Adar, Pourim et la réception de la Torah
Pourquoi le mois d'Adar révèle la capacité d'Israël à recevoir ce qui lui fut donné au Sinaï.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Adar : lumière et contenant, 1 h 15
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Shalom Ouvracha, Be'ezrat Hachem, dans notre série de cours, nous allons aujourd'hui traiter du mois d'Adar d'une manière générale et de la fête de Pourim plus précisément. Il faut comprendre que les fêtes de l'année, du calendrier hébraïque, sont en réalité des degrés de dévoilement du divin qui existent depuis la création du monde.
Je veux dire par là que ce n'est pas l'événement en question qui a créé la fête. On ne fête pas, par exemple, Pourim parce qu'il s'est passé quelque chose à Chouchan Habira à telle et telle époque. Effectivement, il s'est passé quelque chose à Chouchan Habira, mais ce qui s'est passé est une conséquence de la qualité qui se trouve dans l'espace-temps.
Lorsque Hakadosh Baroukh Hou a créé le monde, il a inséré dans la notion de temps des énergies. Si nous sommes capables de capter ces énergies, un jour venu, à cette même époque de l'année, il se passera quelque chose dans l'univers dans lequel nous vivons, qui va après justifier la fête que nous fêtons. Mais il ne faut pas croire que la fête commence en réalité par l'événement.
L'événement lui-même est une conséquence de ce qui se passe au niveau temporel. De la même manière, pour Pourim, il y a une énergie, en fait cosmique, qui se trouve dans l'univers depuis le moment de la création, qui circule et qui attend tranquillement qu'un jour les enfants d'Israël captent cette énergie qui circule dans l'univers et en fassent une fête, un événement qui va donner une fête.
Alors, que circule-t-il dans l'univers pendant le mois d'Adar ? Eh bien, ce qui circule dans l'univers pendant le mois d'Adar, c'est une chose primordiale: la capacité à capter justement l'énergie divine dans notre monde, à recevoir l'énergie divine dans notre monde. Vous n'êtes pas sans savoir que le don de la Torah, dans ce que nous fêtons, Chavouot, aujourd'hui, n'était en réalité que le don de la Torah, mais non pas la réception de la Torah. Je veux dire par là que le jour de Chavouot, nous fêtons le don de la Torah, Zman Matan Torah Tenou. Mais vous comprenez bien qu'il y a une grande différence entre le don de la Torah et sa réception.
Certes, le Créateur a donné la Torah. Mais les enfants d'Israël l'ont-ils véritablement reçue ? En tout cas, ce n'est pas ce que nous disons dans notre prière de Chavouot. Nous mentionnons effectivement le jour du don de la Torah, mais non pas de sa réception. Alors que, mille ans plus tard, au moment du mois d'Adar, lors de ce qui s'est passé avec Achashverosh, Mordekhaï, Haman et tous les acteurs de la Méguilat Esther, bien là-bas, le peuple d'Israël est arrivé à une perception, à une réception de ce qui avait déjà été donné au désert, au don de la Torah au Sinaï. Et c'est pour ça que la Méguila mentionne que justement à cette époque-là, mille ans plus tard, les enfants d'Israël ont finalement reçu, réceptionné, ce qui leur avait été donné mille ans auparavant.
Donc vous voyez un décalage entre le donneur et le récepteur. C'est-à-dire que mille ans plus tôt, nous avons dû recevoir la Torah, mais nous ne l'avons pas reçue. Dieu nous l'a donnée, certes, mais nous ne l'avons pas encore reçue. Mais mille ans plus tard, nous pouvons recevoir la Torah. Il s'est donc passé quelque chose pendant ces mille ans: nous avons construit notre capacité à réceptionner la Torah, et il nous a fallu mille ans pour devenir en fait des ustensiles de réception.
Et c'est pour ça que la fête de Pourim ne vient pas seulement mentionner ce qui s'est passé au niveau historique, c'est sûr, on va en parler, mais avant tout, elle vient marquer la capacité enfin retrouvée d'Israël à recevoir, à réceptionner.
Et ce n'est pas par hasard: lorsqu'on divise le mot Adar en deux parties, on trouve la lettre Alef et les deux lettres Dalet et Resh. Les deux lettres Dalet-Resh, Dar, viennent évoquer la capacité d'habiter, le mot dira. Hakadosh Baroukh Hou, depuis la création du monde, veut avoir une dira.
Une assise, une demeure dans le monde d'en bas: Dira bitachtonim, comme le dit le Midrash. Eh bien, l'Alef du mot Adar, c'est l'unité divine qui a enfin trouvé dar, une maison dans ce monde. Donc le mot Adar, c'est l'Alef qui vient habiter dans ce monde, et cela s'est passé justement durant le mois d'Adar. C'est donc ce premier degré que nous devons avoir en tête pendant le mois d'Adar.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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