Le vidouï, la techouva collective et le bouc émissaire
Pourquoi le Rambam accepte de longs vidouïm, pourquoi le Kohen Gadol peut en faire pour tout Israël, et ce qu'est le karet.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le Rambam sur le Chofar de Roch Hachana et la techouva, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Je crois que nous sommes arrivés à la halakha bête. Est-ce que je me trompe ? On a commencé à la halakha bête, n'est-ce pas ? Non ? Non, on n'a pas commencé à la halakha bête. D'accord. Donc nous étions arrivés à la définition du vidouï, je crois. Et on avait vu ce que dit le Rambam à propos de kol hamarbé lehitvadot ? Non ? Bon. C'est très bien. Nous avons donc fait des études pénétrantes sur l'essence de la techouva, comme étant un mouvement de retour de l'être vers le Créateur. Nous avons appris la différence entre la techouva collective et la techouva individuelle. Nous avons également parlé de l'importance de la parole, je crois, n'est-ce pas ? Ou pas ? Oui, d'accord.
Je peux continuer, quelques lignes plus loin dans le Rambam, toujours dans la première halakha: Vekhol hamaarikh bevidouï harei zé meshoubakh. Tout celui qui abonde en vidouï et qui l'allonge, cela est méritoire.
Tiens donc, cela veut dire qu'il est bon de s'étendre en vidouï. Tu vois ? Il y a ici un semblant de contradiction entre l'enseignement des Mekoubalim, les kabbalistes, et celui des Pachtanim, ceux qui vont selon le nigleh. Selon Maïmonide, qui fait partie des Pachtanim, qui n'est pas kabbaliste, le vidouï est bon en grande quantité.
Et les kabbalistes disent qu'il ne faut pas faire beaucoup de vidouï, il faut faire un vidouï par prière. C'est tout. Par prière ! Dans les anciens mahzorim de Kippour, dans les rituels de Kippour d'avant, chaque prière comportait plusieurs vidouï imprimés. Et dans les mahzorim plus tardifs, on les a supprimés, à cause de l'influence des kabbalistes, le Ari en particulier, qui a dit qu'il ne faut pas refaire le vidouï. Parce que celui qui refait le vidouï...
J'espère qu'il n'y a pas de personnes trop sensibles ici, parce que je vais dire des choses dures. Ce que fait le vidouï, c'est exactement ce qui se passe au niveau physique dans le vomissement. Dans le vomissement, je me libère d'une charge nocive que je ne suis pas capable d'intégrer, donc je m'en libère. Exactement ce que fait le vidouï: j'évacue le péché. Simplement, si je le refais, cela veut dire que je restitue l'état d'âme,
l'état de conscience dans lequel j'étais au moment du péché. Je reviens au péché. Donc, au lieu de m'en libérer, je m'en imprègne. Il faut donc que le vidouï soit définitif. En une fois. C'est ça, l'opinion des kabbalistes. D'après Maïmonide, il y a ici une injonction pédagogique: il faut bien être sûr qu'on a tout vidé. De manière générale, le vidouï est une action qui n'est pas très agréable. C'est comme le vomissement.
C'est vrai que ça fait du bien après, mais quand ça se passe, c'est très désagréable. On peut dire que dans la techouva, il y a également cet élément-là. La techouva est un mouvement joyeux, heureux. On est content de pouvoir réparer ses fautes. Mais au moment où on en prend conscience, au moment du vidouï, il y a une difficulté. Et cette difficulté doit être courte. Les kabbalistes nous disent qu'il faut être en situation de tristesse lorsqu'on fait le vidouï, mais ni avant ni après. Il est important de ne pas s'intoxiquer au vidouï.
D'où le terme de vidouï, qui ressemble au mot français « vider ». D'accord ? Bon. Ça n'a rien à voir, en fait. Oui. Le Rambam va en parler par la suite. C'est quoi, Hattat et Achamot ? Ça, quand on étudiera les règles du vidouï à Kippour, on comprendra. D'accord ? Je continue ici dans le Rambam.
Vehen, kmo kén. Baalé hattaot véhachamot: ceux qui doivent amener un sacrifice de hatat ou de acham. Le hatat, l'opinion dominante aujourd'hui est celle des kabbalistes, essentiellement chez nos frères séfarades. Chez nos frères ashkénazes, je crois qu'on suit l'autre opinion. Donc je reprends ici: ceux qui doivent amener un sacrifice expiatoire ou un sacrifice de culpabilité, lorsqu'ils amènent leur sacrifice pour une faute involontaire ou volontaire, la faute ne leur est expiée par leur sacrifice que
s'ils ont fait techouva, veitvadou vidouï devarim, et qu'ils en ont fait l'aveu par la parole, ainsi qu'il est dit: ve'hitvadda asher hata alav. Il devra avouer ce pour quoi il a fauté, ce en quoi il a fauté. Donc il y a ici un élément supplémentaire, c'est la kapara, l'expiation. Oui ? — Hein ? Oui, mais c'est...
En français, ça ne marche pas, mais en hébreu, ça marche. Par exemple, en français, il y a ce qu'on appelle le pléonasme. « Je monte en haut », ça ne se dit pas. En français, on dit « je monte ». « Je monte à l'étage », on ne dit pas « je monte en haut », parce que monter, c'est évident que c'est en haut. En français, c'est incorrect. Mais en hébreu, c'est tout à fait correct, c'est une forme mieux usagée. Par exemple, Vayakhalom Chalom: il a rêvé un rêve. En français, on ne dit pas « j'ai rêvé un rêve », on dit « j'ai rêvé ». En hébreu, ça marche. C'est comme ça. On ne va pas refaire l'hébreu.
Il y a ici un élément important qui apparaît dans le texte du Rambam, c'est l'ekhaper, expier. Ce qui est intéressant, c'est que le Rambam emploie l'expression de kapara sans expliquer ce que ça veut dire. On sait ce que c'est que la techouva, on sait ce que c'est que le vidouï, mais c'est quoi, la kapara ? En fait, ce sont deux choses différentes. La techouva et le vidouï sont des actions qui concernent la transformation de l'homme. Tant que je n'ai pas fait techouva, je veux le mal, face au Saint béni soit-Il. Je fais techouva, à partir de ce moment, je veux le bien. Qu'est-ce qui a changé ? La volonté. — Non, il a dit la pensée. — Tu dis la conscience, alors que j'ai dit autre chose. Veuillez avoir le respect de mon enseignement, quand même. J'ai dit la volonté. D'accord ? Oui. Non.
Peut-être que c'est lié, mais je m'en fiche pas mal. Le problème est de savoir ce qu'on entend par techouva. La techouva est un mouvement de la volonté. Ce qui le produit est autre chose. Mais ce qu'on appelle techouva, c'est changer de volonté: je voulais le mal, maintenant je veux le bien. D'accord ? Le vidouï est l'expression de cette volonté. Je le dis par la parole. La kapara, c'est quoi ? J'ai fait du mal. Ce mal, où est-il maintenant ? Il est dans le monde. Il y a un dégât qui a été fait.
Ce dégât exige une réparation. La réparation n'est pas toujours possible. La réparation du dégât qui a été fait dans le monde, c'est ce qu'on appelle l'expiation, la kapara, dans la mesure où je suis responsable de ce dégât. C'est ça qu'il faut voir. La kapara est censée effacer le problème. D'accord ? Non, non, non, pas du tout. La kapara, il faut qu'elle soit faite. Par exemple, il y a un dégât qui se fait dans le monde, il doit être colmaté quelque part. …
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