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L'âme unique et l'homme collectif selon Maïmonide

Maïmonide affirme que l'âme est une, et que l'individu ne se comprend qu'en lien avec le groupe.

56 min

Rav Yehoshoua Zuckerman

Ensuite : Maïmonide et l'unité de l'âme humaine, 54 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous avons déjà fait une certaine préface, non ? On doit parler de l'émouna, d'accord. Donc nous allons parler de l'émouna. Le fait de l'émouna, c'est recevoir la vie et savoir se rapporter à cette vie. Ça, c'est l'émouna: affirmer, certifier le fait que je vis. Cela, c'est l'émouna.

Nous reconnaissons trois niveaux de cette vie. Le premier niveau est celui de l'âme elle-même: la vie elle-même, l'âme. Dans cette vitalité divine qui est en nous, il y a cinq forces. On pourrait dire: l'intellect, le sensible, l'imaginatif, le volitif et le nutritif. Ce sont les cinq forces de l'homme. Il ne s'agit pas de parties séparées dans l'âme, mais de cinq facultés, cinq opérations que l'âme est capable de réaliser dans le cheminement de cette réalisation de la vie.

Lorsque Rambam, dans les Huit Chapitres que nous étudions, va nous amener à réparer les forces de l'âme, à diriger, à équilibrer, on pourrait dire, les vertus de l'âme, il va d'abord nous parler de l'âme elle-même. Ensuite, nous allons aborder ce qui est le sujet principal de ces huit chapitres. Ils constituent la préface à ce qu'il va expliquer dans Pirké Avot, le traité des Pères. Avant de traiter véritablement des midot, des vertus, il parle de l'âme elle-même. Car, en fin de compte, le but de l'homme est de réviser ses vertus et de les équilibrer. Le but même d'équilibrer ces midot, c'est d'arriver à la santé de l'homme.

Je voudrais faire une remarque. Nous ne sommes pas en train de parler de psychologie, de psychanalyse, de psychiatrie. Les hommes de science, quand ils parlent de ce sujet qu'ils appellent psychologie, c'est-à-dire, en grec, l'étude de l'âme, sont très peu précis, car eux-mêmes n'admettent pas qu'il y ait une âme en général. La plupart des psychologues ou psychiatres considèrent qu'il y a des fonctions énergétiques, des fonctions chimiques dans le corps, mais l'âme est, selon eux, déjà une chose qui appartient aux valeurs mystiques. Ils traitent donc de la psychosomatique.

Freud a trouvé, puis ils ont développé cela, et ils le développent encore davantage, que dans le corps il y a des fonctions d'intériorité, comme on dirait l'énergie dans la matière. Si on ne connaît pas cela, on ne peut pas vraiment guérir quelqu'un, si on ne comprend pas l'entité de l'être humain, qui n'est pas seulement corporelle et physique, mais aussi faite de forces, on pourrait dire énergétiques. La relation avec l'énergie, etc.

Rambam, à deux reprises, va faire cette remarque que nous rencontrerons dans ce texte. Lui s'occupe spécifiquement de l'âme: seulement du côté divin qui est en nous, et des lois de cette vie divine, qui va être dirigée par ces vertus dont nous avons parlé. La première chose que Rambam nous enseigne ici est: sachez que l'âme de l'homme est une.

Ce sera le titre développé sous quatre angles différents. La première explication qu'il nous donne s'appelle, en fin de compte, la relation entre le général et le particulier, le klal et le prat. Si vous permettez, pour étudier un peu plus ensemble, il faudra penser un peu ensemble: est-ce que c'est le prat qui fait le klal, l'individu qui fait le groupe, ou bien est-ce que c'est le groupe qui fait l'individu ? Je parle de réalité, je ne parle pas de pensée ou de but, je parle de réalité, de choses concrètes réalisées dans notre vie. Sans individu, il n'y a pas de groupe. Qui est avant qui ? Le prat.

Quelle est la réalité qui crée l'autre, qui fait que l'autre se réalise ? Qu'est-ce que cette réalité ? Comment peux-tu me définir ce groupe qui, d'après toi, n'est pas composé d'individus ? Il n'y a pas d'individus, tu dis, il n'y a qu'un groupe, une collectivité. Qu'est-ce que c'est ? Tu ne m'as pas répondu. Quelle est cette réalité ?

— Pour moi, c'est simple: les individus se regroupent, ils s'assemblent, et ça donne un groupe.

Oui. Mais d'après cela, il n'y a pas de groupe, ça n'existe pas. C'est une pensée, une somme d'individus. La réalité, ce sont les individus. Le groupe, c'est difficile à dire: individu, individu, on ne va pas dire « individu », alors on dit « un groupe ». Donc tu arrives à une certaine notion. Je voudrais prouver par l'absurde que ce que tu dis est impossible.

Tu me dis que les individus vont former un groupe. Je vais prendre un écouteur, un vélo, un chapeau, un homme, et je les mets tous ensemble. Est-ce que j'aurai un groupe ? Non. Tu m'as dit que les individus forment un groupe.

— Parce qu'un vélo, ce n'est pas un individu.

Car ? Un vélo n'est pas un individu. Qu'est-ce qui manque ? Une âme. Quelque chose de commun. C'est cela que tu veux dire ?

Quand nous parlons de la mise en place d'un groupe, nous parlons de quelque chose de commun à ce groupe. Les individus qui se groupent le font parce qu'ils ont quelque chose de commun. Ce n'est pas le contraire: ce n'est pas que, individuellement, ils se mettent ensemble, mais c'est parce qu'il y a ce commun-là qu'ils rassemblent leurs corps. Je pourrais le dire autrement.

Pour le moment, je suis en train de parler à votre commun. Peut-être que je ne suis pas très clair pour lui, alors que toi tu comprends tout de suite, et lui pas du tout. Bon, vous allez poser chacun une question. Mais en général, j'essaie d'arriver un peu à votre niveau. Ce garçon qui est venu, je ne le connais pas, on verra. Est-ce qu'il fait partie du groupe ? Oh non, ça doit être une chose responsable. Mais j'essaie de parler à votre commun. Et si ce commun existe, car vous êtes arrivés à vous unir, peut-être que c'est encore votre début. Vous êtes combien ? Vous vous connaissez depuis combien de temps ?

— Trois semaines.

Trois semaines, d'accord. Alors peut-être que ce commun n'est pas encore vraiment là, vous n'êtes pas encore un groupe, vous êtes des individus disparates, d'accord ? En vérité, quand je parle de réalité, la réalité c'est toujours que le commun est là: le général, la source, est avant le particulier.

Je crois que l'exemple le plus frappant est celui du soleil. Il est clair que ce ne sont pas les rayons du soleil qui font le soleil. C'est là où il y a le soleil qu'il y a la source des rayons. Si je parle des rayons, c'est parce que, dans mon particularisme, c'est ce soleil qui me vient. Mais en vérité, on pourrait dire davantage: il n'y a pas d'individus, il n'y a pas de particulier. J'exagère, pour montrer l'autre côté, et j'y reviendrai après: qu'est-ce qu'un individu ? Mais en vérité, c'est le rayon, c'est le soleil qui rayonne. C'est le soleil ici, c'est le soleil là-bas. Il n'y a pas de rayon en soi. C'est assez clair ? Si j'enlève le soleil au rayon, qu'est-ce qui reste ?

Quand il y a Adam, un homme, Adam va se perpétuer en des milliards d'êtres humains qui sont tous Adam. Le général se …

Cours de Machon Meir

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