Havana Moussarit et Havana Sibatit : deux regards sur le monde
Comprendre le monde par la morale ou par les lois de cause à effet, et où se loge la liberté de l'homme.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Israël, peuple du centre et de la périphérie du monde, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Les quelques lignes que tu as lues, je voudrais en parler sur place, ensuite on va revenir sur un livre. J'teh avanot kalyoten, c'est-à-dire deux façons générales de comprendre ce qui se passe dans ce monde: Amakifot etahavaya ve'etah Torah, qui tourne autour de toute l'existence, et en particulier de ce qui concerne le monde de la Torah.
Deux façons de comprendre, deux façons de voir la vie, qui concernent aussi bien la vie que le monde de la Torah. Et le regard que nous portons sur cette réalité, Bechol Shinu Yedrachéen, avec tous les changements qu'il y a dans la façon dont progresse la vie, et la Torah aussi. C'est quelque chose qui concerne chaque instant de la vie, mais il est évident que le monde de la Torah est conscient de l'axe du temps qui avance, et la Torah accompagne finalement le cheminement d'Israël dans l'histoire.
De quoi s'agit-il ? On nous dit: il y a deux façons de comprendre. C'est dit en hébreu en termes de Havana Moussarit et Havana Sibatit. Vous avez le texte devant vous ? Seconde ligne de la page.
Havana Moussarit, c'est comprendre le monde autour de critères moraux, de bien et de mal, et de la relation à la volonté divine: dans la mesure où l'on fait ce que Dieu nous demande de faire, on a des chances d'être aidé. Et dans la mesure où, Khas véchalom, quelqu'un fait ce qu'il ne faut pas faire, il a alors des chances de ne pas du tout être aidé.
Et cela se passe dans un monde où il y a des lois naturelles, des lois apparemment immuables, mais il reste à l'intérieur des lois physiques un impondérable, tout en respectant toutes les lois physiques que l'on veut. Il reste un impondérable qui permet à la vie de s'orienter selon la Providence. Il existe à l'intérieur de ce monde des dimensions de liberté totale, alors qu'il y a aussi des dimensions où il n'y a pas de liberté. Quand une pierre tombe, elle tombe selon des lois apparemment immuables; mais pourquoi cette pierre tombe-t-elle, comment peut-on s'arranger pour qu'elle ne tombe pas exactement au même endroit, comment peut-on l'aider à ne pas tomber là où elle tomberait: cela, c'est déjà une question de Providence.
En tout cas, on nous parle d'une compréhension des choses selon des critères de morale, et de Havana Sibatit, une compréhension selon des relations de cause à effet qui apparemment sont contraintes par des lois. Je lis encore un tout petit peu la phrase suivante.
Cette phrase, à l'intérieur de cette compréhension au niveau de la cause et de l'effet, qui ressemble beaucoup aux lois physiques.
Il y a aussi des lois sociales: ceux qui étudient et connaissent vraiment les sciences humaines savent qu'à des niveaux collectifs il existe des lois pratiquement sûres. On sait que si telle chose se produit, telle autre se produira de telle façon. L'un dépend de l'autre. On nous dit donc que cette compréhension de cause à effet est celle qui était, disons, la plus consciente dans l'esprit de l'homme à ses débuts.
Mais à l'intérieur de ce contexte-là, Kloulahi est contenu, Béthor, Neshama, Eliyona, Mechayi Ota, en tant qu'âme qui donne vie à l'intérieur de ce contexte, comme notre âme donne vie à notre corps. Le corps est lié à des lois physiques: on mange ceci, cela se digère de telle façon, et ainsi de suite. Mais à l'intérieur de cela, il y a une âme qui peut agir dans ce contexte.
Comme vous le savez, cela tourne autour d'une dimension dont j'ai déjà parlé et dont je parlerai, parce que c'est une construction que je pose en moi-même, enfin, Yitzhak sait de quoi je parle: où se trouve réellement l'authentique liberté de l'homme, dans la mesure où l'homme est créé ? Et en étant créé, il y a toute une série de conditionnements qui lui sont imposés.
Où se trouve donc la liberté ? Le corps est emprisonné dans des lois physiques. Mais cette neshama est une neshama d'ordre divin, dont toute la vitalité, apparemment, consiste à être en accord avec la volonté divine. Le corps a été créé, et un homme reçoit un corps; il y a donc une neshama dans ce corps. Et cette neshama se retrouve face à un certain corps qu'elle n'a pas fait elle-même.
Il y a, à l'intérieur de cette relation entre cette neshama et ce corps créé, qui lui a été donné, une certaine dimension de mérite et de liberté. Quelle est la place du mérite ? Qu'est-ce qui fait que deux êtres vont agir de façon différente, et que l'un en arrivera à être considéré dans sa vie, effectivement, comme un tsadik ?
Et il y a aussi pour cet être une possibilité, Chas véchalom, de ne pas être un tsadik; à la limite, de devenir ce qu'on appelle un Hacham. Mais comment cela se… Quelle est la place de la… Parce que finalement cet être, qui va être considéré comme un Hacham, on lui a donné une âme, on lui a donné un corps, et il se retrouve devant une réalité. Où joue la liberté à l'intérieur de cet être-là ?
Or, de notre côté, le Rambam insiste énormément sur le fait que nous ne sommes pas des mektoubiens. Nous pensons profondément qu'il existe une dimension qui s'appelle la liberté. Mais où joue réellement cette liberté ? Et de quelle façon juge-t-on quelqu'un ? Quels sont les critères ? Comment juger cet homme qui a finalement reçu un corps, reçu une âme ?
Il se trouve donc que cet être peut choisir. Mais ce que je veux dire: quel est le pourcentage de conditionnement qu'il y a dans cet être lorsqu'il se trouve devant son choix ? Cet être est profondément conditionné. Où se trouve notre capacité de mesurer réellement l'authentique mérite qui est resté à un homme, et où est-ce qu'il lui est déjà donné ?
Non, mais un être méritant, à travers son mérite, provoque-t-il un changement ? Qu'est-ce qui se passe pour cet être méritant ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Cette âme a évolué, elle a changé. C'est à travers l'aventure humaine que se créent peu à peu toutes sortes de points à partir desquels se construit une réalité qui va durer. J'en parlais hier… enfin… je fais tellement attention à ce qu'on dit. Je vais le dire, mais je ne le dis pas. Quel est l'intérêt du divin ?
À créer le monde. Si l'on est capable de poser la question. Oui, et alors ? Et quand on revient vers lui, disons, qu'a-t-il gagné à construire le monde ?
Non, c'est-à-dire que lorsque ce monde est manquant, il a été créé manquant. Et pourquoi a-t-il été créé manquant ? Pouvait-il ne pas être créé manquant ? Y a-t-il un changement ? Se passe-t-il quelque chose ?
Bon, c'est ça, c'est ça ce qui… Je n'ai pas des études de philosophie suffisamment poussées pour cela. Mais finalement, quelque chose a-t-il changé chez le divin ? Compléter, c'est ce qui a changé. Je ne sais …
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