Le mélange de l'arbre de la vie et de la connaissance
Pourquoi Adam ne peut plus manger de l'arbre de la vie après avoir goûté celui de la connaissance.
Rav Oury Cherki
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes dans Béréchit, je crois, n'est-ce pas ? On est dans Béréchit, je crois. Je crois que nous avons vu dans le chapitre Beth, le verset Tetzayn. Oui. Le rapport entre le Perek Alef et le Perek Beth. Qui t'a dit qu'il y a un rapport ? Quelle est la question ?
— Quoi ? Attends, j'entends rien du tout, là. Quoi ? Le septième jour, c'est le temps où l'homme achève son œuvre, achève son être.
J'ai rien compris. Le septième jour, c'est dans quel chapitre ? Non ? Pas du tout. Regarde, tu n'as qu'à voir dans la Torah, tu verras où est le septième jour. Dans les trois premiers versets du Perek Beth. Oui ? Donc il n'y a pas de rapport. Si le Perek Beth est le contraire du Perek Alef, il n'y a pas de rapport. Donc la question n'a pas de sens.
Bon, je reviens ici, donc au verset Tetzayim. Vayetzav Hachem Elohim al ha'adam lemor, mikol etz hagan ochol tochel. L'Éternel Dieu ordonna à l'homme, en ces termes: de tous les arbres du jardin, tu peux manger. Ça veut dire qu'il y a une mitsva de manger de tous les arbres du jardin.
S'il ne le fait pas, il est en état de transgression. D'ailleurs, s'il y a une mitsva que je n'accomplis pas, je suis en état de transgression. Si je l'accomplis, eh bien, c'est bien. Je suis même récompensé pour ça. Et quels sont les arbres du jardin ? On avait vu dans le verset Tetzayim qu'il y en avait trois sortes. Il y a ceux qui étaient beaux à voir et bons à manger, ça, c'est la première sorte. La deuxième sorte, l'arbre de la vie,
qui se trouve être au milieu du jardin, le mot Toch, qui signifie « milieu ». Et la troisième sorte, c'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal. L'homme a le devoir de manger de l'arbre de la connaissance. C'est sa première mitsva. Ça fait partie de sa première mitsva. Jusque-là, vous me suivez ?
— Oui.
— C'est considéré comme une faute ?
— Comment ? D'où sort-il que c'est considéré comme une faute ? Il me faut une preuve que c'est un péché.
Passons au verset qui vient après: Et de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas. Ça s'appelle donc un commandement négatif. Donc s'il mange de l'arbre de la connaissance, il commet un péché. Il y a donc contradiction entre le verset Tetzayim, qui dit que c'est un devoir de manger de l'arbre de la connaissance,
et le verset Youdzaïn, qui dit que c'est interdit de manger de l'arbre de la connaissance. Je crois que ça correspond à ton interrogation, n'est-ce pas, jeune homme ?
— Hum ?
— D'accord, oui. L'arbre de la connaissance, pour moi, c'est comme pour tout le monde. C'est le même arbre de la connaissance, c'est aussi bien pour toi que pour moi.
— Ah, c'est quoi ?
Donc la question, c'est: qu'est-ce que c'est que l'arbre de la connaissance ? Pas pour moi, d'accord ? L'arbre de la connaissance, de la connaissance du bien et du mal, c'est…
C'est un arbre, et quand on en mange, eh bien, on connaît le bien et le mal. Ce n'est pas une image, c'est une pure vérité.
— C'est-à-dire, comment est-ce qu'on fait pour manger des connaissances ? Comment fait-on pour manger des connaissances ?
— J'ai incompris.
— On étudie, c'est ça. Donc c'est une étude. C'est-à-dire que le mot arbre, d'ailleurs, est ici dit en hébreu etz. Pour autant que nous connaissons l'hébreu, est-ce que le mot etz est un masculin ou un féminin ? Masculin. C'est donc quoi, le féminin ?
Et ça, qui veut dire ? Un conseil, n'est-ce pas ? Donc le mot etz signifie la sagesse, c'est-à-dire la sagesse qui permet de connaître le bien et le mal. D'accord ? Donc ce n'est pas une image, c'est la pure vérité. D'accord ? Le fait que ce ne soit pas matériel, c'est autre chose. La question que tu aurais pu poser, c'est: est-ce que c'est matériel ? Non, ce n'est pas matériel, évidemment. Pourquoi ? Parce que tout ceci se situe dans une sphère qu'on appelle, ici, dans la Torah, Gan Eden.
Traditionnellement, quand quelqu'un meurt, qu'est-ce qu'on explique aux enfants ? Où est-il parti, papy ? Au Gan Eden. Au Gan Eden, n'est-ce pas ? Quelle est la partie du défunt qui part au Gan Eden ? Son corps ou son âme ?
— Son âme.
Est-ce que l'âme a une dimension physique ?
— Non.
Donc le Gan Eden n'est pas un lieu physique. C'est un lieu métaphysique. Donc tout ce qui s'y dit est réel, mais n'est pas matériel. D'accord ?
Oui ? Non, évidemment pas. La preuve qu'il n'y avait pas de corps, la preuve, c'est ce que dit la Torah en toutes lettres ici, au verset Kaf. Regarde le verset Kaf. Dans le chapitre dans lequel nous sommes, c'est dans Beth, chapitre Beth, au verset Kaf, qu'est-ce qu'il y a dit ? Va'iyu cheneheim aroumim. Ils étaient tous les deux nus, ce qui veut donc dire qu'ils n'avaient pas de corps.
Le corps est un vêtement. La nudité du corps ? Pourquoi la nudité du corps ? Le corps n'est pas encore mentionné. S'ils étaient nus, c'est qu'ils n'avaient donc pas de corps.
— J'en sais rien, j'ai pas encore lu ça. Mais ce que je sais, dans ce verset-là, c'est qu'ils n'ont pas de corps, c'est évident. Oui ?
— Quand est-ce que… tu te demandes où est-ce qu'ils… quand est-ce qu'ils ont eu un corps, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est très simple. C'est écrit en toutes lettres dans le chapitre Guimel, au verset Kaf-Alef.
Dans le chapitre Guimel, au verset Kaf-Alef, il est dit: Vaya'as Hachem Elohim le'Adam ul'ishto kotnot or vayalbisheim. L'Éternel Dieu fit pour l'homme et sa femme une tunique de peau. C'est quoi, la tunique de peau que nous revêtons ? C'est le corps. Vayalbisheim, et il les habilla. Ça veut donc dire qu'à partir de ce moment-là commence l'homme historique, celui qui est sur la terre. Mais l'homme dont nous parlons dans le Gan Eden est un homme métaphysique,
qui n'a pas encore de corps. La preuve, c'est qu'il est nu. Oui ?
— Où est-ce que t'as été chercher tout ça, toi ? Où est-ce que t'as été chercher que les histoires du premier chapitre, c'est du physique ? C'est du métaphysique. D'accord ? Oui ?
— Il y avait un gars qui s'appelait Platon. Il a expliqué qu'il y a un monde véritable et un monde pas véritable. Le monde véritable s'appelle les idées, et notre monde à nous serait l'ombre de ce monde d'en haut.
Donc, si on prend au sérieux ce que dit Platon, et pourquoi pas, après tout, eh bien, la Torah parle, dans les sept jours de la Création, du monde des idées. Oui ?
— Qui t'a dit ça ? J'ai pas compris.
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