Les trois semaines entre 17 Tamouz et Ticha BeAv : deuil et émouna
Comment vivre le deuil du Temple tout en renforçant l'émouna, par la techouva, la tzedaka et l'étude lichma.
Rav Oury Cherki
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, je m'appelle Nathan Baranes, je viens de l'école Hussein de Hirsch et je suis sur la fin de ma première année de yeshiva au Machon Meir. Depuis une semaine, nous sommes entrés dans une période difficile pour le peuple juif, celle que l'on appelle Ben HaMetzarim. Le terme de Ben HaMetzarim se trouve dans le livre de Eícha, le livre des Lamentations de Jérémie, au premier Pérek, au Pasouk Gimel: Kol rodfeha hissigouha bein hametsarim.
Cette période se compose de deux parties. Dans un premier temps, le peuple juif doit s'endeuiller et pleurer sur la destruction du Temple et sur le manque qu'elle a créé dans ce monde. Et d'un autre côté, il est extrêmement important pour l'homme de se réveiller et de se renforcer dans sa émouna, pour amener la Gueoula future, et avec elle le prochain Beit Hamikdach, bézrat Hachem.
Alors, nos Sages nous enseignent dans la Guemara trois choses qui ont la capacité d'amener et de rapprocher la Gueoula future. La première: dans Yoma 86, Rabbi Yonatan nous dit… alors, il nous dit quoi ? Il nous dit que la techouva est grande, parce qu'elle rapproche la Gueoula. Donc il faut, dans cette période, tous les jours, et particulièrement dans cette période, faire techouva pour demander et ramener, rapprocher la Gueoula future.
Deuxième chose: dans Baba Batra, daf … on nous dit que la tsedaka est grande, car elle aussi rapproche la Gueoula. Donc il faut, dans cette période, comme tous les jours de sa vie, donner plus de tsedaka et, à chaque fois, demander que D.ieu nous ramène la Gueoula plus rapidement.
Troisième chose: dans Sanhédrin, Rabbi Meïr nous dit que celui qui étudie la Torah lichma amène la paix dans le monde. C'est la Gueoula. Et Rav Lévi … celui qui fait cela, mi she-osek ba-Torah lichma, celui qui étudie la Torah lichma, lui rapproche la Gueoula, il fait venir la Gueoula.
Maintenant, il faut savoir ce que c'est qu'étudier la Torah lichma. Nos Sages nous disent: c'est le Nom, le Nom de Hachem, c'est le Nom du Saint béni soit-Il. Il ne faut pas étudier la Torah pour un besoin de kavod. Il faut étudier la Torah parce que c'est le Saint béni soit-Il qui nous a demandé d'étudier la Torah, et il faut l'étudier pour le Saint béni soit-Il parce qu'on nous l'a ordonné.
Comme il est dit dans Taanit, daf, Rachi nous explique ce qu'est l'imout Torah lichma: c'est parce que Hachem, chekar tsivani, Hachem Elokaï … lehem … ikarot … rabi. Et pas pour qu'on nous appelle Rav. Il faut étudier la Torah parce que c'est Dieu qui nous l'a ordonné, et non pour récupérer un certain kavod.
Et cette chose-là, on la retrouve dans toutes les choses de notre vie. Rabbi Eliézer nous a dit: « Toutes les choses que tu dois faire, tu dois les faire selon celui qui te les a ordonnées. » Et le Ran, commentateur de la Guemara, explique: qui est lichmo chel olam ? Qui est celui qui t'a ordonné ? C'est le Saint béni soit-Il. C'est-à-dire que tout ce que tu fais dans ta vie, il faut que tu le fasses lechem Hachem, il faut que tu le fasses parce que c'est le Saint béni soit-Il qui te l'a ordonné.
Et on voit aussi cela dans un verset du Livre des Proverbes: Bekhol deracheykha daehou, dans tous tes chemins, tu dois le connaître. Donc tout ce que tu fais dans ta vie, même quand tu manges, quand tu dors, tout ce que tu fais, même les choses où tu penses qu'il n'y a pas Hachem, tu dois dire que tu le fais lechem Hachem, tu le fais pour le Saint béni soit-Il.
Maintenant, il y a une difficulté. Nous avons dit que dans cette période, il faut, premièrement, s'endeuiller, pleurer, s'attrister du fait que nous n'avons plus de Beit Hamikdach, que cela a créé un très grand manque dans le monde, que nous avons perdu, et que cela a entraîné après cela deux mille ans d'exil, même si nous commençons à revenir sur notre terre, béni soit Hachem.
On nous dit, dans un premier temps, il faut s'endeuiller. Et dans un deuxième temps, il faut se renforcer dans sa confiance, yitrazek be-émouna, que Hachem va amener la Gueoula très prochainement. Vous allez me dire que cela pose un problème: comment peut-on faire les deux en même temps, dans la même période ? Eh bien, c'est là le défi de cette période, et c'est là le secret qui se cache dans le verset de Eícha: Kol rodfeha hissigouha bein hametsarim.
Nos Sages nous disent: Kol rodfeha, kol rodef Yud-Hé. Le mot rodfeha s'écrit rodef Yud-Hé. Donc, celui qui recherche le Nom Yud-Hé, hissigouha, alors il réussira à atteindre le Vav-Hé, et cela permettra de créer le Nom de Dieu qui est complet, qui est chalem. Cela fait Yud-Hé-Vav-Hé.
Comment voit-on cela ? Comment peut-on retrouver Hachem dans cette période ? On voit que c'est par ces trois choses. Il y a la techouva, qui est un retour vers Hachem, un retour vers notre Père. Par elle, nous allons retrouver Hachem et le chercher dans cette période. Deuxième chose, la tsedaka: on dit qu'elle permet de voir la face de Dieu. C'est encore un retour vers Hachem. Et troisième chose, la Torah, connue comme étant le moyen le plus fort de se rapprocher d'Hachem.
On voit donc que tout celui qui recherche le Yud-Hé, kol rodfeha Yud-Hé, hissigouha Vav-Hé, Ben HaMetzarim, tout celui qui va chercher Hachem dans cette période de Ben HaMetzarim, qui va chercher le Yud-Hé, alors il va mériter d'atteindre le Vav-Hé. Dans cette période de Ben HaMetzarim, c'est ce que nos Sages veulent nous dire dans Taanit: quand ha-mitabel al Yerouchalaïm, celui qui s'endeuille sur Yerouchalaïm, qui arrive aussi à être oved Hachem, à servir Hachem dans cette période, même dans une situation d'Estère Panim, une situation où Hachem a voilé Sa face, celui-là qui arrive,
est trouvé auprès d'Hachem dans cette période-là, donc il arrive à atteindre le Yud-Hé qui est dans rodef Hachem. Et même à ce moment-là, la Guemara nous dit: zo ve-ro'eh be-simha. Il mérite alors d'atteindre le Vav-Hé dans hissigouha, dans Ben HaMetzarim, ce qui permet d'atteindre le Nom de Hachem chalem, et qui nous permet d'avoir bimheira beyamenou le Beit Hamikdach, avec le retour du Korban, avec le retour des Juifs en Erets Israël.
Et que l'on ne lise plus Ticha BeAv et Tou BeAv. La libération dans le mois d'Av, bézrat Hachem, avec la Gueoula future.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
2 cours du Rav Oury Cherki, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Trois semaines, 17 Tamouz, Michna Taanit, Providence divine, Pensée juive.
- 1
Le 17 Tamouz et la logique des dix malheursLa Michna compte dix malheurs en deux fois cinq : ce chiffre révèle une logique interne au malheur, et non un simple hasard. - 2
Les trois semaines entre 17 Tamouz et Ticha BeAv : deuil et émounaComment vivre le deuil du Temple tout en renforçant l'émouna, par la techouva, la tzedaka et l'étude lichma.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav