: sur ce point-là, faites-moi confiance, renoncez pour moi. Parce que pour vous, ce n'est pas tellement important, et pour moi, c'est crucial. Pour moi, si je n'ai pas ça, j'entre en crise. Alors d'accord: moi je te donnerai ce qui est crucial pour toi, toi tu me donneras ce qui n'est pas crucial, et nous serons heureux. Mais si c'est la même chose pour les deux, alors il faut chercher une voie médiane.

— Vous avez parlé de la table d'aspiration entre l'homme et sa femme. Mais il y a des intervenants à côté: il y a la famille, il y a les parents.

La famille, elle est hors de question. Parce qu'entre-temps, il y a le beau-père, la belle-mère, tout le monde se mêle. En général, il ne faut pas les laisser se mêler de nos affaires. C'est écrit dans la Torah: l'homme abandonnera son père et sa mère, et il s'attachera à sa femme. Abandonner ne veut pas dire que c'est fini, qu'on ne les connaît plus. Et puis il y a une ingratitude foncière, si on comprend cela ainsi. Mais cela veut dire que, avant, j'étais amoureux de mon père et de ma mère, et ma vie était construite avec eux. Maintenant, je deviens amoureux de ma femme. Il ne faut pas laisser la famille se mêler de nos affaires. Il faut les respecter, il faut les aimer. Mais je ne suis pas obligé, avant le mariage ou pendant le mariage, d'être semblable à mes parents. Mes parents peuvent être médecins, et moi j'ai …

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