Le divin qui descend vers l'homme, selon Rav Kook
Pourquoi la tefila n'est pas une montée vers Dieu, et ce que le Beit Hamikdash rend présent dans le monde.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : Purification morale et volonté selon Rav Kook, 50 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Donc on a étudié la pisqa Dalet la semaine précédente, là on rentre dans la pisqa. Alors, la tefila. Paragraphe E, la première page, c'est bon ?
On va déjà traduire, sinon on va partir à la dérive.
Alors, traduisons déjà. La tefila: approfondir en nous le sentiment suprême de la sainteté. Qui est ce sentiment ? Non, la sainteté. Atam Tzit, le concentré, Shetz Vigat, Or Hayor L'Avim, Shevinish Natenu. De l'intégralisation, de la lumière, de la vie de tous les mondes, qui est
Maintenant c'est clair. Vous avez compris quelque chose ? Walou, comme on dit. Qu'est-ce que ça veut dire tout ça ? Eh bien,
L'âme, comme on l'a dit à plusieurs reprises, ce qui l'intéresse, ce n'est ni manger des tartines de pain avec du beurre, ni gambader sur les collines, ni faire plongeon à la piscine. Elle n'a rien contre, mais ce n'est pas ce qui la satisfait. De manière générale, tous les plaisirs de ce monde-ci, elle n'en a que faire. Si elle fait ni chaud ni froid, ce n'est pas ça ce qui la satisfait.
Et ce qui l'intéresse, c'est la proximité de Dieu. La proximité de Dieu, c'est un grand mot qui comprend en lui énormément de choses. Qu'est-ce que ça veut dire, la proximité de Dieu ? Surtout pas s'élever vers les cieux. Cela vient nous enseigner que Dieu ne nous a pas créés pour qu'on se déconnecte de ce monde et qu'on se volatilise dans la stratosphère. La proximité de Dieu, qu'on appelle chez les Goyim la communion.
Quelqu'un qui pense que la communion, c'est être sur la colline, les cheveux au vent, et rentrer en extase, ce n'est pas de ça qu'il s'agit chez nous. Devekout, c'est faire en sorte que le divin apparaisse dans ma personnalité. Et comment comprendre ça ? Eh bien, le divin arrive jusqu'à moi. D'ailleurs, le lien est toujours de haut en bas. Jamais de bas en haut. Toute direction de bas en haut
est automatiquement vouée à l'idolâtrie. Bien qu'on ait tendance à le dire, « je m'élève vers les cieux, je m'élève vers la spiritualité, je m'élève vers Dieu », tout cela ne sont que des mots qui ne veulent rien dire. On ne se lève nulle part, et on ne va surtout pas vers Dieu. Parce que pour aller vers Dieu, pour commencer à prendre direction, il faut d'abord et avant tout déterminer l'objectif. D'accord ? Supposons que tu sois au Lech Hadash et que tu ne connaisses pas la carte d'Israël.
Alors je te dis: demain tu vas à l'oud. Mais je veux bien, c'est où, l'oud ? Tu peux me décrire sur la carte où ça se trouve ? C'est quoi ? Tu peux me définir exactement l'objectif, pour que je puisse prendre direction vers le sud, le nord, l'est ou l'ouest ? Tu ne peux pas commencer à te mettre en mouvement avant de déterminer l'objectif. De même, si je te dis « va vers Dieu », la question qui se pose tout de suite, c'est: c'est quoi, Dieu ? Peux-tu me déterminer ce que c'est, Dieu, pour que je puisse prendre direction ?
Vers quoi aller ? Pas de problème. Je prends mon crayon et je commence à déterminer. Déterminer, ça veut dire délimiter. D'accord ? Par exemple, détermine-moi l'ensemble A en maths. Là, je dis: l'ensemble A, ce sont tous les éléments de moins 7 à plus 15. Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas moins 8 et pas plus 16. J'ai délimité. Donc c'est fini. À partir du moment où je délimite le divin, je l'ai rendu fini.
Les arbres d'Avodah Zarah, alors que Dieu est infini. Tout mot, toute description de Dieu ne vient que le finaliser, le définir. Et donc c'est une idole. Je peux dire: voilà, ça, c'est une idole, ça, c'est Dieu, c'est l'idole. Il faut rester en deçà, Avodah Zarah. C'est un objet. Mais ça peut être aussi un objet conceptuel, il n'est pas besoin d'être un objet matériel. Si je dis: la divinité, c'est ceci, cela, cela, cela, j'ai fait la liste de ce qu'est la divinité, et à partir de maintenant
c'est vers cela que je me dirige, que je m'approche, que j'essaie d'être en proximité. Donc c'est une idole, une idole conceptuelle. En aucun cas l'homme ne peut aller vers Dieu. S'il va vers Dieu, c'est une Avodah Zarah. Il faut le laisser faire, deux minutes, chez l'Outama. Le laisser venir vers nous. D'ailleurs, c'est comme ça que tout a commencé. Un beau jour, papa et maman se sont unis, et il y a eu un ovule qui a été fécondé par un spermatozoïde.
Et le divin a atterri dans cet ovule, et c'est comme ça que j'ai commencé à exister. C'est mon âme. Donc le mouvement est de haut en bas. Il vient vers moi. C'est comme ça que j'ai commencé à exister: le divin est apparu en moi, et c'est mon moi, c'est mon âme. Maintenant, ce qui m'incombe, c'est de permettre au maximum à ce divin d'apparaître en moi. Comment je le fais ? C'est très simple.
C'est très très simple à dire. À faire, c'est un peu plus compliqué, mais à dire, c'est très simple. Dieu, c'est vrai qu'il est infini. D'accord ? Mais quand il apparaît dans ce monde, il est fini, il est bien déterminé. Donc il doit apparaître selon des cheminements bien définis. Il a toutes sortes de cheminements. Par exemple, il apparaît dans ce monde dans la mesure de la miséricorde. Imaginons un flux de miséricorde divine qui apparaît dans ce monde. Et où il arrive ? Sur ma tête.
Maintenant, il nous reste à savoir si je vais le laisser me traverser ou pas. Qu'est-ce que ça veut dire, le laisser me traverser ou pas ? Si moi, je suis cruel, qui est l'antagonisme même de la miséricorde, eh bien ce tuyau-là est obstrué, il n'a pas par où passer. Si par contre, moi, je suis Rahoum, je suis moi-même miséricordieux, alors la miséricorde divine peut me traverser et apparaître dans ce monde. Donc tout notre travail, c'est un travail de tuyauterie.
C'est mettre un tuyau devant l'autre. Assé retsono kirtsonékha: fais en sorte que ta volonté soit semblable à la volonté divine, voire identique à la volonté divine. Ratson, qui veut dire volonté, c'est la même lettre que tsinor, qui veut dire tuyau. Tuyau en face de tuyau, et le flux divin apparaît dans ce monde. Il apparaît en toi, et à partir de toi, ça se propage dans le monde.
Et c'est comme ça qu'au fur et à mesure, une par une, nos midot, on les développe. Tous les traits de caractère, on les développe. Et plus on développe des traits de caractère de manière semblable au développement divin, plus il y a de l'être écoute, plus il y a de la divinité en moi, plus je deviens grand, fort, divin, et source d'influence vers tout mon entourage, des êtres ouverts. Ça, c'est un niveau de midot, des traits de caractère. C'est aussi vrai au niveau de mon intelligence, de …
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Ce cours fait aussi partie de la série « La téfila selon le Rav Kook ».
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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