Orot Hatechouva : la crainte de la faute involontaire
Le Rav Kook montre que l'homme porte en lui une crainte naturelle de la faute, et comment la Torah en libère le potentiel.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le péché de la terre et le tikkun du monde, 51 min
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— Vous voyez, enfin, avec certains d'entre vous, on n'y est pas, sur le guimel de la page Mem Zahayim. On va essayer de rentrer dans ce texte-là. Youssef, tu as l'impression qu'on n'est pas entré dans le guimel ? Alors, si tu veux, Israq, tu vas prendre ça. Tu démarres sur « Yerachret ». C'est la page Mem Zahayim, Perek Vav, on prend le paragraphe guimel. Lis très fort, Israq, beaucoup plus fort que d'habitude. « Yerachret, à Tibi ».
Im nisdamen chalila leyadou ezeh dvar avera ve'arvon. Etzidamen chalila leyadou ezeh dvar avera ve'arvon…
Ce texte, en deux mots, le Rav dit qu'avec l'évolution des choses à l'intérieur d'Israël, on arrivera à une dimension dans laquelle on va revivre ce qui était parfois vécu déjà en Israël: cette conscience très profonde de l'interaction qu'il y a entre la relation au divin et tout ce qui se passe dans la vie. Quand on pense, par exemple, à la façon dont un roi comme David a mis en marche son royaume,
c'est évident que chez lui, l'insertion de la dimension spirituelle, morale et tout ça, est essentielle dans son royaume, dans sa vie. C'est la même chose, c'est sûr, au niveau de Shlomo. Et les rois justes d'Israël s'étaient vécus très fort à ce niveau-là. Mais pendant nos deux mille ans de galout, on a rencontré des façons de vivre qui étaient très éloignées de cette conception-là.
La plupart des goyim dans lesquels on a vécu, il y a toujours l'empreinte qui est restée de certaines religions bibliques. Il est sûr que la relation que l'on a pu avoir avec la chrétienté et avec l'islam avait sa logique propre, qui tirait d'une certaine façon avec…
La tossefet faite de mensonges, de hivout, qui permet de prétendre que le peuple d'Israël n'est plus le peuple élu, ou des choses comme ça. Maintenant, ils sont drôlement coincés. Ils ne savent plus quoi faire. Si on commence maintenant à faire, par exemple, une analyse de toute une série de sermons qui ont pu être faits pendant les centaines d'années où Am Yisraël était dans la galout,
ou si on rentre dans l'analyse des sourates du Coran dans lesquelles Mahomet raconte tout ce qu'il raconte sur Bné Israël et tout ça, on se rend compte que ça tombe, hein. Ça ne peut plus tenir devant la réalité. Et, par contre, par rapport à nous-mêmes, ça insiste de plus en plus sur le sens de l'authenticité, de l'espoir de nos ancêtres,
sur le retour d'Israël sur sa terre, et sur le fait que tout le monde se retrouve à Makhon Meir en train d'étudier la Torah. J'espère que les sont d'accord avec moi. De toute façon, comme je disais, faites attention à ce que vous dites.
Reprenons le texte. Yirat HaChet HaTivit. Vous voyez, on en a souvent parlé, mais la notion de het, c'est la faute involontaire. Mais pourquoi y a-t-il une faute involontaire ? Pourquoi fait-on une faute ? Première raison: le manque de connaissance. Deuxième raison: le manque d'attention, la faute par mégarde. Ce n'est pas une question de manque de connaissance: on connaît, mais on fait la faute par mégarde.
Quelqu'un se lève parfois après un bon sommeil, un Chabbat, et il allume sa lumière. Il a oublié que c'est Chabbat, par exemple. Mais le het, c'est quelque chose d'involontaire. Cette crainte devant la faute, ce désir de ne pas tomber dans la faute, c'est quelque chose de naturel à l'homme. C'est la yirat ha-het ha-tivit. Et le Rav la place au niveau de l'être humain.
L'être humain, déjà parce que c'est un homme fait à l'image de Dieu et lié à la volonté divine, porte déjà en lui, pas uniquement en Israël, ce qu'il appelle « yatva ha-inoushi »: c'est la nature humaine. Un homme qui réagit comme ça est sain, c'est quelqu'un qui a un équilibre d'esprit. C'est en relation avec la moussar kelali, la morale générale, et ses critères.
Il n'est pas évident que ces critères de la morale générale soient identiques
entre quelqu'un qui est né à Tokyo, quelqu'un qui est né en Arabie saoudite, ou quelqu'un qui est né au fond de la Patagonie. Il est sûr que les kelalim de la moussar kelali sont plus ou moins différents d'une culture à l'autre, mais celui dans lequel il a grandi lui donne une certaine dimension de morale. Il n'existe pas d'humanité qui ne soit pas accompagnée de sa morale.
La Grèce antique avait ses critères de morale, et même la Rome antique avait ses lois, elle aussi. Il y a eu des gens qui faisaient des bêtises. Mais cette crainte est générale, elle est commune au monde entier. Quand on passe à Erets Israël et à la teva
…Am Israël, c'est la nature d'Israël, spécifique à Israël. C'est-à-dire, pour le het et l'avon, il ne s'agit pas simplement de la morale générale, mais quand on considère les critères de la Torah, de la mitsva, du Mouchar, de la tradition de Yaakov.
C'est-à-dire la relation avec les critères de morale qui ont été transmis de génération en génération dans notre tradition juive. Vous comprenez, ça va ? Nous sommes tous d'accord que, quand on ne comprend pas, on pose des questions. Vous comprenez ?
— Pardon, comment ça se passe ?
— Vas-y, pose ta question.
Le het et l'avon selon la Torah. Yirat ha-het existe aussi, mais le kol het ve-avon… C'est-à-dire que le monde de l'avon est quand même un monde dans lequel la personne qui y entre n'est pas un monstre. C'est quelqu'un qui, finalement, a été pris par des tentations.
L'avon, c'est quelqu'un qui fait une faute parce qu'il y a une tentation. Regarder là où il ne faut pas, c'est déjà une faute. Mais, comme je vous le disais la dernière fois, elles sont quand même tellement belles que c'est difficile. Que Dieu garde la terre d'Israël. Il faut faire attention. Et ça, c'est l'avon. Ce n'est pas quelqu'un qui fait une faute au hasard; quelquefois il se laisse porter.
Il se laisse porter. Dieu le porte là où il ne faut pas, parce qu'il est tenté. Ce n'est pas un het, ce n'est pas une mégarde. Ce n'est pas quelqu'un qui a fait ça sans le vouloir. C'est quelqu'un qui l'a fait parce qu'il a été… Mais cela fait aussi partie de l'espoir de ne pas tomber là-dedans. Yirat ha-het, c'est la yirat ha-het israélite, Am Yehoudi beyah ve-kol het ve-avon,
en relation avec la halakha et l'éventualité d'un avon même. J'espère que je n'ai pas fait ça. C'est la Torah et une mitsva. On essaie, par exemple, de ne pas se retrouver dans des contextes où l'on risque de se casser la figure. Quand ce sont des critères d'Israël, par exemple, je vais essayer de ne pas entrer dans un contexte où je préparais mon sandwich kacher avant d'aller me promener quelque part, dans un endroit …
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