Bé'houkotaï : étudier la Torah pour réaliser sa nature
Comment l'étude éveille la Torah gravée en l'homme, à la différence de l'animal qui suit son instinct.
Rav David Partouche
Ensuite : Se rencontrer soi-même avant de rencontrer l'autre, 3 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous ! Ce Chabbat d'Ezrat Hachem, nous allons finir le Sefer Vayikra, le livre de Vayikra. Le livre de Vayikra s'appelle, selon nos Hachamim, Torah Kohanim, la loi des prêtres. Pourquoi ? Parce qu'il parlait en grande partie, depuis le début du livre de Vayikra, de la Avodat Kohanim, le service des Kohanim, des prêtres, et du service des Lévis. En français, c'est pour cela qu'on appelle ce livre le Lévitique. Il parle de la tribu des Lévis, qui se donne entièrement au Michkan, au tabernacle, lorsqu'on était dans le désert, ou au Temple plus tard, lorsqu'on sera à Yerouchalaïm.
Et à la fin de ce livre de Vayikra, dans la dernière parasha, c'est la parasha de Bechoukotaï. Bechoukotaï commence par les mots Pasuk, qui veut dire la chose suivante. Im, ça veut dire quoi ? Si. Bechoukotaï, Be, c'est avec ou dans.
Si vous suivez mes préceptes, si vous suivez mes lois, vous gardez, vous préservez. Donc on a trois étapes. Première étape: suivre les préceptes d'Hachem. Deuxième étape: garder ses mitsvot. Et troisième étape: accomplir les mitsvot.
Les Hachamim se sont posé la question: pourquoi une répétition, « si vous suivez mes lois et si vous gardez mes lois » ? En général, on a l'habitude de dire que le mot hok, le mot qui veut dire loi, désigne des dogmes. Des dogmes, ce sont des lois dont on ne connaît pas la signification. Hok, comme dans la parasha de Houkat, où l'on parle de hok para adouma, la loi de la vache rousse, dont on ne connaît pas les raisons secrètes.
Contrairement à Michpat. Quand la Torah utilise le mot Michpat, ce sont des lois dont on peut comprendre les raisons: aimer son prochain, aider son prochain, ne pas voler, etc. Ça s'appelle Michpat, les lois dont on peut comprendre les raisons qui se cachent derrière. Donc, d'un côté, dans la Torah, on a l'habitude d'avoir Hok, des lois dont on ne comprend pas les raisons, et Michpat, des lois dont on peut comprendre les raisons.
Mais ici, on a hok, Im bechoukotaï tichmeru. D'un côté on a les lois, et de l'autre on a les mitsvot. Or on a l'habitude de savoir que même les houkim sont des mitsvot. Et c'est pour cela que Rachi nous dit: non, non, non. Le mot Choukotaï, qui est écrit ici, Im bechoukotaï, « si dans mes lois vous êtes », ne parle pas des mitsvot. De quoi parle-t-il ? De l'étude de la Torah. Quoi ? Oui. Im bechoukotaï telechu, nos Hachamim nous enseignent: si...
Vous étudiez la Torah be-amal. C'est quoi, amal ? Avec beaucoup d'effort. Si vous étudiez la Torah avec beaucoup d'effort, alors vous pourrez garder mes mitsvot. Étudier la Torah avec beaucoup d'effort, c'est ce qu'Hakadoch Baroukh Hou nous enseignait ? Oui.
Il y a, au début de la parasha, quelque chose de bizarre: un mot qui veut dire hok. Hok, c'est une loi constante. Quand on dit hok, cela veut dire que c'est une loi qui ne bouge pas. C'est un hok. Elle ne changera jamais. Le roi a décidé, il a donné sa loi, et elle ne changera pas. D'un côté, on a telechu. Telechu, cela veut dire vous suivrez, vous allez, vous marcherez. Lalekhet, c'est marcher. D'un côté on a quelque chose de stable, constant, invariable, hok. Et de l'autre, on a quelque chose qui est en marche, dynamique, qui avance.
Alors, qu'est-ce que cela veut dire, si, dans les choses constantes, vous marchez ? Là est caché le secret de ce que la Torah veut nous enseigner. Qu'est-ce que la Torah nous enseigne ? Elle veut nous enseigner la chose suivante.
Il y a deux sortes d'êtres. Selon le Ha-Arizal, selon les kabbalistes, il y a ce qu'on appelle les Berouim, ceux qui ont été créés, les créatures, du verbe bara, créer. Et il y a les Nivraim. Les Nivraim, c'est aussi de la racine du mot bara, qui veut dire créer, mais ils ont été créés. Quelle est la différence entre Berouim et Nivraim ? Selon la Kabbale, la différence est simple. Les Berouim, ce sont tous les êtres qui ont été créés, constants. Ils ne changeront jamais. Par exemple, les animaux. Un animal ne connaît pas d'évolution. Un animal naît, il est né animal. Il se comportera en animal. Dans dix ans, dans quinze ans, ce sera le même animal.
Tandis qu'il y a les Nivraim. Ce sont les hommes. Les hommes ont été créés avec cette capacité d'avoir une évolution en permanence, d'évoluer sans cesse. Donc, d'un côté, on a le monde animal, le monde statique. Et de l'autre, on a le monde humain, le monde qui avance. Si on peut parler le langage de la Torah: d'un côté on a des lois, houkim, fixes. Le soleil brille, le Chabbat, on n'a pas le droit d'allumer le feu. Et de l'autre côté, on a un homme en évolution, qui évolue sans arrêt.
Comment peut-on faire entrer ces deux mondes l'un dans l'autre, relier ce monde de la constance à ce monde de l'évolution ? La réponse se trouve dans la Torah d'Israël. La Torah nous enseigne la chose suivante: tu es né avec une constance qui est en toi. Qu'est-ce que c'est ? C'est la Torah. La Torah est inscrite dans chaque Juif.
Mais comment cette Torah, qui est une constance, peut-elle être en évolution ? C'est très simple. Lorsque tu es né, tu as tout oublié. La Guemara, dans la Sérène Nida, à la page 30, nous dit: dans le ventre de notre mère, un ange vient nous enseigner toute la Torah. Et lorsqu'il vient au monde, on lui fait oublier toute la Torah. Pourquoi lui fait-on oublier ? On lui fait oublier parce que maintenant, il doit la découvrir, la Torah qui est inscrite en lui. La Torah, c'est sa loi de vie.
Le Chabbat est inscrit en lui. Toutes les mitsvot sont inscrites en lui. Ce sont des houkim, toutes les lois que le Saint, béni soit-Il, a mises par écrit. Maintenant, lalekhet, qu'est-ce que lalekhet ? C'est prendre ta décision d'avancer, d'évoluer, d'étudier qui tu es. Étudier qui je suis, ça s'étudie, oui.
La vache, lorsqu'elle est vache, ne se pose ni la question de qui elle est, ni pourquoi elle est, ni vers quoi elle doit aller. Elle sait exactement quelle est sa fonction divine sur terre: faire du lait, brouter, manger de l'herbe, etc. Elle le sait tout de suite après sa naissance. Une fois née, elle commence déjà à marcher au bout de quelques minutes. Mais un homme, lorsqu'il naît, n'est encore rien. Il pleure, il sait téter et se plaindre. C'est tout ce qu'il fait, et dormir aussi. Parler, il ne sait pas. Marcher, il ne sait pas. Réfléchir, à peine. Voir, il ne voit pas. On a donc un être qui va devoir dévoiler et réaliser tout le potentiel qu'il a en lui.
C'est ce que la Torah veut nous dire. En fait, préserver les mitsvot, c'est seulement d'abord: si vous marchez, si vous réalisez, si vous évoluez dans les houkim qui …
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