Torah nationale et révélation de la lumière cachée chez Rav Kook
Comment la Torah, d'idéal, devient réalité nationale et répare l'équilibre du monde, selon les Orot.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Du tout au détail : le lien de l'âme chez le Rav Kook, 14 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne de Machon Meir pour une nouvelle émission En tête-à-tête avec mon ami Rav Yoël Benaroche. Chalom Yoël, Boker tov ! Nous sommes heureux de poursuivre notre étude de ce merveilleux ouvrage, les Chmonè Kevatsim, les huit recueils du Rav Kook, au début du XXe siècle. Nous sommes à la ligne 4 dans...
Le premier recueil, le premier ouvrage, nous avions dit dès le départ que nos actions sont véritablement la pleine expression du sens de ce que la Torah veut dire.
Comme je viens de le dire, seule la réalisation de ce dont nous prenons conscience, de ce dont nous prenons connaissance, est à même de révéler le sens évident de la Torah. Je continue avec Rav Yoël, et on rentre dans le sujet. Tu voulais rajouter quelque chose d'abord ?
— Je voulais juste dire qu'en réalité, il parle ici de mamachout. Le mot mamach, en hébreu, qui veut dire une réalisation, a une sonorité de michouch, c'est-à-dire presque quelque chose de palpable. C'est-à-dire que la Torah, qui au départ était une idéologie, une idée, devient quelque chose de réel, de palpable, de viable.
Et je continue. Proportionnellement, la compréhension sera *athéorite, c'est-à-dire la compréhension, pour l'instant théorique ou illustrée. Plus l'homme s'en préoccupera, s'y intéressera, plus l'homme s'investira dans cette connaissance, cette prise de conscience, etc. Et plus quoi, dit le Rav ?
Il y a une espèce d'étincelle ici, mais au sein de la nation. C'est comme si le sentiment était une mise à feu: ce premier éclair met le feu. C'est comme quand on allume ce gaz et qu'on utilise une étincelle pour allumer la flamme, d'une certaine manière.
Nous connaissons de plus en plus le Rav Kook, et nous savons que chaque mot est très précis. C'est une condensation guidée, toute prise dans le monde ésotérique. Et il faut prendre en compte les précisions que le Rav indique. En effet, quel est le changement, quelle est la nouveauté dans ce que nous disons maintenant ? Qu'apportons-nous de nouveau ? On sait très bien que la Torah doit être réalisée, et ça, n'importe qui peut le dire. La nouveauté du Rav, c'est qu'il ne parle pas d'une Torah individuelle, d'un Juif.
Il parle ici d'une Torah de la nation tout entière. Absolument. C'est-à-dire d'une Torah qui est relative à la nation, d'une Torah qui est relative à cette Neshama créée par l'Infini, béni soit-Il, et non au niveau individuel. Pas « je fais ma petite mitsva », pas « je fais mon étude de Torah journalière », mais cette étude doit être liée à une vision de ma nation tout entière.
Et ici, il y a un point: la nation d'Israël, dans ses actes, peut révéler la lumière la plus cachée, qui devient en réalité quelque chose d'action. Et la Tiferet dont il parle maintenant, Midat Tiferet, la valeur que tu as traduite par « splendeur »: en réalité, dans le mot Tiferet, nous entendons le mot térapia. C'est-à-dire que la Tiferet, c'est l'équilibre, la thérapie de l'homme.
Mais pas seulement de l'homme: d'une nation qui a compris son message envers les autres nations et qui est en train de traduire les valeurs du ciel pour le bien de l'humanité tout entière, pour guérir l'humanité. Et ça, c'est le sens de Tiferet.
Tiferet, c'est aussi l'harmonie peut-être entre l'amour et la rigueur ?
— Tout à fait. Dans la Kabbale, la Tiferet est en fait la résultante entre Hessed et Guevoura, ce que j'appelle l'amour et la rigueur. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus fort. Si, par exemple, le Hessed valait 20 et que la Guevoura valait 20, normalement ce serait 20 plus 20, 40. Eh bien non. La Tiferet va valoir 100, 200, 300. C'est exponentiel, et ce n'est pas seulement la somme de la bonté, de l'amour et de la rigueur, de la mise en mesure. Il y a quelque chose d'autre qui apparaît.
C'est-à-dire que dans la rencontre qui se veut la plus harmonieuse, il y a un processus exponentiel qui se crée.
— Tout à fait. Et qui engendre quelque chose de mieux, qui n'était pas là auparavant.
Dans le mot refoua, j'entendrai peut-être aussi, puisque tu as dit « thérapie », le soin, la possibilité. La racine du mot refoua, c'est tout simplement réatteindre l'équilibre entre toutes les parties du corps. Et tu es mieux placé que moi pour savoir que toute maladie est tout simplement un manque d'ordre, un désordre dans l'équilibre, une espèce de cacophonie.
— Tout à fait. Et il termine... je reprends juste la phrase. Ça veut dire que, ici, le terme employé n'est pas le tétragramme, mais le nom d'Elokim.
Or, nous savons dans la Kabbale que le nom d'Elokim est relatif à la nature. Autrement dit, le Rav est en train de nous dire que même la nature va révéler son secret de l'au-delà, son secret divin. Et donc les forces d'Elokim, qui valent numériquement 86, comme Teva (la nature), vont devenir en réalité divines. La nature tout entière sera donc tout simplement une plateforme pour la révélation du tétragramme.
Et moi, j'aurais entendu: qu'en est-il d'Elokim, sans contredire ce que tu viens de dire, bien entendu ? Elokim est le Dieu créateur des lois immuables de la création. C'est-à-dire que le projet divin est aussi immuable. Que vous le vouliez ou non, ce projet devra se réaliser de toute manière. Et je dis que, avec ce que nous avons explicité précédemment, il y a une volonté de faire entendre qu'envers et contre tous les aléas de l'histoire, le projet divin fait partie des lois immuables de la création, comme le soleil se lève et le soleil se couche. C'est-à-dire que l'harmonie doit revenir à l'ordre du jour, comme le jour et la nuit de l'histoire de l'homme.
Merci d'avoir utilisé le mot « revenir », car en réalité cette harmonie existe, elle a tout simplement disparu, et il nous incombe, à nous, la nation d'Israël, de faire réapparaître cette lumière qui a toujours été là. Et d'ailleurs, tout à l'heure, nous avons omis un tout petit point que le Rav souligne aussi ici: c'est Ganouz, la lumière cachée. En fait, la lumière s'est cachée, tout simplement. Elle ne demande qu'à être révélée de nouveau. C'est en tout cas ce que le Rav écrit ici, et sur quoi il insiste.
Ce qui veut dire que la Torah n'est pas simplement un culte. Je n'ai pas dit « un culte ». Si on reste dans le culte, peut-être qu'on devient un culte, c'est possible. Mais quelle est la Torah ? Elle signifie horaa, c'est-à-dire enseignement. Enseignement, éducation même. Et dans l'enseignement et l'éducation, on n'enseigne et on n'éduque pas seulement nos élèves; en vérité, on ne fait que les élever, en les élevant.
Nous ne faisons que révéler. Hanor ve-hanar al pi darko: ce n'est pas le mot « éduquer », c'est lehanikh. On élève l'enfant selon ce qu'il est. C'est-à-dire que dans le fait d'élever notre enfant, il y a une volonté de révéler ce qu'il est dans son essence, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Orot, Chemonè Kevatsim et la pensée du Rav Kook : identité nationale, âme et cosmos.
- 1
Identité nationale et Torah dans Orot, chapitre 1Comment la Torah complète les manques du monde et façonne l'identité morale du peuple d'Israël. - 2
Torah nationale et révélation de la lumière cachée chez Rav KookComment la Torah, d'idéal, devient réalité nationale et répare l'équilibre du monde, selon les Orot. - 3
Du tout au détail : le lien de l'âme chez le Rav KookLe premier cahier des Shmonek Vatzim : chaque vie n'est qu'un canal du flux de l'âme nationale. - 4
Une échelle entre ciel et terre selon le Rav KookLe chapitre 9 des Orot HaKodech : pourquoi la peur freine l'étude de la Torah d'Erets Israël et des secrets de la Torah. - 5
Orot : les trois forces de la nation, Kodesh, Uma, EnoshihutLe Rav Kook y montre comment religion, état-nation et humanisme doivent se compléter dans la vie du peuple revenu sur sa terre. - 6
Le Rav Kook et la place de l'homme dans le cosmosComment l'esprit relie l'homme au processus d'amélioration du monde, à travers la volonté et le choix. - 7
L'homme, partie du cosmos selon le Rav KookLe devoir d'être : la volonté, le choix du bien et le processus perfectible de l'homme.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav