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Le da'at, première demande de la tefila

Pourquoi la bracha de Ata Honen commence par une louange, et ce que signifient da'at, bina et chokhma.

51 min

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Adonai sefatai tiftah : se présenter devant Hachem malgré ses fautes, 16 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Nous continuons notre cours sur la téfila. Nous avions fini les trois premières berakhot. La dernière fois, nous avons expliqué que ces trois premières berakhot sont en fait une introduction à la téfila, des louanges à Dieu. Nous commençons maintenant l'essence de la téfila, qui est la bakacha, la demande, d'accord ?

Il faut savoir que dans Ma Seheret Megillah, il y a tout un débat sur le seder des berakhot. Le seder des berakhot est très important. C'est tellement important que, si tu te trompes dans le seder des berakhot,... C'est très important de commencer par Atah honen, Hachivenou, etc. Il n'y a donc pas seulement le fond, il y a aussi la structure même: les hommes de la Grande Assemblée qui ont écrit ces berakhot ont donné une grande importance à la forme.

Alors, comment sont structurées toutes les berakhot ? C'est toujours en deux membres. Je commence par la deuxième berakha: Hachivenou, Avinou, Malkenou... On demande. La suite, on ne la connaît pas, parce qu'on n'a pas la photocopie. Mais toutes les berakhot, Refaenou, d'accord ? Barekh alenou, etc. C'est à chaque fois: on commence par une demande, parce que c'est l'essence de ces berakhot-là.

Le problème, c'est que la toute première berakha des berakhot emtsaiot, bizarrement, commence par Atah honen le'adam da'at, oumelamed le'enosh bina. Non ?

Les trois premières berakhot, Magen Avraham, Mehayé hametim, Hamelekh hakadosh: c'est l'introduction, ce sont les louanges. Et là, à partir de Hachonen, on commence par les bakachot, les demandes. Toutes les bakachot sont des demandes. Sauf la première. Elle commence par une louange: Hachonen le'adam da'at, ou Mamed le'enosh bina, ça c'est une louange. Ensuite on demande: vehonenou meitekha de'a bina vehaskel, ou hokhma bina veda'at. On va voir les deux versions.

Donc, première question: pourquoi commence-t-on par une louange ? Et deuxièmement, surtout: pourquoi commence-t-on par demander le da'at ? Pourquoi ne pas commencer par Refaenou, par Hachivenou, la techouva, la parnassa, la Gueoula, Yerouchalaïm, etc. ? Quelqu'un a une idée ? Déjà, c'est quoi ce da'at ? Non, on n'a pas encore fait ça ? Ah oui ? Exactement. Il a fait le moine. Il a dit, Eliott, que chaque bera'ha est en harmonie avec la bera'ha suivante, d'accord ? Ça veut dire…

Pour arriver à la techouva, il faut le da'at. Et je vais même plus loin: pour arriver à tout le reste, il faut à la racine le da'at. Il faut donc déjà comprendre ce qu'est le da'at, d'accord ?

Le da'at, on le traduit par « connaissance ». Il faut savoir une chose: le da'at, c'est ce qui te distingue de l'animal. Appelle ça la conscience de soi, appelle ça la connaissance, mais le mot « connaissance » est un peu faussé en français. Quand on dit « connaissance » en français, on pense à une connaissance intellectuelle. Ici, le da'at n'est pas une connaissance intellectuelle. Le da'at, c'est la capacité qu'a l'homme d'être en harmonie avec la chose qu'il a apprise. Je vais dire plus encore: c'est la capacité qu'a l'homme de vivre cette connaissance, que cette connaissance fasse partie de sa personnalité. C'est ça qu'on appelle le da'at, et c'est spécifique à l'homme.

C'est ce qui le distingue de l'animal. Donc, si tu veux maintenant commencer à faire des demandes, tu ne peux pas demander, par exemple, la techouva, si tu n'as pas le da'at. C'est le minimum que tu dois avoir. C'est la qualité spécifique à l'homme que tu dois posséder pour ensuite réclamer toutes les autres moindres égouttes. On va voir que ça monte, crescendo.

Alors, un deuxième problème: pour demander du da'at, il faut avoir du da'at. Tu ne peux pas demander quelque chose dont tu n'as pas conscience. Ça veut dire que toutes les demandes ici sont des demandes d'un manque: le manque de techouva, le manque de refoua, le manque de Gueoula, etc. L'essence de la téfila, c'est donc combler des manques. Là aussi, il y a un manque de da'at, donc on demande à Dieu de le compléter. Mais le problème, c'est que pour demander du da'at, il faut avoir au minimum un da'at. C'est une sorte de paradoxe.

C'est pour ça qu'on commence par une louange. C'est la seule bera'ha des berakhot emtsaiot qui commence par une louange. Pourquoi ? Parce que Dieu a placé en nous ce qu'on appelle un da'at rishonit, un da'at premier, un da'at naturel. Il est déjà placé en nous, et c'est pour ça qu'on ouvre cette bera'ha par: Atah honen le'adam da'at. C'est une louange. Honen, c'est une grâce, tu as fait un don gratuit à l'homme: le da'at. Et donc, je peux ensuite réclamer un tossefet da'at: vehonenou meitekha de'a bina vehaskel, hokhma bina vedaat, etc.

Comment ?… Non, c'est pour tout. C'est-à-dire que pour toutes les choses que tu veux demander, il faut avoir conscience du manque de cette chose. La conscience du manque, c'est avoir cette conscience. Tu demandes de la… Non. Mais il faut que tu aies conscience qu'avoir un manque d'argent, c'est un problème. Non, non, non. Il y a fait… Exactement. La seule bera'ha où tu as besoin d'en avoir pour le demander, c'est le da'at. Il n'y a rien à faire: tu l'as. C'est déjà en toi.

Le da'at minimum. Ah, il y a fait. Mais on demande tous ces faits de da'at, d'accord ? Et on va voir quel type de da'at on demande. Ça veut dire qu'on a cette conscience innée, naturelle, qu'on appelle le da'at. On va développer un peu plus tard ce qu'est l'idée qui nous fait prendre conscience que nous avons justement un manque de da'at, pour pouvoir ensuite continuer à réclamer les autres choses. On a un manque de tout.

## Conscience du manque

Pour demander la parnassa… c'est la question de Malachi. Pour demander la parnassa, tu n'as pas besoin d'être riche pour avoir conscience que tu as un manque d'argent. Même si tu es pauvre, tu peux avoir conscience de ton manque d'argent, c'est ça ? Tu n'es pas obligé d'être en période de Gueoula pour avoir conscience du manque de Gueoula. C'est même l'inverse: quand il y a un manque de Gueoula, tu te rends compte encore plus. Comment est-ce que je sais que j'ai un manque de Gueoula ? C'est quoi, ça ?

C'est du da'at. C'est-à-dire que tu es obligé d'avoir cette nekouda minimum. C'est comme la phrase de Descartes, « je pense donc je suis ». Il y a un paradoxe interne: « je » veut prouver que l'homme existe. Mais il y a un paradoxe: le « je » existe déjà. « Je pense donc je suis »: le « je » d'avant, tu n'as pas prouvé qu'il existe déjà. Tu comprends ? Là, il y a déjà une nekouda première: Atah honen le'adam da'at.

Tu as fait un don gratuit à l'homme à sa naissance, que ces forces se dévoilent au fur et à mesure: pas à un an, pas à …

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