Yotam, la fable des arbres et le buisson d'épines
Le mashal de Yotam : les arbres cherchent un roi, le buisson d'épines accepte, et Avimélèkh règne sur Israël pendant trois ans.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Juges 2 : l'alliance que le peuple ne tient pas, 59 min
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## Rappel de la fable de Yotam
Vous prenez, euh, Shoftim, Pérèkh, Pasouk, Rav Bet. On avait terminé la semaine dernière avec le Machal de Yotam, c'est-à-dire la métaphore de Yotam, si vous vous en rappelez, lorsque les arbres demandèrent à un roi et qu'il choisirait, etc. Voilà. Tu me donnes ton nom en même temps, comme ça, on fera d'une pierre deux coups.
— Ah, très bien. Merci, Réhouven.
Voilà. Alors, Shoftim, Pérèkh, Pasouk, Rav Bet. C'est bien ? Yofi. C'est un ardou matrilim. Le Machal de Yotam est un des moments épiques du Tanakh, comme Pilégesh Baguiva, comme Pesel Mikha, des choses… C'est comme si vous disiez, pour ceux qui connaissent un peu le Houmach, Brit bein habetarim, etc., Dina et ses frères: un nombre d'épisodes qui sont importants. Et comme le Tanakh est une continuité, sans discontinuité, il est donc important d'avoir un suivi pour ne pas répéter le mot « continu ». N'est-ce pas, M. Vertenschlag ? Bien entendu. Vayachar Avimélekh, ah oui, je vous rappelle le Machal de Yotam, les arbres et le roi.
Seulement, les arbres veulent un roi. Ah, ton nom, rappelle-moi.
— Yitran.
Yitran. Etwati. Etwati. Non, ne le cache pas. L'essentiel, c'est de savoir qu'il y en a qui veulent savoir. Le Machal de Yotam, c'est que les arbres veulent se donner un roi, et ils demandent à des arbres fruitiers, à des arbres donnant leurs fruits, de pouvoir être alors le figuier, le palmier dattier, etc., la vigne. Mais personne ne veut être régnant. Parce que chacun vient soumettre aux arbres le fait qu'il y perdrait quelque chose de son fruit s'il devenait le fruit de tous. Et étant donné que tout le monde apprécie ce qu'il est pour ce qu'il est, ils n'ont pas besoin de dominer pour pouvoir être ce qu'ils sont. Alors, en fin de compte, les arbres parlent à un buisson d'épines. Et le buisson d'épines leur dit…
Moi, je ne vois pas de contradiction. Bon, il ne donne pas de fruits. Le buisson d'épines, il pique. Mais il leur dit: si vous vous rappelez, si vous êtes de bonne émouna, je suis prêt à vous couvrir, c'est-à-dire à vous assurer l'avenir, la sécurité, la protection, bien entendu. Mais si vous n'êtes pas sincères et loyaux, je serai ce que je peux devenir. Il y a une chose que je peux devenir, moi, pas un fruit: je peux devenir le feu. La flamme. C'est-à-dire prendre feu, et quand les buissons prennent feu dans la prairie, ils dévastent tout sur leur passage, bien entendu. On est ensemble, Daniel ?
— Béroukh Hachem.
Donc je continue au verset 23. Je vous rappelle que le cours qui est sur Internet la semaine dernière s'appelle « Démagogie politique et populisme ». C'est véritablement le rôle qu'a tenu Avimélekh.
Voyons maintenant ce qu'il va devenir, bien entendu. Vayachar Avimélekh ad Yisraël chalosh chanim. Vayachar, ça peut vous paraître étrange: ce n'est pas le terme de droiture transformé en verbe. Le yachar ici ne vient pas d'un substantif, c'est un verbe, sarar, char, c'est-à-dire le pouvoir mis en place, kochar sara, la force de la puissance, la force du pouvoir. Vayachar Avimélekh ad Yisraël, combien de temps ? Chalochanim. Quel ? Vayasar, quel ? Vayasar. Et nos sages nous enseignent que la racine, c'est chara, charar, c'est-à-dire lichor, c'est vraiment l'aspect musclé de la chose. Vayasar Avimélekh al Yisraël, on peut entendre aussi, et tu as raison de me le rappeler maintenant: vayasar veut dire qu'il a été, je ne sais pas si on dit ça en français, « ministérialisé ». C'est-à-dire qu'il a obtenu un poste de responsabilité. Vayasar, comme pour rappeler le sar, peut-être.
En tout cas, il domine Israël, enfin, il domine une partie d'Israël, pendant trois années.
Vayichlah Elohim roua'h ra'a ben Avimélekh uvein Baal Shekhem, ou ben Baal Shekhem. Je coupe ici, je fais des arrêts. Si vous aviez un Tanakh à vous, vous marqueriez, bien entendu. Il est donc écrit: Vayichlah Elohim roua'h ra'a. On se rappelle que roua'h Elohim avait été offert à Gidéon. Alors que là: Vayichlah Elohim roua'h ra'a, un mauvais esprit. Afin de quoi ? Lorsqu'il y a un roua'h Elohim, que fait le roua'h Elohim de manière générale ? Il est à même de rassembler les forces en présence, qu'elles soient au singulier de l'homme ou au pluriel du peuple. Le roua'h Elohim, d'accord ? C'est ce qui donne la vie, je vous rappelle: vayipach be'apav nichmat roua'h chayim. C'est-à-dire que lorsque Dieu insuffle, il insuffle la vie. Et la vie, bien entendu, n'est possible que lorsque les choses sont en harmonie. D'accord ?
J'ai oublié, bon, le meshane. Ça ne me revient pas à l'esprit, il y avait un autre terme que je voulais dire, mais ce n'est pas grave.
Donc roua'h ra'a, c'est le contraire du roua'h Elohim. C'est-à-dire que cet esprit contradictoire, on l'appellera esprit mauvais, mais on rentrerait dans les contes des Mille et une nuits. Je préfère donc un esprit, un souffle, qui vient contrarier la vie. Si la vie est harmonie, elle est, décidément, le mot ne me revient pas, mais c'est l'équilibre, si vous préférez, comme l'équilibre qui existe dans le corps. Pensez simplement à l'équilibre acido-basique dans le corps. Non, là, non. Là, là, oui… non, là. Le roi ra'a qui vient, c'est Avimélekh, ou Baal Shekhem. Il y a une tension politique dont les relents peuvent très bien être socio-économiques, entre les habitants de Shekhem et Avimélekh.
Seulement, il faut se rappeler le reka, c'est-à-dire le fond de toile. Avimélekh était venu en leur disant: « Comment les soixante-dix enfants de Gidéon pourraient-ils régner sur vous ? » Je vous rappelle que Shekhem est une enclave dans le territoire d'Israël. Ce sont des Cananéens qui ont prêté allégeance à Israël. Et Avimélekh est l'enfant d'une concubine. Il n'est pas un enfant, dirait-on, légitime. Mais les soixante-dix sont-ils légitimes ? C'est une autre histoire. En tout cas, Gidéon a soixante-dix enfants. Cela nous fait rappeler, bien entendu, qu'il avait une grande armée, beaucoup d'argent et d'or, et beaucoup de femmes. Ce qui contrariait le projet de royauté. Mais il se dit non royal. Il refuse la royauté. Pourtant, il accumule ce qu'on appelle les symboles, les faits et gestes de la royauté fourvoyée, de la royauté falsifiée. D'accord ? Et cela traînera tous les rois dans la décrépitude, la décadence, bien entendu.
Ici, malgré le fait qu'il a réussi à s'imposer, vous vous rappelez comment ? Il prend l'argent, on lui fait des dons monétaires afin de pouvoir lever une armée, non pas de Shekhem, mais une armée de mercenaires. Et que fait-il avec cette armée de mercenaires ? Il va à Ofra assassiner la descendance de Gidéon, pour rester, lui, la seule opportunité de règne. Il s'impose ainsi par la force. Vu comment il s'impose, eh bien, on l'accepte comme roi, c'est-à-dire comme souverain en tout cas.
Mais maintenant, le texte vient nous annoncer qu'il y a une divergence apparemment sérieuse et profonde quant à la manière dont Avimélekh gère les affaires du royaume, même si c'est …
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