L'homme est libre : les quatre preuves du Rambam
Maimonide appuie la liberté humaine sur la Torah, puis sur les sages et Jérémie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maïmonide : l'homme est-il vraiment libre ?, 48 min
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Nous continuons donc dans le huitième chapitre des Chemonah Perakim. Dans la merveilleuse édition que vous avez devant les yeux, c'est à la page Resh Lamed Reh. Jusqu'à présent, nous avons vu que le Rambam refuse l'opinion des terministes. Une fois qu'il a refusé cette opinion, il faut également qu'il amène des sources en faveur de la liberté, n'est-ce pas ?
Les sources en faveur de la liberté ont plusieurs origines. La première, c'est la Torah. La deuxième, ce sont les prophètes. La troisième, ce sont les rabbins. Ensuite, il va devoir répondre à des objections, aussi bien des objections intellectuelles que des objections tirées des sources, et tout cela en considérant les quatre arguments qu'il a amenés jusqu'à présent. C'est ça ?
On va voir que les quatre arguments que le Rambam a amenés jusqu'à présent apparaissent en toutes lettres dans la Torah elle-même. La vérité qui ne fait aucun doute est que toutes les actions de l'homme dépendent de lui. S'il veut, il les fait; s'il ne veut pas, il ne les fait pas.
Ça, c'était donc un des quatre arguments. Un autre est que s'il y a une mitsva, c'est qu'il y a une possibilité de transgression: s'il y a commandement, il peut y avoir transgression. C'est un signe de la liberté, ainsi qu'il est dit:
Ré'eh natati lefanékha hayom ha'hayim vehatov, haberakha vehaqelala. Ouvahar'ta bahayim. Vois que j'ai mis devant toi, en ce jour, la vie et le bien, la bénédiction et la malédiction, et tu choisiras la vie. Et il nous a laissé la liberté de choisir.
Il y a aussi ce qui entraîne la punition pour celui qui transgresse et la récompense pour celui qui accomplit: « si vous écoutez, si vous n'écoutez pas ». C'est un deuxième argument. S'il y a punition et récompense, c'est également un signe de libre arbitre.
De même, la Torah considère comme positifs l'étude et l'apprentissage. C'était le troisième argument. Parce que s'il n'y a pas de libre arbitre, cela ne sert à rien d'apprendre. Il est dit: vous l'enseignerez à vos enfants, vous l'étudierez et vous l'observerez pour l'accomplir. Et tout ce qui a été amené pour l'étude des mitsvot.
Le quatrième argument, ce sont les préparatifs. Il a considéré comme nécessaires tous les préparatifs. C'était le quatrième argument, comme il est écrit dans la Torah:
« Lorsque tu construiras une maison neuve, tu feras un parapet pour ton toit, et tu n'amèneras pas le sang dans ta maison. » Cela suppose que si tu fais un parapet, il n'y aura pas de sang; si tu n'en fais pas, il y aura du sang. De peur que quelqu'un ne meure à la guerre, il y a des gens qui sont renvoyés du combat afin qu'ils puissent accomplir certaines choses qu'ils risquent de ne pas accomplir. Cela veut donc dire que la Torah suppose que les préparatifs que l'on fait, les précautions que l'on prend, ont un sens.
Bamé yishkav: dans quoi dormira-t-il ? Il s'agit de quelqu'un à qui on a pris un gage, le gage étant sa propre couverture. La Torah dit: si on a pris sa couverture en gage, il faut la lui rendre avant le soir, pour qu'il ait de quoi dormir. Cela suppose que si je ne la lui rends pas, il n'aura pas de quoi se coucher; si je la lui rends, il aura de quoi se coucher. Lo yahavol rekhayim vakhov: on ne prendra pas en gage la meule ni la pierre tournante. Pourquoi ? Parce que si je prends la meule et la pierre tournante, la personne à qui je les aurai prises n'aura pas de quoi faire sa farine.
Oui. Nous avons vu qu'il y avait quatre arguments en faveur de la liberté. Ce qu'on appelle la liberté, c'est l'idée que l'homme est libre dans ses actions. L'homme est libre, la preuve en est que la Torah a dit de faire des préparatifs pour se protéger. Cela veut dire que si je les fais, ça ira bien; si je ne les fais pas, ça ira mal. Donc il n'y a pas de fatalisme, n'est-ce pas ?
Vehárbé batorah ouvanevi'im, mizé ha'inyan: cela revient souvent dans la Torah et chez les prophètes. Ratsoni lomar, hahanot: j'entends par là les précautions. C'est bon ? Bon.
Alors, ça, ce sont des arguments tirés de la Torah. Il n'a pas amené ici un seul verset des prophètes. Il dit que cela apparaît souvent dans la Torah et chez les prophètes, mais les versets qu'il a amenés ne sont que de la Torah. Pour l'instant, il n'a pas amené de verset des prophètes.
Et ce que nous avons trouvé chez nos sages, que la paix repose sur eux, c'est leur parole: Hakol beyad Shamayim, tout est dans les mains du Ciel, ḥouts mi-yirat Shamayim, à l'exception de la crainte du Ciel. C'est-à-dire que les juifs n'ont peur que d'une seule chose, c'est que le Ciel leur tombe sur la tête. C'est la seule chose, n'est-ce pas ? Et donc les hachamim ont dit: tout est dans les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel.
Est-ce que cela va dans le sens du Rambam ou non ? Le Rambam dit: cela va dans mon sens. Parce qu'qu'est-ce qu'on appelle la crainte du Ciel ? La crainte du Ciel, dit le Rambam, ce sont toutes les actions humaines. Vegam ken emet, et tout cela est vrai, venote latsad ma shezikharnou, il incline dans le sens de ce que nous avons exposé. Oui: tout, sauf les actions de l'homme. Alors, qu'est-ce que c'est que le « tout » qui est dans les mains du Ciel ? Le Rambam va devoir l'expliquer.
S'il n'expliquait pas, j'aurais le devoir moral de répondre à ta question. Mais, étant donné que je sais par connaissance préalable que le Rambam va s'expliquer, je juge totalement inutile de répondre à la question pour l'instant. D'accord ? Bon.
Quand on dit « je me marierai avec la personne qui m'est destinée », ou « je serai riche ou pauvre », tout cela dépend du bon Dieu. Ce sont en fait des prises de position musulmanes, qui n'ont rien à voir avec le judaïsme, mais qui sont devenues à la mode et considérées comme un acte de piété: dire que tout dépend d'HaKadosh Baroukh Hou, c'est une belle formule. Nous, nous ne pouvons rien faire, d'accord ? Cela ne dépend pas de nous. C'est en fait une hérésie, ce genre de paroles, bien que ce soit très courant et considéré comme un acte d'émouna. On va voir ce que dit le Rambam à ce propos.
Vous avez dit: tout cela est faux. Pourquoi ? Cet homme a pris cette femme en lui donnant un contrat de mariage, elle est apte, et il l'a prise pour avoir des enfants. Tout cela est une mitsva.
Vehachem yitbarakh lo yitsaveh bahasiata mitsva: or, Dieu béni soit-il, n'impose pas l'accomplissement d'une mitsva. Veim yehiyeh banisouin sour yavera: et si ce mariage comporte une interdiction, c'est donc une transgression. Vehachem lo yitsaveh bahasiata havera: …
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