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La prière ne fait pas plier la volonté de Dieu

Pourquoi la louange précède la demande, et pourquoi Dieu ne se laisse pas fléchir par nos supplications.

45 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Rava et Rav Amnouna : le temps de la prière face au temps de l'étude, 57 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est bon, on y va. On reprend. Donc on est dans le deuxième paragraphe.

Deuxième chapitre, qui s'appelle Hadrachat HaTzidav HaKhalakya, deuxième paragraphe. Beit. « Darash Rabbi Shamlaï: Leur-là misader adam shi proche haHakadosh Baroukh Hou bachakarit palen. » Donc Rabbi Shamlaï nous enseigne que, de manière générale, il faut d'abord dire les louanges à HaKadosh Baroukh Hou, et seulement après commencer à prier. Minalan, d'où on a appris cela ? De Moché, Moshar Ben. Comme il est dit dans le verset:

« Va'etchanan el Hachem ba'et hahi, lemor: Adonai Elohim, atah hahilota et avdekha... » « Ukti v'atre, eybana, v'ere, eta'are, tatova. » Donc Moshe Rabbeinu veut supplier Dieu de lui permettre de rentrer en Erets Israël. Mais il ne va pas directement dans le vif du sujet. Il commence par une introduction de louanges: « Oh, toi, grand Dieu, tu as fait tout ceci, tout cela, etc. » Et ce n'est qu'après qu'il Lui dit: « Permets-moi de traverser le Jourdain et de rentrer en Erets Israël. »

Donc on voit bien que même Moshe Rabbeinu, avant d'arriver au vif du sujet, de demander ce dont il a besoin, rentrer en Erets Israël, fait une introduction de louanges. Pourquoi ? Alors il explique. « Tser shatefila »: regardez dans le texte. « Tser shatefila tiei nekiya mikol raayon chetchinou iratzon vitparlut biho kachem vitbarach ». Il faut que la prière soit propre de toute pensée qu'il y aurait une possibilité

de changer la volonté de Dieu et qu'Il soit influencé. On en a déjà parlé la fois précédente: c'est un blasphème de croire que Dieu peut succomber à nos supplications. D'accord ? On pourrait penser, à priori: « Dieu a décidé que mon fils est malade, mais j'ai tellement pleuré, imploré et supplié qu'Il ne peut plus supporter mes supplications. Il succombe à mes supplications et finalement Il envoie la guérison. »

Penser une telle pensée envers Dieu est une hérésie et un blasphème. Cela veut dire donner à Dieu des caractères de faiblesse humaine. Car si Dieu a décidé quelque chose d'une certaine manière, c'est qu'il est très bien ce qu'Il fait, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Donc ce n'est pas parce que tu vas Lui faire de la pression qu'Il va changer d'avis.

On avait donné l'exemple du juge qui a prononcé comme sentence, à quelqu'un qui aurait roulé à 200 à l'heure et écrasé un petit enfant, vingt ans de prison. Et le lendemain, sa femme se ramène avec douze gosses et commence à pleurer: « Que va-t-il advenir de moi ? » Et les enfants pleurent, etc. Il ne peut plus supporter la pression. Il annule la sentence. Évidemment, ce n'est pas une grandeur d'âme, c'est une faiblesse de caractère. Je peux fermer les fenêtres, qu'on ait un peu moins de bruit ?

Parce que cette soi-disant miséricorde envers lui entraîne qu'il y aura cette année encore 500 personnes qui vont être tuées sur la route. Parce que les gens vont dire: « Toi, c'est pas tellement grave. Au pire des cas, si je me fais attraper par la police, j'arriverai devant le juge, quelques larmes de crocodile, et on s'en sortira. » Et donc on continue à rouler à 200 à l'heure, ce qui va entraîner encore 500 morts sur les routes. Donc l'annulation de la sentence n'est pas une grandeur d'âme, c'est une faiblesse de caractère.

Donc si on comprend cela envers un homme, à plus forte raison envers Dieu. Il faut nettoyer totalement notre pensée, notre conscience, de la croyance que Dieu est influençable par les pressions qu'on fait sur Lui. OK ? La sentence... Cela veut dire ? « Mâchéou, déra kosevet bi-yachaselout ». C'est-à-dire: cette pensée de croire que Dieu peut être influençable et succomber à nos supplications.

Et plus encore, elle amène à une corruption de l'ordre... dans l'humanité. Parce que l'homme fait tout pour se rapprocher de Dieu, pour ressembler à Dieu, pour s'élever à la grandeur divine. C'est comme ça que c'est notre exemple, celui qu'on imite et qu'on essaie

de s'élever à Sa grandeur. Donc si, à nos yeux, Dieu Lui-même est influençable et succombe aux pressions, on ne va pas être plus royaliste que le roi, ni plus déiste que Dieu. Donc nous aussi, on va forger notre personnalité de la même manière. On arrivera dans une société dans laquelle il n'y aura plus de vérité absolue: en fonction des pressions, les gens vont dévier de leurs décisions. Et pas seulement les individus,

à plus forte raison les gouverneurs, les présidents, etc. Donc dès qu'il y a certaines pressions, des manifestations, des pressions des pays environnants, etc., tous les gouverneurs changeront de cap, et ça va esquinter totalement la société humaine. Donc cette manière de croire que Dieu est influençable est catastrophique. « Lou Matze ».

Alors, d'un autre côté, tu peux dire: si Dieu n'est pas influençable, à quoi bon prier ? S'il a décidé que le petit soit malade, eh bien il restera malade, donc je perds mon temps à prier. Non. Parallèlement à cela, il faut être certain de la valeur de la prière, et de l'assurance, de la certitude de son effectivité, évidemment quand toutes les conditions sont remplies.

Cela veut dire que toute prière a, sans aucun doute, une influence sur l'existence et change l'existence. Parce qu'il reste à savoir comment ça marche. Ce n'est pas en changeant la divinité, on l'a déjà expliqué la fois précédente, c'est en me changeant moi-même. Je répète ce que j'ai dit la fois précédente: Dieu envoie de manière constante un flux de bra'ha, que ce soit de guérison ou peu importe. Ce flux arrive jusqu'à moi. Si moi je m'ouvre, ce flux me traverse

et après il en monte. Si je suis fermé, j'obstrue le tuyau et le flux ne passe pas. Donc la guérison n'arrivera pas. Qu'est-ce que ça veut dire, m'ouvrir ? C'est élever ma volonté à la volonté divine, vouloir véritablement ce que Dieu veut. Dieu veut toujours la guérison. Tu diras: « Eh bien moi aussi je veux toujours la guérison. » Reste à savoir quelle est l'intensité de ta volonté.

Je vais donner l'exemple de la fois précédente. Supposons que Dieu envoie un flux de guérison dans un tuyau qui a un diamètre de dix kilomètres, et que ton tuyau à toi fasse un demi-millimètre. Qui fixera l'intensité ? C'est toi. Donc le fait qu'il y ait peu de brahot dans ce monde, c'est à cause de toi, parce que tu ne le veux pas véritablement. Donc quand tu pries, tu intensifies ta volonté, pour qu'elle soit de plus en plus ressemblante à celle de Dieu. Mais en aucun cas il ne faut croire que c'est Lui qui change suite aux pressions que je fais sur Lui. D'accord ?

Et, outre l'action de la tefila, qui est d'accéder à notre demande — c'est-à-dire que si l'on demande que Dieu apporte la guérison, finalement la guérison devrait arriver — c'est un premier but de la tefila.

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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».

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