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Éretz Israël, les lettres de l'âme et la sainteté

Pourquoi l'âme juive grandit en Erets Israël, et ce qui change à l'aliyah selon le Rav Kook.

37 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : La guerre mondiale et l'espérance du Rav Kook, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Allons-y. Où en étions-nous ? Qui se rappelle ? Nous avons parlé des Otiyot HaKodesh qui composent l'âme d'un Juif, et des Otiyot HaKodesh qui se trouvent dans les mitsvot. Les lettres qui sont dans un Juif, qui le composent, peuvent parfois être dans un état microscopique et latent. Lorsqu'elles rencontrent la sainteté de la mitsva, ces lettres grossissent, s'hypertrophient.

Et cela fait grandir toute la personnalité de cet homme. Chaque fois que l'on se rapproche d'une mitsva, on explose, on grandit, on s'emplit de vie. Ah, ça, c'est ce que j'ai résumé. Maintenant nous sommes à la page Yod-Bet, ligne 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Vous voyez, Be'Erets Israël. Nous avons parlé de ce qui se passe dans la rencontre d'un Juif avec une mitsva.

Eh bien, il se passe exactement la même chose dans la rencontre des Juifs avec Erets Israël. Regardez. Be'Erets Israël, vous avez trouvé ? Mid gadlot otiot shel nishmatenu. C'est le même phénomène. Dès que l'on arrive en Erets Israël, les lettres de notre âme grandissent. Sham marsifot hen nahara: là-bas, en Erets Israël, elles dévoilent toute leur splendeur, toute leur lumière.

Yonkot haïm atzmiyim mizivo haïm shel Knesset Israël: là-bas, en Erets Israël, les lettres qui composent notre essence, notre âme, puisent la vie essentielle, le rayonnement de vie qui provient de Knesset Israël. Qu'est-ce que cela veut dire ? Le Hessed LeAvraham, qui est le grand-père, si je ne me trompe pas, du Hida, nous enseigne que lorsque l'on va dormir la nuit,

notre âme s'élève au ciel, et le matin, elle revient dans notre personnalité. En Erets Israël, la première nuit où tu as fait ton aliyah, c'est comme ça, c'est formel: tu as fait ton aliyah, ton âme est montée au ciel, et voilà qu'au matin tu as reçu une autre âme. Ce n'est plus la même personne. C'est la première fois que l'âme collective de Klal Israël apparaît dans ta personnalité. Jusque-là, tu étais un… un électron perdu dans la stratosphère,

déconnecté de sa centralité. On arrive en Erets Israël, Knesset Israël, l'âme collective du peuple d'Israël, dans toutes ses générations, rayonne dans ta personnalité, et donc tu as changé d'essence, tu n'es plus la même personne. À ce moment-là, tu t'es élevé dans la sainteté. Et ma'alim ba-Kodesh: il y a une Klal: on s'élève dans la Kedoucha, mais on ne redescend jamais. C'est la règle en halakha: par exemple, si tu as pris une nappe de la teva du hazan et que tu as décidé d'en faire un rideau pour l'Aron HaKodesh, tu n'as plus le droit de la redescendre et de la remettre sur la teva.

Ma'alim ba-Kodesh: cette halakha n'est donc pas aléatoire. Elle vient simplement écrire l'existence. Cela veut dire que lorsque quelque chose s'est élevé en sainteté, c'est en lui pour toujours. Cela ne peut plus partir. Donc, à partir du moment où tu as fait ton aliyah, tu appartiens à un nouveau degré de la créature.

Le Rav Bedi Ossam, le tsadik, le Maharal, disait à propos du verset: Notèn neshama la'am ʿalèha, veroua'h lahole'khim bah. Un verset comme ça, qui veut dire: il donne la neshama au peuple qui est sur elle, et roua'h à ceux qui marchent sur elle. De quoi s'agit-il ? Eh bien, des Juifs. Les Juifs qui habitent en elle, en Erets Israël, s'élèvent au niveau de la neshama. La neshama réunit en eux.

Ceux qui n'habitent pas en Erets Israël n'ont pas de neshama. Ceux qui marchent sur elle, c'est-à-dire les touristes qui viennent au mois d'août à Netanya, nos chers amis de France, s'élèvent au niveau du roua'h. Ceux qui n'ont jamais mis les pieds en Erets Israël ne sont qu'au niveau du nefesh. C'est clair ? L'impureté, c'est quelque chose d'opaque qui cache l'existence. Ce n'est pas retiré de l'existence. Ce n'est pas parce qu'il y a impureté qu'il y a moins de Juif:

c'est toujours le même niveau de Juif. Seulement, il faut se purifier. L'impureté n'est pas l'antagoniste de la Kedoucha. C'est l'antagoniste de la Tahara. Tahara, qui veut dire l'ouverture; Touma, c'est la fermeture. Donc, Be'Erets Israël, mid gadlot yotse nishmatenu: s'agrandissent les lettres de notre âme. Sham, là-bas, en Erets Israël; il dit « là-bas » parce qu'on a pris l'habitude, nes gadol ya'akhem, on disait pendant l'exil.

Marsifot et nahara: elles dévoilent toutes leurs lumières, elles puisent de la vie, du rayonnement de la vie de Knesset Israël. Mushpaot et mesod, yetsirata, mamekorit, beder et shara: elles sont influencées par le secret de leur création la plus première, de manière droite, c'est-à-dire sans aucune bavure, sans aucun barrage. Avira de'Erets Israël,

c'est-à-dire l'air même d'Erets Israël: c'est lui qui déclenche ce phénomène de l'agrandissement rafraîchissant des lettres de vie de notre personnalité.

Il amplifie le flux de sainteté. Kol katuv le-haïm bi-Yerouchalaïm: c'est celui qui est écrit pour la vie à Jérusalem. C'est-à-dire qu'à Jérusalem, et d'une manière plus élargie, dans toute Erets Israël, tu es très proche de la source de la vie, et donc tu es renforcé, intensifié au niveau de ta vie. Atsipia lirot baadar Erets Rimda.

Maintenant, il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif ne se trouve pas en Erets Israël, mais il a un profond désir d'y être. Encore une fois, on ne parle pas de quelqu'un qui cherche des prétextes pour ne pas monter; on parle de quelqu'un de très sincère, qui brûle d'envie d'être en Erets Israël, mais il y a un cas de force majeure qui l'empêche de monter. Évidemment, un cas de force majeure, cela ne veut pas dire qu'en Israël il ne gagnera que 5 000 shekels, et qu'en France il en gagnera 20 000. Ça, ce n'est pas une raison. Voilà. Il est cloué au lit, il ne peut pas bouger.

Il y a le coma. Qu'est-ce qui est interdit ? Il n'y a pas de quoi manger, il n'y a pas un grain de blé. C'est permis de sortir provisoirement, d'aller se remplir les poches de blé, comme le faisaient les fils de Yaakov, et de revenir. On les laisserait manger avec appétit. Je ne dis pas de ne pas être dans la misère; je dis de ne pas avoir de quoi manger. Si tu as un pain par jour, simplement suffisant, tu rigoles. Il y a des gens qui n'avaient même pas un pain par jour, sachez-le.

Vous savez que lorsque les étudiants de Merkaz HaRav … cela doit remonter à environ 50 ans. À l'époque d'Europe, il n'y avait pas de restaurant cinq étoiles comme au Mercaz HaRav. Il n'y avait rien. Il n'y avait pas non plus d'internat. Ils devaient se casser la tête tout seuls, louer des chambres aux alentours de la yeshiva, à leurs frais, une pièce comme ça. Et pas de quoi manger. Ils crevaient la dalle, comme on dit, avec ce qu'ils avaient. Ils allaient à Mea Shearim. Il y avait là-bas la soupe populaire, une grande marmite.

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