Pessah, la sortie d'Egypte et la libération du verbe
Pessah est la capacité de dépasser sa nature et de réaliser ses idées, à la lumière du tétragramme.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Pessah, la nouvelle tête du temps et la sortie d'Egypte, 57 min
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Aujourd'hui, nous allons développer la notion de la sortie d'Égypte sous un angle bien particulier, celui de la libération du verbe d'Hakadosh Baroukh Hou, le verbe divin. Vous savez que la création du monde a été faite en trois parties, sur trois pôles essentiels, à savoir un lieu, un temps et des valeurs humaines, c'est-à-dire l'homme.
Notre monde est le monde de la pluralité. La différence entre l'unicité de Dieu et notre monde, c'est que tout ce qui est de l'ordre de l'unité chez Lui, lorsque ces éléments arrivent dans notre monde, prennent immédiatement la forme de la pluralité, du pluriel. Autrement dit, nous ne connaissons pas dans notre monde la valeur de l'unité, et il faut la découvrir, ce n'est pas facile, parce que nous sommes dans un monde de détails.
Ce monde de détails s'inscrit aussi dans le temps. C'est-à-dire que pour mesurer un temps, il faut au moins deux points. Pour aller d'un point à un autre point, j'ai une mesure de temps, qui est aussi une mesure d'espace. Ce n'est pas par hasard que la plus petite mesure du temps dépend de deux éléments: un point ici, un point là-bas. C'est pour ça que, dans toutes les langues, cela s'appelle la seconde, c'est-à-dire qu'il faut deux. En hébreu, shnia, shnaim. Cela veut dire que le temps est lié, par nature, au pluriel. Vous comprenez cela ?
Là où il n'y a pas de pluriel, il n'y a pas de temps. Chez Hakadosh Baroukh Hou, qui est dans l'unicité, le temps n'existe pas. Il n'y a pas d'avant ni d'après, tout est au même point. Plus nous nous éloignons d'Hakadosh Baroukh Hou, plus les raisons essentielles et leurs conséquences ont une distance, et plus nous remontons vers l'infini, plus le temps se rétrécit.
C'est-à-dire que vous allez voir, même si ce n'est pas au niveau de vos montres, que le temps est en train de se raccourcir. Il y a de moins en moins de temps. J'étais à Nice il y a quelque temps, il y a une vieille dame qui me dit: « Monsieur le rabbin, je ne débranche même plus la plata. » Elle a l'impression de passer d'un Chabbat à l'autre. Et vous commencez à ressentir ce sentiment-là, que le temps court.
Et pourquoi cela ? Parce que justement nous sommes en train de revenir vers l'unité, et vers l'unité, la source et le résultat sont collés. Imaginez-vous un triangle: plus vous êtes en bas, plus les deux points sont éloignés; plus vous remontez vers la source divine, plus la source et le résultat sont proches l'un de l'autre. Ce que je veux vous dire par là, c'est que la notion de temps, qui s'appelle shana, vient justement de cette shniyout, de cette pluralité, de cette force qui multiplie les choses.
Hakadosh Baroukh Hou nous donne une Torah qui est unique, et dès qu'elle traverse l'atmosphère terrestre, elle devient déjà deux tables. C'est bizarre quand même: la Torah unique de Dieu devient deux tables. Pourquoi faut-il deux tables ? Parce que notre monde ne comprend pas l'unité. Donc Dieu nous parle en code 1, et nous, nous entendons avec nos deux oreilles. C'est pour ça que Dieu nous a créé deux oreilles. C'est-à-dire que tout ce que j'entends au niveau de l'unité passe chez moi par la stéréophonie. Et si je n'étudie pas la Torah par deux oreilles, mon étude n'est pas bonne. C'est pourquoi il ne faut pas étudier tout seul.
Il faut toujours étudier avec quelqu'un pour entendre un autre son de cloche. Sinon, tu tournes autour de ta propre pensée, et personne n'est là pour te contredire. Moralité, tout ce qui descend du ciel, dès qu'il traverse notre monde, devient deux. C'est facile à comprendre.
C'est pour ça que la lettre qui commence la Torah, c'est le Bet, la lettre de Bereshit. Et le Zohar nous dit que c'est la première lettre de ce monde. Et qu'est-ce qu'on doit faire avec cette lettre ? À travers cette lettre, découvrir le Aleph de l'unité. Donc si vous êtes dans un Bet et que vous allez vers un Aleph, vous venez d'écrire un mot en hébreu, Ba. Et c'est le Olam Ha-Ba. C'est ça, le Olam Ha-Ba. Le Olam Ha-Ba n'est pas le monde futur, ça ne veut rien dire; ce sont des traductions en français qui ne veulent absolument rien dire. Le Olam Ha-Ba est au présent en hébreu. On ne dit pas Olam Sheyavo.
Il est là, seulement il est dans un autre niveau de conscience, mais il est au présent. Et il faut l'atteindre, il faut l'entendre, il faut être capable de déceler ce monde qui est au-delà de notre contexte naturel, qui représente une prison.
Étant donné que Dieu a créé le temps, même dans le temps il a placé des temps différents. C'est-à-dire qu'il y a des natures différentes dans le temps lui-même. Et nous avons des mois de l'année. Chaque mois a son nom, et dans chaque mois, Akadosh Baroukh Hou, toujours le même, apparaît sous un filtre différent du mois en question. Imaginez-vous que chaque mois est un filtre, et que l'Infini, béni soit-Il, traverse ce filtre pour se dévoiler dans notre monde.
Alors à Tichri, Il se dévoile d'une telle couleur; à Kheshvan, d'une autre couleur; et ainsi de suite dans tous les mois de l'année. Quand Hakadosh Baroukh Hou arrive à Nissan, Il se dévoile d'une manière très spéciale. C'est comme s'Il ne changeait pas, comme s'Il était fidèle à Lui-même, sans aucun changement. C'est-à-dire qu'Il est l'absolu qui descend dans ce monde et qui traduit ses valeurs dans un monde de matière.
Qu'est-ce que je veux dire par là ? Tout simplement, une Guemara, dans le traité de Rosh Hachana, Rabbi Yehoshoua nous dit que le monde fut créé à Nissan. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que Dieu, pour traduire l'infini en matière, a choisi quel mois ? Nissan. Ne vous inquiétez pas, cela fait partie de l'exercice. Donc cela veut dire qu'Hakadosh Baroukh Hou a choisi un temps qui s'appelle Nissan pour traduire ces valeurs dans un monde matériel. Autrement dit, la première fois où l'infini est devenu fini, c'était à Nissan.
C'est pourquoi le Temple lui-même, le Mishkan, a été fondé, érigé à Nissan. Là aussi, ce sont les forces de l'Infini, béni soit-Il, qui se dévoilent dans notre monde. Vous comprenez bien que ce mois porte en lui la capacité de traduire des valeurs très, très profondes, de l'ordre de l'infini, en réalité.
Étant donné que nous devons ressembler à Kadosh Baroukh Hou dans nos actes et dans nos vies, c'est ce que nous devons faire à Nissan. Autrement dit, à Nissan, vous avez tous un devoir essentiel: ne pas vous installer et manger le céder de Pessah comme l'année dernière, mais comprendre que ce mois a le potentiel de traduire vos idées en réalité. Donc si vous avez des idées dans la tête, c'est le moment de les mettre en pratique. Comme Hakadosh Baroukh Hou a mis en pratique Son infini dans la matière, nous avons la même capacité, en tant que …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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