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Le 17 Tamouz et la logique des dix malheurs

La Michna compte dix malheurs en deux fois cinq : ce chiffre révèle une logique interne au malheur, et non un simple hasard.

45 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Les trois semaines entre 17 Tamouz et Ticha BeAv : deuil et émouna, 8 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il y a donc une période qu'on appelle Ben HaMetzarim, qui est une période intermédiaire entre le 17 Tammouz et le 9 Av. Cette période est appelée du nom de Ben HaMetzarim, ce qui veut dire « entre les… dans le lieu étroit » ou « entre les sentiers ». Expression tirée de la Michna, dans le traité de Taanit, qui nous dit la chose suivante:

« Cinq choses sont arrivées à nos ancêtres le 17 du mois de Tammouz, et cinq choses sont arrivées à nos ancêtres le 9 du mois d'Av. » Dans Massekhet Taanit, au 4e chapitre, il dit là-bas: cinq choses sont arrivées à nos ancêtres le 15 de Tammouz, et cinq le 9 du mois d'Av.

Et après, la Michna continue en nous donnant la liste des événements. Et si vous comptez, il y en a combien ? Dix, cinq et cinq. Ce qui veut donc dire que la première phrase est en trop, étant donné que nous avons tous compté jusqu'à dix. Donc ce n'était pas nécessaire de nous dire qu'il s'est passé cinq choses et cinq choses, puisque après il y a eu dix, et qu'on s'est compté. Vous avez compris le problème ?

— Oui, vas-y.

Oui, bien sûr. Et à chaque fois, la question se pose: à quoi ça sert de donner une liste, de donner un chiffre, puisque nous savons compter ? Par exemple, pour les trente-neuf travaux interdits le Chabbat, la Michna dit: il y a trente-neuf travaux qui sont interdits, et voici la liste. À nouveau, la question se pose: pourquoi donner un chiffre si la liste est présente, n'est-ce pas ? Oui, d'accord. Mais là-bas, ce n'est pas en trop, au contraire.

Donc, si la Michna nous dit qu'il s'est passé cinq choses et cinq choses, il faut être très fort en mathématiques: vous savez que cinq et cinq, ça fait dix. C'est donc que la Michna veut que nous fassions attention aux chiffres, indépendamment du contenu de la liste. Le contenu de la liste est important, mais à part ça, le chiffre dix est important.

Oui, par exemple, l'anniversaire de tous ceux qui sont nés le 17 Tammouz… Ça s'est passé le 17 Tammouz, ce qui fait quand même une personne sur trois cent soixante-cinq. Oui, quand on prend vraiment mille personnes, il y en aura au moins trois qui seront nées le 17 Tammouz, par exemple. Oui. Oui. Je ne sais pas si le 17 Tammouz, d'ailleurs.

Et donc la question se pose: pourquoi dire ça ? C'est donc que le chiffre dix est important. Et le chiffre dix représente toujours quelque chose de complet. Par exemple, dans la Michna, dans le traité d'Avot, au début du cinquième chapitre, on nous dit que le monde a été créé par dix paroles. Il y a dix générations d'Adam jusqu'à Noé, et dix de Noé jusqu'à Abraham. Abraham notre père a traversé dix épreuves. Il y a eu dix plaies en Égypte, dix miracles en Égypte, dix miracles sur la mer Rouge, dix miracles dans le Temple de Jérusalem, et dix choses ont été créées à la veille du Chabbat.

Donc, si la Michna dit le chiffre dix, c'est pour nous dire que quelque chose de complet, d'entier, de parfait, se compte avec le chiffre dix. Ce qui veut nous dire que la série des malheurs qui arrivent à notre peuple a, elle aussi, une logique intérieure.

Pourquoi est-il important de savoir qu'il y a une logique intérieure ? C'est parce que, quand on a des malheurs, des malheurs à l'échelle nationale, on peut se demander… Il y a ici deux problèmes. D'une part, la souffrance que le malheur inflige. Mais il y a également un autre problème: peut-être que Dieu nous a abandonnés. C'est la question que se pose Yov, grand spécialiste de la souffrance dans le Tanakh. Il souffre des malheurs qui lui arrivent, mais il a un autre problème: il ne sait pas s'il n'a pas été peut-être abandonné par Dieu.

Et à la fin de son discours, plein de diatribes, toute sa diatribe, Dieu se révèle à Yov, et Yov est tout content. Il dit: « Ah, j'ai compris. » Qu'est-ce qu'il a compris ? Il n'a pas compris le sens de ses malheurs, parce que Dieu ne lui explique rien, mais il comprend qu'il n'est pas abandonné.

Et là, ce que nous dit la Michna est un clin d'œil. Elle nous dit: il faut savoir qu'il se passe des tas de choses terribles, mais c'est au chiffre, c'est dans le chiffre dix. Donc il y a un sens.

— Tu veux dire quelque chose ? Par là. Oui. Oui.

On a eu enfin dix événements. Ces dix événements en question, qui sont le 17 Tammouz et le 9 Av, et le fait que ce soit au chiffre dix, ça veut dire que ça a un sens. Qu'il y a une logique interne dans le malheur. On va le voir. Vas-y.

— Pourquoi ne pas dire le chiffre dix ?

D'accord. Pourquoi dire cinq et cinq ? Ça, c'est la deuxième question. Elle lit Khamisha d'Vermiro et Tavo teinu b'shivasar b'Tammouz et Khamisha b'Ticha BeAv. Elle aurait pu dire: il s'est passé cinq choses, elle lit le Tammouz, donner la liste des cinq, et après dire cinq choses à Ticha BeAv et donner la liste des cinq. Or, ce n'est pas ce que fait la Michna. Elle dit cinq et cinq, et après elle lit la liste. C'est donc qu'elle veut que tu fasses l'addition, qui est cinq plus cinq, ce qui fait, attendez, je me concentre, dix. Voilà.

— Cinq et cinq, ça fait cinquante-cinq.

Tu me troubles, tu me troubles avec ta réponse. Je pense que c'est quand même dix. Je ne sais pas trop bien comment t'expliquer ça, mais je crois que c'est quand même dix.

— Oui ? Quoi ?

Oui. Dans ce cas-là, il n'y a pas besoin de mettre un vav. On aurait pu nous dire: cinq choses se sont passées le 17 Tammouz, cinq choses se sont passées à Ticha BeAv. Mais il dit « et cinq choses »: ça veut donc dire qu'il faut faire cinq et cinq, ce qui veut dire plus. Ce qui veut dire dix. Malgré toutes les tentatives de dire autre chose. Continuons.

Donc la question se pose, et je crois que nous l'avons déjà posée. L'éventualité d'une réponse serait, dans la mesure où on me laisserait répondre, par exemple: c'est une possibilité comme une autre. Je sais qu'elle n'est pas la meilleure, mais disons que ça vaut quand même ce que ça vaut. La réponse, c'est que c'est dix, mais c'est coupé en deux. C'est-à-dire qu'il y a une harmonie, mais elle est secrète. Il faut y réfléchir, il faut faire l'addition.

Est-ce que vous connaissez un autre phénomène dans le monde où l'on a cinq et cinq ? Les doigts de la main. Comment fallait-il y penser ? C'est-à-dire qu'en fait, j'ai dix doigts, mais les dix sont séparés en deux: il y a cinq et cinq. Je mets ensemble, et …

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