Le serment et la parole donnée dans la paracha Matot
Pourquoi la Torah s'adresse aux chefs des tribus pour enseigner les lois des serments et des vœux.
Rav Yossef David
Ensuite : Pourquoi la Torah est vraie : la logique de la morale, 59 min
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Donc, on a deux parachiot cette semaine, Matot et Mass'é, et avec elles on termine le livre de Bamidbar. Donc on va parler de Matot, et maintenant on va parler aussi de Mass'é.
Alors, la paracha de Matot est un peu particulière. Dans toute la Torah, Hachem, le Saint béni soit-Il, parle à Moshé, puis il parle à Aharon, parfois il parle à Moshé et Aharon. Et là, tout d'un coup, il est écrit « parle aux chefs des tribus ». Bon, d'accord.
On s'est dit, peut-être qu'il y a une halakha pour les chefs des tribus. Par exemple, les chefs des tribus doivent bien diriger. Eh bien non. C'est la halakha pour tout le monde, les hommes, les femmes, surtout les femmes, puisque c'est la halakha des nedarim, la halakha des serments. Donc, a priori, tout d'un coup, il y a un rapport: on veut donner de la halakha, on veut s'adresser aux chefs des tribus, et ensuite on leur dit: « Écoutez, on va vous enseigner les lois des serments », et des serments valables et non valables. Donc, a priori, ce n'est pas clair.
Bon, déjà, on va mettre un peu d'ordre. Alors, Rabotai, comme tous les gens qui viennent de France, il faut que vous arrêtiez de jurer. D'accord ? Quand on vient de France, à cause de l'influence arabe, on a l'habitude de dire « ça va avec ta mère, ça va avec ton père, ça va avec la Torah d'Israël ». Après, les Arabes, ils vont apprécier. Il y a des Arabes qui disent maintenant « sur le Coran de La Mecque ». Alors ça, c'est une copie exacte: ils ont fait copier-coller sur la Torah d'Israël. Vraiment, ça, ils m'ont tué. Ça, c'est qui ? Eh bien, eux, c'est en nous. Ah oui, c'est une expression de Foge. Enfin, c'est sur la Torah d'Israël. Et voilà, tout ça, il faut l'oublier.
Dans la Torah, dans le dibour, la parole spirituelle de la sainteté, il est écrit: Lo ya'hel devaro, « Il ne profanera pas sa parole ». S'il ne profane pas, c'est qu'à la base il y a quelque chose qu'on peut profaner, c'est-à-dire qu'il y a une sainteté dedans. Et quand on parle d'un sujet sérieux, est-ce qu'on a besoin d'une autre parole ? Est-ce qu'on a le droit de jurer ? Non, jamais. Moi, je n'ai jamais juré. Je n'avais pas vingt ans, je ne l'ai jamais fait, pas une seule fois. On ne jure pas, non. On n'en a pas le droit.
On a le droit de jurer au Beth Din. Quand le Beth Din t'oblige à jurer, et franchement, on ne le veut même pas dans des situations comme ça. Parce que, quand on jure, il est écrit dans la Torah, dans les Dix Commandements, justement, on va voir: il est écrit dans les Dix Commandements:
« Hachem, le Saint béni soit-Il, ne va pas innocenter [Lo yenakeh] celui qui prononce Son nom en vain. » Il y a Venakeh: Il va pardonner. Il y a Lo yenakeh: il ne va pas innocenter. Il y a des choses qu'Il ne va pas pardonner. Et de quoi parle-t-on là ? C'est celui qui profane, celui qui jure en vain. C'est-à-dire que dans les Dix Commandements, il y a une faute dont on parle, et là il n'y a pas de pardon. Bon, il y a toujours un pardon possible, mais il n'y a pas de pardon tout fait. Ce n'est pas accessible, très accessible. Il est bien qu'il y ait un jugement.
Parce que je t'explique. Il y a plusieurs... D'abord, quand tu veux qu'on te croie, il suffit que tu dises: « Je te jure que c'est vrai. » Moi, je ne dis même pas ça, je vais me faire croire. Non, parce que je t'explique: il y a plusieurs sortes de serments qui sont interdits. On va en faire deux aujourd'hui, dans ce serment. Expliquez-moi. Il y a des chevouot, ce qu'on appelle les serments, quand on jure, et il y a le neder, quand on fait un vœu. Ce sont deux choses différentes dans la Torah, il y a des halakhot qui sont différentes. Mais en général, évitez les deux. Je ne sais pas si vous avez remarqué, les religieux disent tout le temps « Bli neder », d'accord ? Ouais, non, mais quand tu dis Bli neder... Bli neder, c'est-à-dire sans faire de vœux. D'accord. D'accord.
Mais j'ai expliqué la différence. Quand tu t'engages à faire quelque chose, tu t'es engagé, il faut le faire. Mais quand, en plus, tu t'es engagé devant Hachem, alors c'est un peu plus compliqué. Tu comprends ? Et comme notre parole, quand on dit par exemple... Enfin, c'est quelque chose. Alors on s'engage envers Hachem. Et là, on a aussi, ce n'est pas seulement envers les gens, mais en plus, envers Hachem. Et là-bas, il y a un pardon qui n'est pas évident. Donc, faites attention.
Je voudrais faire deux remarques là-dessus. D'abord, comme je vous l'ai dit, dans la civilisation orientale, la parole n'a absolument aucune importance. C'est-à-dire que tu peux jurer sur tout le monde, et mentir en même temps, et revenir, et re-mentir, et re-jurer le contraire, tout va bien. Et la parole, là-bas, ça ne veut rien dire.
C'est vrai que lorsqu'ils ont fait les accords d'Oslo pour donner la terre d'Israël à nos ennemis... Alors, ils ont demandé: bon, on va quand même vérifier. On va faire un accord, on va donner la terre à nos ennemis pour leur faire plaisir, parce qu'on aime bien faire plaisir à nos ennemis. Alors on va vérifier si les Arabes ont l'habitude de respecter les accords ou non. On le demandait à l'époque au plus grand orientaliste d'Israël, le professeur Moshé Sharon, celui qui avait écrit les accords de Camp David. C'est quelqu'un de vous qui comprend un peu le Moyen-Orient, quoi.
On a dit: « Voilà, vérifiez les cinquante derniers accords qui ont été signés dans les pays arabes, entre eux, quoi, pas avec nous, parce qu'avec nous, on peut dire: bon, d'accord. » Il les a vérifiés. Il y en avait cinquante qu'il a vérifiés. Combien en a-t-on gardé ? Zéro. Mais dans tous les domaines, hein: dans le domaine de l'énergie, de l'eau, économique, militaire, zéro. Zéro, zéro. Et pas à zéro: bon, il y en a qui ont été passés à zéro. Pourquoi ? Parce que dans leur culture, et c'est bien parce que c'est leur culture, la parole n'a pas d'importance.
Ce n'est pas un apartheid. C'est ce que tu t'engages, c'est vrai à dire. D'accord ? Et donc, souvent, ceux qui ont vécu au contact de ça, par exemple les Juifs séfarades qui ont vécu au contact du monde arabe, eh bien, ils ont gardé une habitude comme ça, de jurer à tort et à travers. Chez nous, jurer, c'est très grave. On ne jure que devant le Beth Din. C'est très grave de sortir ses mains de sa bouche. Donc il faut faire attention. Éviter de jurer, quoi, éviter. Il faut absolument éviter de jurer.
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