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Comment la Thora peut-elle autoriser un père a vendre sa fille? (21/02/12)

15 min

Rav Yossef David

Ensuite : Korah , les secrets d’une rébéllion, 52 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Rappel de la question

Alors, nous avons un sujet que nous n'avons pas traité la dernière fois. Pourquoi la Torah autorise-t-elle un père à vendre sa fille en tant que servante ? Cela peut nous paraître bizarre: toute personne, quand elle a 4 ans, 5 ans, pourquoi pas ? Non, 3 ans ? Oui, mais on a dit qu'on y répondrait maintenant.

Pourquoi la Torah contient-elle une chose pareille ? Il faut savoir que si quelque chose est écrit dans la Torah, c'est que c'est vrai, et non l'inverse: ce n'est pas parce que c'est écrit dans la Torah que cela devient vrai. Nous allons donc expliquer pourquoi c'est possible et pourquoi il est normal que la Torah le permette.

La Torah dit qu'un père peut marier sa fille quand elle est petite. Quand elle est grande, il ne peut plus… Bichal. Une chose que nous avions déjà expliquée: dans la Torah, les parents peuvent marier leurs enfants.

Comme on disait à l'époque, aujourd'hui les gens choisissent leur femme sans l'avis de leurs parents, généralement même contre l'avis de leurs parents. Or la Torah autorise malgré tout les parents à décider. Il faut savoir que le fait de se marier selon notre propre choix ne nous rend pas forcément plus réussis dans nos vies que lorsque ce sont nos parents qui choisissaient. Au niveau statistique, à l'époque où l'on imposait des choses aux gens, ils n'étaient pas forcément moins heureux qu'aujourd'hui.

Cela entre dans les statistiques du divorce, puisque cela peut aussi s'expliquer par toutes sortes de raisons sociales. Mais en général, tout ce qui est couple aujourd'hui ne marche pas très fort dans l'humanité, justement là où les gens se choisissent eux-mêmes. Ok ? Non, ce n'est pas seulement à cause de cela. Disons que les parents, par rapport à l'enfant, aux jeunes qui choisissent leur femme, ont un avantage: ils ne sont pas amoureux. C'est-à-dire qu'ils sont capables de voir si les deux se correspondent, chose que nous, quand nous sommes amoureux, ne sommes pas forcément capables de faire. C'est peut-être le seul avantage qu'ils ont, et parfois cela suffit pour créer quelque chose de plus solide. Mais ce n'est pas le sujet…

— Quoi ? On n'est pas amoureux parce que ?

On est amoureux parce qu'en général on aime quelqu'un parce qu'on l'estime. Et en vérité, la vraie manière d'aimer quelqu'un, c'est parce qu'on le reçoit et qu'on l'accepte.

Quand on aime quelqu'un parce qu'on l'estime, à partir du moment où l'on a cessé de l'estimer… parce que, je ne sais pas, elle avait de beaux yeux, et maintenant ils sont un peu enflés, moins beaux qu'avant; elle avait de beaux cheveux, mais elle s'est coupé les cheveux; il était sympathique, mais maintenant il est un peu fatigué, moins… On ne l'aime plus. Même les valeurs intérieures: par exemple, elle était très très joyeuse, et après la quatrième fausse couche, elle est moins… Je ne sais pas, on peut trouver toutes sortes de choses. Tu comprends ? Non, pourquoi ?

Il faut… Ce que je veux dire, c'est que la vraie manière de concevoir et de construire un amour, ce n'est pas avec de l'estime. L'estime est la manière normale, mais la manière profonde, c'est l'acceptation. Quand tu acceptes quelqu'un, à ce moment-là, n'importe quelle chose que tu vas découvrir sur elle, tu vas l'aimer.

Je vais te donner un exemple que tu connais. Prends un enfant: par exemple, tu as des neveux. Disons un neveu. Tu n'as pas besoin qu'il soit spécial pour que tu l'aimes. Tu l'aimes… Est-ce que c'était grâce à lui ? Alors tu es bien fait encore plus. Et à ce moment-là, tout d'un coup, plus tu vas le connaître, plus tu vas l'aimer.

C'est ce que dit le Mouré Nevouchim: « Kol yidi'a mosifa havana » — toute connaissance, quand tu acceptes quelqu'un, toute connaissance ajoute de l'amour. Tu comprends ce que je veux dire ? C'est complètement différent du schéma de construction de l'amour que l'on a d'habitude: « Ah, je la trouve super belle, je la trouve super intelligente, ah, je l'aime. » Non. Je l'ai choisie, et à partir de ce moment, je l'aime pour tout.

On peut aimer quelqu'un pour des choses opposées. Oublions une femme, prenons quelqu'un, peu importe. On peut l'aimer parce qu'il est timide ou parce qu'il est sûr de lui. On peut l'aimer parce qu'il parle très bien, ou parce qu'il bégaye, qu'il est marrant, qu'il est mignon. On peut aimer des gens pour des choses complètement opposées. Mais à partir du moment où l'on a choisi quelqu'un, où l'on a accepté quelqu'un, plus on le connaît, plus on l'aime. Et donc on revient au modèle que nous avons dit.

Quand les parents choisissent, c'est pour nous. Je ne dis pas que c'est ce qu'il faut faire aujourd'hui, mais je vous explique comment cela marchait et pourquoi aujourd'hui on a autant de mal. Quand on accepte quelqu'un, c'est parce que les gens savaient que leurs parents décidaient pour eux.

Bon, ce n'est pas tout à fait sans choix, parce que la Torah, la halakha, oblige à ce que l'homme voie la femme avant, et qu'il ne soit pas repoussé par elle, et compagnie. Il y a des halakhot qui obligent Ershou à se voir avant, ok ? Donc ce n'est pas aussi absolu que cela. Mais d'une manière générale, on peut comprendre pourquoi la Torah permet ce genre de choses.

Maintenant, nous allons expliquer pourquoi elle permet de marier. Il y a des choses qu'on a beaucoup plus de mal à expliquer aujourd'hui, et c'est pourquoi la Torah permet à un père de vendre sa fille comme servante, ce qui est beaucoup plus violent que de la marier.

Voici la réponse. Premièrement, les Hakhamim n'autorisent pas un père à vendre sa fille s'il a de quoi manger. S'il a de quoi manger pour une journée, pour une semaine, on ne le laisse pas vendre sa fille. On parle de quelqu'un qui n'a rien à manger. Aujourd'hui, il n'a pas à donner à manger à ses enfants ? On parle d'un cas très très pauvre.

Deuxièmement, à qui va-t-il vendre sa fille ? Dans une famille où il y a soit un maître qui peut se marier avec elle, soit le maître en question a un fils qui peut se marier avec elle.

D'abord, dans la Torah, on peut avoir plusieurs femmes. Si vous voulez, c'est un sujet que l'on peut traiter: pourquoi la Torah le permet-elle, et pourquoi le monde occidental, dans son hypocrisie habituelle, ne le permet-il pas ? Le monde occidental dit: « Oui, nous, nous sommes pour la plénitude du couple. » Mais par contre, quelques aventures par-ci par-là, c'est le troisième. Tu vas avoir plusieurs femmes, avec une ketouba, avec des kidouchin, et chacune, tu dois lui payer, lui donner tout, à manger, l'habiller, tout et tout. Après, tu viens voir: « C'est bon, c'est bon, une seule me suffit, finalement, je vais essayer. » — Quoi ? Oui, non, d'accord.

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