L'identité d'Israël à travers la sortie d'Égypte
L'Égypte comme matrice de l'exil, et le sens de la délivrance pour le peuple et pour chacun.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, nous allons commencer un sujet qui s'inscrit naturellement dans le rythme de ce que nous avons déjà amorcé. Je veux parler de tout ce qui concerne le dévoilement de l'identité d'Israël, à travers la nécessité de l'exil. La matrice de tous les exils, c'est l'Égypte.
On va traiter de l'exil d'Égypte, et l'on va comprendre qu'il constitue un modèle de base, une matrice par laquelle nous allons comprendre le secret de l'exil et, en même temps, le secret de la délivrance. Pas seulement celle de cette Égypte-là, mais jusqu'à la fin des temps. Ainsi, même notre délivrance aujourd'hui s'inscrit dans cette même délivrance.
Prenons un exemple. Avec la paracha de Chemot, on commence un nouveau livre, et ce nouveau livre commence par la descente en Égypte. Cela veut dire que nous tous, le peuple d'Israël aujourd'hui, au niveau du klal comme au niveau des individus que nous sommes, nous allons aussi être dans une situation où nous entrons, nous aussi, dans certaines nuances d'exil. C'est-à-dire que nous allons être un tout petit peu perdus pendant quatre semaines.
Puisqu'il y a Chemot, Vaera, Bo et Beshalla'h, ne soyez pas étonnés si, pendant ces trois prochaines semaines, vous vous trouvez dans une situation de doute, de perte de repères, si les choses ne sont plus aussi claires qu'avant. Cela fait partie de cette lecture. Pourquoi ? Parce qu'au moment où l'on lit un passage de la Torah, ce passage sort en réalité du texte et devient une partie de la vie.
Donc, ne vous effrayez pas, n'ayez pas peur. Pendant ces trois semaines, il y a en fait une certaine chute, une certaine descente, un certain enfermement. Mais c'est un enfermement qui va vous permettre de sortir de cette situation avec quelque chose que vous allez gagner. De la même manière que nous sommes sortis d'Égypte avec un gain, vous allez sortir dans trois semaines de cette situation d'angoisse, d'hiver, avec un gain.
Il faut donc découvrir ce gain, il faut profiter de cette descente, entre guillemets, pour voir les étincelles de lumière qui sont cachées. Il est plus facile de voir la lumière lorsque le fond est noir que de la voir lorsqu'il y a du blanc. Cette situation nous permet de descendre dans un certain noir pour comprendre où se cachent des étincelles de nous-mêmes, de lumière, qu'il faut récupérer dans ce noir-là.
Si vous vous trompez, et que ce noir, entre guillemets, vous amène à des angoisses, à des dépressions, Hasbechalom, alors vous avez perdu la possibilité d'utiliser ces moments. Ne gâchez pas ces moments-là. Prenez soin de comprendre ce que l'on est en train de dire ici: si vous sentez cette fermeture en vous, c'est pour vous permettre de voir et de décoder, pendant cette période, des choses que vous ne pouvez pas faire en dehors d'elle. Profitez-en.
Est-ce que ce que je suis en train de vous dire est clair ? C'est-à-dire que l'histoire de la Torah, vous la transformez: elle devient une histoire de votre propre vie.
— C'est pas mal pour toi, c'est justement ce que j'essaie de te faire comprendre. Ce qui semble t'enfermer, en réalité on t'amène à une certaine situation, parce que dans cette pièce en question, il se trouve quelque chose que tu as raté dans ta vie, que tu as perdu dans ta vie. C'est comme si je t'enfermais dans cette classe pendant deux jours, et que toi tu te disais: on m'a puni. Mais ce n'est pas vrai. C'est parce que dans cette classe se trouve un livre que tu devrais ouvrir un jour dans ta vie.
Et sans t'avoir enfermé pendant deux jours dans cette pièce, tu n'aurais jamais vu ce livre. Donc je t'ai permis, en t'enfermant ici, de faire le tour, parce qu'à un moment donné tu vas commencer à tourner en rond, parce que tu ne sais pas ce qui se passe, et tu vas commencer à ouvrir le livre et à étudier. Tu vas tomber sur quelque chose, et quand tu seras vieux, tu raconteras qu'un jour tu étais enfermé pendant deux jours dans une classe, mais qu'en réalité cela t'a permis de découvrir un livre qui était la clé de toute ta vie. Tu comprends ce que je suis en train de te dire ?
Donc ne prends pas le côté négatif de la chose. Prends la possibilité qui t'est offerte de découvrir quelque chose que tu ne connais pas encore.
— Quoi ?
Nakhon. Nakhon. C'est vrai ça ? Pas deux fois: dix mille fois, même beaucoup plus. À chaque instant de la journée, il y a un ange qui correspond à l'heure où je suis en train de te parler. Il y a donc une différence de temps, et à chaque instant qui passe, un autre ange vient remplacer celui d'avant. Tu as donc des possibilités de changement infinies, à l'infini, et cela se subdivise sans arrêt.
Donc même quand tu montes à la Torah, par exemple, lors d'une montée privée, comme celle que tu as faite shabbat dernier, quand tu es monté en tant que shlia'hi, la lecture qu'on a lue pour toi est en réalité une lecture dont tu dois savoir décoder, dans l'ensemble du passage, ce qui correspond à ta vie maintenant. D'accord ? C'est sans arrêt, sans arrêt des subdivisions.
— Quelle ?
Exactement. La racine de Pessa'h, c'est dans quatre semaines. Tu as tout compris. Pourquoi ? Dans quatre semaines, c'est quel mois ? Nissan. Et si dans quatre semaines on est déjà dans le mois de Nissan, que se passe-t-il dans le mois de Nissan ? Nissan. Donc, la libération de quoi ? De la nature, de la sainteté qui était cachée dans la nature. Cela correspond à la sortie d'Égypte ?
— Bien sûr.
Donc tu as tout compris. Tu vois que tout est lié. Ce n'est pas un hasard.
— Mais c'est vrai. Tout à fait. Avec n'importe quoi.
Mais il y a une seule différence: tous les livres que tu viens de me citer sont des écrits humains, alors que la Torah est un écrit divin. C'est une prophétie. Et là, cela change complètement les choses. Si tu prends tes exemples de vie chez des auteurs de livres, c'est un autre niveau, quand même. Ce n'est pas du tout cela. Moi, je te parle d'une prophétie divine.
D'accord ? Ok. Il y a une question ? Ok, alors on continue.
On commence. Mitzrayim. La notion, écoutez bien maintenant: on ne parle plus seulement d'un pays. C'est une notion. Mitzrayim, meshakefet... L'Égypte, c'est comme si l'on parlait d'une notion qui est l'antithèse de toutes les valeurs de l'Infini, béni soit-Il. C'est-à-dire que si l'on demandait quel est l'inverse de Hakadosh Baroukh Hou, la réponse serait l'Égypte, si l'on peut s'exprimer ainsi. C'est l'antithèse de toute la sainteté.
Donc, chaque fois qu'on vous parle d'Égypte, n'entendez pas seulement un lieu géographique qui s'appelle l'Égypte. C'est aussi une descente dans un niveau de conscience qui est l'antithèse de Hakadosh Baroukh Hou. Hi kivyachola metzihouta afuha labore. C'est donc une existence inverse au Créateur.
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