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Le judaïsme social et les takanot des Hachamim

Comment les Hachamim légifèrent contre les abus de la vie sociale, selon le Rambam et le Talmud.

40 min

Rav David Zenou

Ensuite : Qu'est-ce que la émouna ? Le sens de Amen, 45 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour. Ce qu'on va essayer d'étudier aujourd'hui, ce serait peut-être une série, de parler d'un thème qui s'appelle le judaïsme social. Qu'est-ce que le judaïsme social, et en quoi le mot « social » et le mot « judaïsme » ont-ils un lien entre eux ? Pour commencer, nous allons voir le Rambam, Rav Moshé ben Maïmon, un texte que vous n'avez pas, un texte que je vais lire.

Il nous parle de toutes les takanot, de toutes les manières de former la halakha. Le Rambam, dans son livre d'introduction à la Michna, écrit cinq sortes de halakhot. Première sorte: les halakhot qui sont reçues depuis Moshé, depuis le Har Sinaï, et qui sont aussi inscrites dans la Torah. Autrement dit, on les connaît de Moshé Rabbénou, du Har Sinaï. Et on les connaît aussi de la Torah, parce qu'on a les treize manières d'enseigner, d'étudier la Torah. Donc on a deux points d'appui, deux manières d'écouter.

Deuxième point, deuxième sorte de halakhot. Ce sont les halakhot qui sont reçues de Moshé, que Moshé et Yehochoua, Yehochoua a reçues, ces lois, mais qui ne sont inscrites nulle part dans la Torah. Autrement dit, si un jour on n'avait pas la connaissance de cette loi, on ne pourrait pas la retrouver à l'intérieur de la Torah par les treize manières d'étudier la Torah.

La troisième sorte, ce sont les halakhot que Moshé n'a pas reçues au Har Sinaï, mais que la Torah contient en elle. Autrement dit, on peut s'asseoir, étudier la Torah, utiliser les manières d'étudier qu'on trouve dans le Talmud, les treize manières d'étudier, et on retrouve ces halakhot. Le point commun entre les halakhot n°1, n°2 et n°3, c'est que ces trois sortes sont de la Torah. La force vient de la Torah. C'est là qu'on va aller de ce côté-là. Ce qui nous intéresse, c'est plutôt les halakhot n°4 et n°5, qu'on va essayer de voir un petit peu maintenant.

La quatrième sorte de halakha, de loi, ce sont les lois qui s'appellent siyag, autrement dit les barrières. Les hachamim ont décidé de faire une barrière autour d'une halakha. Par exemple, le Rambam lui-même nous rapporte qu'il est interdit de cuire la brebis dans le lait de sa mère. Simplement, cet animal-là dans le lait de sa mère: les hachamim nous apprennent qu'en fait il s'agit de tout animal, bovin, dans le lait, qui est kasher. Mais viennent les hachamim et ajoutent…

Pas seulement le bovin, mais aussi, évidemment, les animaux sauvages de la Torah. Les hachamim disent: il y a aussi la volaille. La volaille, il est interdit de la manger dans le lait. C'est une contradiction des rabbanim, des hachamim. Les hachamim viennent et disent: de peur qu'on… si on dit que la volaille est permise, alors les gens vont dire: ça aussi c'est permis, ça aussi c'est permis, et donc on va commencer à permettre beaucoup de choses. Donc les hachamim, lorsqu'ils viennent, disent: il est interdit aussi de consommer la volaille dans le lait. C'est ce qu'on appelle les barrières, les ezeroth.

La cinquième sorte de halakha, celle-ci est écrite dans le texte: Dinim she-ne'asu le-asdarat ha-inyanim she-bein bnei adam, davar she-ein bo osafa ve-gir'on, o be-inyanim she-ein mipnei tikkun ha-olam ve-inyan ha-dat. Takanot u-minhagim. Autrement dit, il s'agit de lois qui sont décrétées, qui sont réglementées, mais qui n'ont pas été inscrites dans la Torah. Ce n'est pas un ajout à une interdiction qu'on vient rajouter au-dessus. On vient tout d'un coup rajouter un sujet qui n'a aucun rapport.

Par exemple, les hachamim, nos sages, viennent et disent que la manière de faire des affaires sera de telle manière. Les prix, les salaires seront tels et tels. Le prix du vin sera comme ça. Le prix de l'ulav sera à ce prix-là. Quand on se mariera, on devra faire comme ceci et comme cela. Des choses qui ne sont pas marquées dans la Torah, des choses que le Talmud non plus n'a pas toujours dites. Autrement dit, ce n'est pas appris d'après la Torah. Ce n'est pas un traité rabbinique. C'est un ajout, c'est un décret rabbinique qui vient en plus, une mesure qui vient en général préventive pour un problème qui se trouve dans la société où l'on se trouve. Il y a un problème là-bas, et donc on essaie de trouver une solution à ce problème.

Et c'est ce point-là qui nous intéresse le plus. C'est ça, le côté social. Pour que les rabbanim soient capables de venir et de fixer le prix du vin, par exemple, ou de fixer que, quand on se marie, il ne faut pas faire un prix trop élevé, trop grandiose, etc., avoir une vie sociale correcte, on ne peut pas se permettre, par exemple, de louer un appartement à quelqu'un et de le sortir au milieu de l'hiver.

Donc il y a des règlements qui ont été écrits. Il faut que les hachamim, les sages, aient les yeux tournés vers l'extérieur. Il faut qu'ils sachent ce qui se passe. On ne peut pas le dire autrement. Donc on voit qu'il y a un intérêt énorme pour les rabbanins, qui représentent la Torah, à être ici, sur place, et à voir dans leur communauté, on parle ici encore à un niveau qui est petit, dans leur petite communauté ou dans la ville, quels sont les problèmes qu'il peut y avoir au niveau social, et à arriver à trouver une solution. C'est un peu le point où on veut arriver.

Le but, ce qu'on voudrait faire, pas aujourd'hui, parce qu'on va d'abord voir un peu les sources, c'est essayer de comprendre plusieurs règlements qui ont été écrits par des rabbins, et de comprendre ce qu'ils avaient derrière la tête, comment ils ont compris ce qui se passait dans la société. Et par rapport à ça, essayer de faire une comparaison avec ce qui se passe en Israël, essayer de voir ce qu'il y a en Israël. Le fait que, par exemple, il y ait des pauvres en Israël.

Est-ce que la manière dont le Memshala, le gouvernement, règle le problème est une manière qui, aux yeux du judaïsme, est une bonne manière ? D'après ce qu'on dit, il est clair que les rabbins doivent venir et donner leur opinion là-dessus, etc. On peut trouver beaucoup de choses, par rapport à l'armée, par rapport à dix mille sujets de la vie sociale. C'est un peu ce qu'on va essayer de faire par la suite. Regardez la première source: le Rambam nous dit…

Puisque, pour l'instant, on est en train de dire que les rabbins doivent parler, mais qui est la source du fait qu'ils ont le droit de parler, qu'ils ont le droit de dire ce qu'ils pensent ? Regardez ce que dit le Rambam. Nous allons le lire, vous allez voir. Donc ici, nous dit le Rambam: tout celui qui ne suit pas l'ordre et la loi de nos sages transgresse une loi négative, une des mitsvot négatives, comme il est écrit: *tu agiras selon l'instruction qu'ils te donneront et le jugement qu'ils t'annonceront, et tu ne t'écarteras ni à droite ni …

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