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Pourquoi la tefila doit être une supplication et non un soulagement

Rav Yossef Ben-Shoushan explique le passage de Berakhot sur la prière « fixe » et l'intention de servir Dieu.

52 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Kéva et kavana dans la tefila selon le Rav Yaakov Hariri, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On était dans Kéva, d'accord ? Allons-y. Donc, dans la deuxième page, qui s'appelle Adracha Tatefila Rihalakera, on avait commencé la piste kaf guimel. On relit ça vite fait. On a expliqué que celui qui fait sa tefila de manière kéva, fixe, cette tefila ne sera pas exaucée.

Et là-dessus, il y a trois explications. Qu'est-ce que ça veut dire kéva ? Je l'évite, parce qu'on a déjà fait apprécier une heure dessus. Maikéva, qu'est-ce que veut dire kéva ? Amar Rabbi Yaakov bar Idi, amar Rabbi Oshaya: tout celui pour qui la tefila est perçue comme un fardeau. Azifna dfila tsakhliyot siouran nefesh kilou inikhleshet mimasa kadrouta rayonot: avant la tefila, il faut ressentir que l'âme est affaiblie,

à cause de toutes les occupations qui lui prennent la tête, Arre Chokim, Yusogach, Temout, Veor, Pene, Mener, Chayim, qui sont loin de tous les concepts de la perfection. Et seulement par cela, c'est quoi, cela ? Par la tefila, elle écartera la pierre qu'elle a sur son cœur, en déversant ses dires devant son Créateur et son Père aux cieux.

Et c'est comme ça qu'elle se renforcera. Au lieu d'un esprit affaibli, elle s'en retournera d'allégresse. Donc, qu'est-ce que ça veut dire, tout cela ? De la même manière que plus tu t'écartes de ton repas, plus tu as faim. Tu as mangé à midi, c'est bon, tu es rassasié. Une heure après, tu te sens un peu moins rassasié. Deux heures, ça commence à gratouiller dans l'estomac.

Trois heures, ça fait mal. Quatre heures, tu crèves de faim, disons pour les petits enfants. Et plus tu t'écartes de l'heure de ton repas, plus tu es affamé. De même: l'âme a prié, elle a exprimé ses volontés les plus intenses, elle se sent bien. Et après, tu retournes à tes occupations, si importantes à tes yeux, mais totalement insignifiantes à ses yeux, à elle. Donc elle étouffe.

C'est comme ça qu'il faut se ramener à la tefila, avec un besoin intense de retrouver mon essence, l'expression la plus intense de mon âme. Mais si, par contre, la tefila est ressentie comme encore un fardeau de plus dans mes occupations journalières, non, ce n'est pas une vraie tefila. Il y a tous les jours énormément de matalot, comme on dit, de toutes sortes de tâches à assumer, d'accord ?

Qu'elles vous prennent la tête ou qu'elles vous prennent moins la tête, ce sont des tâches à assumer, qui sont pour toi plus une contrainte qu'autre chose. Et si à cela vient se rajouter encore une autre tâche, qui est vraiment, comme on dit, un fardeau de plus, qui est la tefila, alors ce n'est pas cela que les Hachamim en pensaient en nous proposant de prier ces formulations. Au contraire, on doit arriver à la tefila dans une situation de soif et de faim intenses.

Ce n'est qu'alors que la tefila sera effective. Ça, c'est ce qu'explique Rabbi Yaakov bar Idi. Ajoutons à cela les Hachamim. Je saute, hein. Rabbanan amri: kol shelo omro belashon taḥanounim. Ajoutons à cela les Hachamim: qu'est-ce que veut dire kéva ? Tout celui qui ne la dit pas sous forme de supplication, c'est-à-dire qui la dit machinalement, dur et sec, sans la dire

avec une intonation supplicative. Ça se dit ? J'ai inventé un mot, ce n'est pas grave. Alors il explique ce que ça veut dire. Vous voyez où on en est ? Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept. Septième ligne, où il y a marqué Sham au milieu de la ligne: Afilou matzal levavo mitragesh leotrafes bitilato mitzadaragesh pelimi. Même s'il se trouve dans une situation d'émotion, mi kol makom, quoi qu'il en soit, kol shelo yassim levavo

si toute son intention est seulement de satisfaire ses besoins émotionnels, il ne s'agit pas là encore de l'Atfila. N'oublions pas: l'Atfila doit être un service divin, et non pas un service de soi-même. Ça veut dire: je me rends service. Voilà. Comme quand j'ai faim, je me mets à table, je mange.

Je me rends service quand je suis frustré du manque d'expression de mon âme, suite à toutes sortes de tâches que je dois remplir et qui me prennent la tête. Et voilà, je me mets à prier pour écarter cette situation désagréable. Tu te rends service. Ce n'est pas encore le service de Dieu. Donc, comment exprimer que ce que tu es en train de faire là n'est pas tout pour te rendre service ?

Il faut au contraire servir Dieu en disant la Tfila de manière supplicative, et qui montre bien qui est le maître et qui est l'esclave. L'esclave supplie le maître. En la disant de cette manière, j'exprime bien que je viens servir Dieu, et non pas seulement épancher mes frustrations. Sans aucun doute, les Hachamim ne sont pas en mahloket avec Rabbi Oshaya, qui dit qu'il faut être dans une situation de soif et de faim.

Ceci n'est qu'un moyen, mais pas un objectif. C'est-à-dire que la finalité de l'Atfila, ce n'est pas d'écarter toutes les frustrations mentales et psychologiques, mais, bien au contraire, de servir Dieu. Il est vrai que tu dois être dans cette situation psychique de sensation de manque, mais ce n'est pas la finalité que de combler ce manque. C'est seulement un moyen normal pour entrer dans l'Atfila, et pour que ce ne soit pas ressenti comme encore un fardeau de plus à assumer, si tu veux dire. Le 2 dit ça.

— Et alors ? Et alors ? Que je prie, sans quoi je m'évanouis de soif et de faim ?

Ça serait quoi, donc ? Un grand niveau ? Même si, supposons que ce soit cela. Mais ce n'est pas pour ça que je prie, pour écarter cette souffrance. C'est comme si tu donnes, tu donnes, tu donnes. C'est comme si tu donnais un sandwich à un pauvre malheureux parce que tu ne peux pas supporter de voir quelqu'un sans manger. C'est bien, ça prouve que tu es quelqu'un de sensible. Mais ce n'est pas pour ça que tu lui donnes un sandwich. C'est parce que Dieu t'a ordonné de donner ta tsedaka.

Ça ne suffit pas. C'est très bien, évidemment, évidemment, évidemment. Tu dois être dans cette situation, ce qui montre que tu as une sensibilité bien développée, mais ne pas tomber dans le piège de penser que c'est ça, toute la finalité. Donc la Torah ne serait qu'une thérapie pour ton bien-être ? Sans aucun doute, la Torah est une thérapie pour ton bien-être, mais ce n'est pas la finalité de la Torah.

Maintenant, pourquoi est-elle une thérapie pour ton bien-être ? C'est simple: puisque la Torah est ta nature, évidemment, quand tu te comportes selon ta nature, tu te sens bien. Mais ce n'est pas pour ça que tu dois faire la Torah. Même si la Torah t'ordonnait d'aller à contre-nature, tu le ferais. Par exemple, c'est totalement contre-nature d'égorger son fils. Et Dieu ordonne à Abraham Avinu d'égorger son fils, et il est prêt à égorger son fils. En fin de compte, Dieu dit: non, non. Sois bien clair.

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Ce cours fait aussi partie de la série « Autres cours — Machon Meir ».

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