Préparer le seder de Pessah : repos, vin, matsa
Le repos avant le seder, les quantités de vin et de matsa, le sens du kazaït et l'ordre des questions.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les dix plaies d'Égypte et la libération de la parole, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous. Voici une préparation minimale au seder. Le seder est un événement très important, qui a toutes les chances d'être raté si l'on ne fait pas ce qu'il faut. La chose la plus importante est d'être calme pour le seder, donc d'être préparé à tout. De manière générale, on ne fait pas de terrorisme envers ses parents, et l'on arrange les choses à l'avance.
— La chose la plus importante, en préparation du seder ?
C'est le repos. Pour cela, il faut convaincre maman qu'on arrête tous les préparatifs à deux heures de l'après-midi. À deux heures, tout est fini. On éteint les téléphones, on ferme les rideaux et les volets, et on met sur la porte un écriteau: « Ne sonnez pas, ne frappez pas. Nous dormons. » Dans la mesure où vous avez quelque chose à introduire, introduisez-le en silence, parce qu'il y a toujours des amis qui viennent vous amener un plat: « Voilà, je vous ai apporté ça pour le seder », etc. N'est-ce pas ? Il est donc important que toute la famille, y compris la maîtresse de maison, se repose pendant deux heures. Deux heures de sommeil avant le seder, ça fait un seder canon. Sinon, vous êtes crevés, et c'est dommage, tous les préparatifs. Ça, c'est le premier point.
Deuxièmement, il faut veiller à ce qu'il y ait une quantité suffisante de tous les ingrédients du seder pour toute la soirée. Il faut qu'il y ait assez de vin pour que chacun des convives boive quatre coupes. Les quatre coupes peuvent être du jus de raisin, du vin, ou un mélange.
— Assez de vin sur la table ?
Exactement. Alors, attention: il faut la moitié de la quantité pour la première partie du seder, et la moitié pour la deuxième partie. On dit qu'il y a deux coupes avant le repas et deux coupes après le repas. Ce n'est donc pas la peine de mettre toutes les bouteilles à la fois; il faut simplement qu'il y ait assez pour les deux premières coupes de chaque personne. Maintenant, le vin fait tourner la tête, hein. Le jus de raisin, c'est trop doux. Le mieux, c'est de faire un mélange.
— On va prendre du rosé et du blanc ?
Du blanc aussi. Donc il faut calculer à peu près une bouteille pour quatre personnes. En général, ça suffit largement, même plus. Il faut également des matsot, en quantité suffisante, et évidemment de la matsa chmoura. La matsa chmoura n'est pas indispensable pour toutes les parties du seder, uniquement pour celles qui sont en lien avec la mitsva. Il y a trois moments où l'on mange de la matsa, et sur ces trois moments-là, il faut que la matsa soit chmoura. Pour le reste, on prend d'autres matsot.
Quelle quantité suffisante pour chacun ? Que chacun ait un kazaït à chaque fois, donc trois fois un kazaït. Qu'est-ce que le kazaït ? Tu as déjà vu une olive de 27 grammes ? C'est se moquer du monde. Non, pas du tout: un tiers de matsa carrée suffit largement. Et encore, c'est beaucoup.
Il y a un minhag: le maître de maison, quand il fait le motsi, prend deux kazaït. D'accord ? Mais, étant donné qu'aujourd'hui les gens complètent leur kazaït avec les plaques de matsot qui sont à côté, cela n'a rien à voir.
— Ah, oui ?
Oui, je sais bien. C'est pour ça que je suis là: pour vous calmer. T'as déjà vu une olive de 27 grammes, toi ? C'est n'importe quoi. D'accord ?
Le kazaït, c'est la taille d'une olive. Il y a plusieurs sortes d'olives, mais même une olive gigantesque ne fait pas la taille d'une pastèque. Des olives de la taille d'une pastèque, je n'en ai jamais vu. En tout cas, un tiers de matsa est largement suffisant. Je sais qu'après ce que je vous dis, vous allez consulter des tas de bouquins qui disent le contraire. Mais là, je vous dis la vérité.
Je suis donc venu pour vous calmer, vous dire qu'un tiers de matsa suffit largement en tant que kazaït, surtout que maman a préparé plein de choses, et que ça ne fait pas honneur à son repas quand on dit: « Voilà, maman, je ne peux plus, j'ai pris trop de matsa ». D'accord ? Si j'avais le temps, je ferais un cours entier sur la notion de kazaït et sur la manière dont est née l'absurdité en question. Mais je n'ai pas le temps, donc je vais vous transmettre les informations, voilà. Vous aurez certainement un type avec un très grand chapeau, au CDR, qui vous dira: « Mais non, pas du tout, le Rav Cherki dit n'importe quoi ». Il y en aura toujours, parce qu'il a lu un livre et alors il croit que, comme il a lu un livre, il sait mieux que tout le monde.
Il faut également des maror. Pour le maror, il faut deux fois un kazaït. Quel est le kazaït de maror ? Si vous avez pris deux feuilles de laitue, vous avez votre kazaït à bloc, même plus.
Pour le karpas, ce n'est pas tellement important: vous en prenez autant que vous voulez. Si vous prenez du céleri, c'est de préférence, mais il y a d'autres opinions: certains prennent du radis, du cerfeuil, même de la pomme de terre. Ça dépend des minhagim.
Chez nos frères d'Ashkenaz, il y a une habitude établie de prendre ce qu'on appelle le Khrein, le raifort, la racine de raifort. La racine de raifort est quelque chose qui peut vous mettre par terre si vous prenez un kazaït surtout si vous croyez au gros kazaït. Il vaut donc mieux se fier à la tradition conservée chez nos frères séparés, qui est la laitue, la laitue romaine. Pourquoi Hazeret ? Parce que c'est deux fois. En fait, le mot Hazeret désigne la laitue, dans la Michna. Et de
la laitue, et de la laitue: la première laitue est pour le maror, la deuxième est pour le korekh. Mais cela dépend: il y a différentes manières d'organiser le plateau, selon la Kabbale, selon le Pchad, selon les traditions séparées. Je ne viens remettre en question aucune tradition. Si vous avez une tradition dans la famille, il faut la conserver. Ce que je dis, c'est: si vous voulez faire standard, bien sûr.
On n'a pas le droit d'enlever un minhag. Ça n'existe pas, un minhag mauvais. Non, on n'a pas le droit d'enlever une halakha, parce qu'un minhag, c'est la halakha. Le mot minhag en hébreu, dans le sens de la halakha, je l'entends: c'est un terme de livre de halakha. Le minhag n'est pas simplement une coutume; c'est une manière de trancher dans une discussion de halakha.
Il faut également, bien sûr, l'œuf dur, le zeroa, tout ça, et l'eau salée. Ce sont des choses relativement faciles à préparer. Vous avez aussi un plateau, sur lequel vous placez les matsot, ou sous le plateau selon les minhagim. Il y a donc quelques points très importants à savoir à l'approche du …
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