Bamidbar , l’endroit de l’écoute
Rav Yossef David
Ensuite : Behaalotekha , les secrets de la ménora, 39 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Entrer dans Bamidbar
Parachat Bamidbar. On rentre donc dans la paracha de Bamidbar et dans le livre de Bamidbar. J'aimerais expliquer pourquoi il faut recevoir la Torah dans le désert, pourquoi on parle de Bamidbar, et pourquoi cette situation du désert est importante. Pour cela, je voudrais parler d'un concept que nous avons étudié dans les cours de Tikkoun Hamidot. Vous verrez bien que, quand vous écoutez quelqu'un, vous ne l'écoutez jamais vraiment ce qu'il dit.
## Écouter vraiment
C'est très difficile d'écouter vraiment ce que quelqu'un dit. En général, ce qu'on fait, c'est qu'on écoute ce qu'on a à dire sur la personne qui parle. C'est-à-dire qu'écouter quelqu'un, en général, c'est qu'on a déjà notre avis: c'est ce qu'il dit, donc c'est ce qu'il va dire. Et donc on écoute ce qu'on a à dire sur ce qu'il est en train de dire. C'est une écoute qui n'est pas très bonne, mais généralement c'est comme ça qu'on a réussi à écouter les gens. Je ne sais pas si vous avez remarqué.
Donc ça, c'est une mauvaise écoute. Vous comprenez, c'est un problème. On a appris cela dans un petit cours ou ailleurs: écouter de cette manière-là, ce n'est pas écouter, en fait. C'est s'écouter soi-même. J'écoute ce que la personne me dit, mais en fait je n'écoute pas vraiment. J'écoute ce que j'ai à raconter: « Ouais, c'est vrai, c'est pas vrai, non mais c'est pas vrai, pourquoi il dit ça ? » Donc c'est une voix intérieure, que l'on appelle le lachash dans la Kabbale, le serpent mythique, le serpent du livre de Béréchit. C'est celui qui vient nous dire tout le temps: c'est bien, c'est pas bien, qui vient juger ce qu'on entend.
Cette voix intérieure est tout le temps là, et elle est tout le temps en train de nous dire ce qu'on pense, ce que les gens disent. Et donc c'est très difficile, pour quelqu'un qui ne travaille pas sur ses midot, d'avoir une réelle écoute du regard de l'autre.
## Le désert, lieu du vide
Avoir une écoute de quelqu'un d'autre, c'est être capable d'écouter vraiment ce qu'il dit. Et c'est pour cela qu'on reçoit la Torah dans le désert. Celui qui connaît le désert… Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a déjà été dans le désert ? Dans le Néguev, dans le Sinaï, dehors, sans parler, à regarder le désert pendant une demi-heure, une heure ? Vous avez déjà vu ça ?
Est-ce que vous connaissez cette sensation d'apaisement, quand vous voyez le vide tout autour de vous ? Tout d'un coup, on sent un apaisement, on sent qu'il y a une rencontre directe avec ce qui nous entoure, et non pas avec le bruit auquel on a l'habitude de faire face. Et tout d'un coup, on entend des bruits auxquels on ne fait jamais attention, ou on voit des choses qu'on ne voyait pas. C'est-à-dire que le désert a ses propriétés, le vide, et donc on va pouvoir voir les choses telles qu'elles sont.
Maintenant, recevoir la Torah dans le désert, vous comprenez ce que cela veut dire ? Imaginez qu'on ait reçu la Torah dans n'importe quel pays. On verra que Jérusalem aurait été encore mieux, mais on n'en avait pas le niveau. Imaginez recevoir la Torah dans n'importe quel endroit habité: on sera forcément influencé par l'endroit. On va dire: « Ouais, bon, d'accord, mais ce n'est pas ce qu'on a appris en Égypte, ce n'est pas… Oui, bon, c'est vrai, ça ressemble. » Vous comprenez ?
## L'anava et la réception
Une vraie écoute peut venir quand on est vraiment vide. Celui qui a reçu la Torah pour nous, ce n'est pas l'homme le plus intelligent de la planète, même s'il l'était certainement. Ce n'est pas pour cela qu'il a été choisi: c'est l'homme le plus humble, le plus anav de la planète. Vous voyez, la capacité de recevoir, c'est la capacité d'écouter sans dire: « Ouais, c'est bon, je sais. »
Il est écrit dans Midyat Araya, chez le Rav Kook, que l'anava, la modestie, est une qualité morale qui donne plusieurs qualités, et qui permet par exemple d'améliorer sa mémoire. Est-ce que vous voyez un rapport entre la mémoire et le fait d'être modeste ? Eliott, est-ce que tu vois un rapport entre être modeste et avoir une meilleure mémoire, à ton avis ?
— Je ne sais pas.
Imaginez que vous écoutez quelqu'un, ou que vous voyez quelqu'un, mais que pour vous cette personne n'est pas très importante, ou que ce qu'elle dit n'est pas très important. Vous n'allez pas retenir beaucoup de choses, moins que quelqu'un que vous écoutez avec une grande attention, pour ce qu'il vient de dire ou pour ce que vous êtes en train de lire. C'est très important. Si vous dites déjà: « Ouais, bon, c'est bon, on connaît », vous n'allez rien retenir. Et si vous vous dites: « Ah, écoute, il faut que j'écoute, c'est quelque chose que je ne connais pas forcément », alors cette anava permet de retenir.
L'anava permet aussi de mieux comprendre. Est-ce qu'il y a un rapport entre comprendre et l'anava, à votre avis ? En quoi le fait d'avoir de la modestie va-t-il m'aider à comprendre d'une manière plus claire que si je n'en ai pas ?
— Parce qu'on voit que les choses sont profondes.
Exactement. Je vais vous raconter une histoire. Ce n'est pas lié à des gens qui manquaient d'anava, mais je voulais comprendre leur rapport.
## Honi HaMaagal
Vous connaissez l'histoire de Honi HaMaagal, celui qui a fait un cercle autour de lui et qui a parlé à Hachem ? Je croyais que vous connaissiez ces histoires connues. Michal, tu connais l'histoire ?
— Non.
Il y a une histoire assez connue dans l'histoire des hachamim. Il y avait un hacham qui était un grand tsadik, et sa tefila était écoutée. Un jour, il n'y avait pas eu de pluie pendant très longtemps, tout l'hiver. On lui a demandé de prier. Il est monté sur son toit, il a fait un cercle autour de lui, et il a dit: « Voilà, Hachem, je ne bouge pas de ce cercle tant que tu n'as pas exaucé. Fais tomber la pluie. » Alors il commence à pleuvoir,
un petit peu. Il dit alors une chose qui est très forte: « Pas comme ça, j'ai demandé de la vraie pluie. » Alors il commence à pleuvoir à fond, des torrents et tout ça. Il dit: « Hachem, je sais qu'on n'a pas le droit de demander trop de bracha, quand il y en a trop, mais tu sais qu'en Israël, trop de pluie va détruire la récolte. Alors si on peut avoir une pluie un peu plus normale, c'est mieux. » Et là, la pluie est tombée comme
il fallait.
Le Roch Hachana lui a dit: « Écoute, si ce n'était pas toi qui parlais, je t'aurais fait un nidouï, je t'aurais expulsé, excommunié. On ne parle pas comme ça avec HaKadosh Baroukh Hou. » Mais Honi, comme il était très proche d'Hachem, …
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