Le nom de Moshé et le buisson ardent
Pourquoi le peuple est appelé Am Bené Israël, et ce que le buisson ardent enseigne à Moshé et à Israël.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Moshé, Aaron et les anciens d'Israël face à Pharaon, 21 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers téléspectateurs, nous sommes heureux de vous retrouver. Nous avons commencé depuis un peu plus d'une semaine à lire et à compter l'histoire dans ce livre que traduit en français, s'intitule l'Exode, mais que nous appelons Chemot, les noms. Oui, nous l'appelons les noms et pas l'Exode, parce que peut-être qu'en hébreu nous considérons que les noms sont plus essentiels, ou comme disait l'un de nos sages: le nom et l'essence de l'être. *Rabbi Oudalev, le Maharal de Prague, le nom et l'essence de l'être.
Eh bien, voici que nombre de noms vont être donnés et décrits dans le texte biblique, en particulier dans ce deuxième livre du Tanakh qui s'appelle donc Chemot. Un nom étonnant va être énoncé, un nom, une définition, une appellation, va être énoncé.
Non pas par un homme d'Israël lui-même, mais par un étranger à Israël, plus qu'un étranger, un de ses génocidaires, en tout cas qui se révélera comme tel par la suite. Dans sa crainte de voir les enfants d'Israël se multiplier et parsemer la terre, non seulement la terre de Goshen, mais la terre d'Égypte, il va appeler les enfants d'Israël, les dénommer comme étant « Am Bné Israël », le peuple des enfants d'Israël.
Oui, Israël n'était pas la communauté juive en Égypte, elle était celle des Hébreux que Pharaon contemplait chaque jour avec un peu plus d'inquiétude dans le cœur et dans le ventre, à tel point qu'il déclarera à son peuple qu'une cinquième colonne existe dans le sein de l'Égypte et que cette cinquième colonne est dangereuse, non pas parce qu'elle est une communauté, mais parce qu'elle est un peuple au sein d'un autre peuple.
Am, et ô combien vous dire qu'en hébreu, c'est tout à fait significatif que les lettres servant à construire le terme de peuple servent à construire la locution im, avec. Oui, ceux qui s'identifient au peuple, ce sont ceux qui d'abord et avant tout sont avec le peuple.
Et puis il y a cet autre homme qu'on appelle Moshé. Ah, on nous dit qu'il s'appelle Moshé parce qu'il est Machouï, c'est-à-dire qu'il a été sorti des eaux. Pourquoi ne s'appelle-t-il donc pas Machouï ?
Et pourquoi l'appelle-t-on Moshé ? Eh bien, c'est tout simplement parce que, s'il a été sorti des eaux, il ne porte pas le nom de Moshé parce qu'il a été sorti des eaux, mais parce que lui, Moshé, sera capable de sortir les autres des eaux tumultueuses. Intéressant. S'il est sauvé, Moshé, c'est d'abord et avant tout, comme nous l'avons dit, pour sauver autrui,
et pas n'importe qui, mais celui qui sera son frère. Vous vous rappelez dans l'histoire qui nous est contée: il va frapper l'Égyptien qui voulut frapper l'Hébreu, il séparera ces deux hommes hébreux qui se battaient, se disputaient entre eux, et puis nous le retrouverons des années plus tard, venant sauver les filles de Yitro, ce qu'on appelle les filles de Midian, lorsqu'elles furent agressées
par des bergers ayant d'autres idées que simplement abreuver leur troupeau au puits.
Donc il est étonnant, d'un autre côté, d'entendre le refus de Moshé. Pourquoi ne veut-il pas accomplir la mission que l'Éternel lui donne ? Puisqu'en son âme et conscience, le nom qu'il porte, où ce nom est l'essence de l'être, eh bien voici que l'essence de cet être, apparemment refusé par Moshé, sera expliquée d'une drôle de manière par l'Éternel.
Comment ? Non pas par une métaphore verbale, mais par une image subliminale, c'est-à-dire le buisson ardent. Dans le buisson ardent, il y a ce buisson lui-même qui brûle, mais ne se consume point, car les flammes sont visibles en son sein.
Et nos sages de venir et de dire: l'image utilisée ici est de dire, vois ô combien ce buisson est incapable de se consumer, c'est un peu toi, Moshé. Mais la flamme qui vibre en son sein est l'âme qui vibre en toi, où cette âme ne pourra donner tout ce que la flamme donne: la chaleur, la lumière, si ce n'est qu'elles viennent s'accomplir, se réaliser dans ce pourquoi elle a été mise dans ce buisson, c'est-à-dire dans ton corps, Moshé.
Eh bien, voilà, ô combien, là, j'écris ici, que non seulement ce qui est chez Moshé appartient au devoir de Moshé, mais que tout autant, cela concerne nous, Israël.
Lorsque nous paraissons dans ce désert épineux, mais assurés que rien ne se démentira, ainsi que le texte de Vayikra le dira: un feu sera mis sur l'autel, et ce feu, cette flamme, ne s'éteindra jamais. Oui, parce que l'éternité d'Israël ne se démentira pas. À très bientôt.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Les parachiot de l'Exode : la résistance en Égypte, la mer Rouge, Amalek et la construction du Michkan.
- 1
Les sages-femmes de l'Exode, résistance et émounaShifra et Pua défient Pharaon au risque de leur vie et deviennent les modèles de toute résistance civile. - 2
Moïse, Myriam et les sages-femmes : la résistance en ÉgypteComment les sages-femmes, Myriam et Moïse résistent à Pharaon, et ce que signifie la fraternité (arva). - 3
Le nom de Moshé et le buisson ardentPourquoi le peuple est appelé Am Bené Israël, et ce que le buisson ardent enseigne à Moshé et à Israël. - 4
Moshé, Aaron et les anciens d'Israël face à PharaonPourquoi les anciens se dérobent, la question du libre arbitre selon le Rambam, et le sacrifice de Pessah. - 5
Pourquoi le peuple ne prit pas la route des PhilistinsLe détour par le désert : la peur, le silence de Bamidbar et la révélation de soi avant d'entrer dans la terre. - 6
La mer Rouge, ou la peur de l'inconnu face à PharaonPourquoi le peuple hésite devant la mer, selon Ibn Ezra : l'emprise psychologique de l'esclavage plus que le nombre. - 7
Beshalach : pourquoi Pharaon renvoie-t-il le peupleLe verbe « renvoyer » dans la paracha Beshalach et ce qu'il dit du peuple d'Israël, de son statut et du doute. - 8
Amalek, le refroidissement de la route vers la libertéRachi lit Amalek en trois mots (kar, kéri, kor) : le doute et l'impureté qui refroidissent l'élan d'Israël.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav