Introduction à l'étude du Tanakh et à la pensée d'Israël
Qui enseigne le Tanakh, pourquoi la Michna et la Guemara s'appuient sur lui, et ce que signifie aujourd'hui être hébreu.
Rav Rony Akrich
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Asboukhim Abayim, et je m'appelle Rony Akrich, je suis votre professeur de Tanakh. Je suis le seul non-Rav ici, et c'est tout à mon honneur. Je suis professeur d'études juives, ancien réanimateur à l'hôpital Hadassah de Jérusalem. Je suis écrivain, philosophe; vous découvrirez tout ça au fur et à mesure de l'étude. La seule chose que je vous demanderais, c'est bien évidemment, après deux, trois cours, de décider si l'historiosophie du Tanakh vous convient ou pas. Je n'ai pas l'intention de perdre mon temps avec des touristes intellectuels. Il est donc important de savoir ce que l'on va étudier.
Le Tanakh est le livre de base. Il reprend aujourd'hui ses lettres de noblesse avec la renaissance de l'État d'Israël, chose qui n'existait pas pendant les 800 dernières années, étant donné que la Vulgate, comme les Septante – la Septante, c'est la traduction grecque du Tanakh, et la Vulgate la traduction latine chrétienne – d'ailleurs toute la classification du Tanakh, quand vous dites « chapitre 1, Béréchit », c'est l'évêque Lambton, écossais, qui en a fait la partition. Elle n'est pas du tout hébraïque. C'est déjà une chose à savoir. Rappelez-vous: l'évêque Lambton. Le Tanakh compte en vérité 24 livres, qui forment un ensemble de 929 chapitres, 1386 pages, et c'est…
Ce n'est pas très bien, mais bon. Comment tu t'appelles ? Et toi ? Eliyav, quoi ? Levi Eliyav. Bon, ok, asseyez-vous. Allez chercher des chaises, ou sinon asseyez-vous par terre comme à mon époque. On a étudié avec les grands maîtres de la pensée française, on était assis par terre et on grattait comme des malades. On n'avait besoin ni de table ni d'iPhone pour devenir intelligent et réfléchi.
Donc, je répète: la Vulgate, la Septante, traduction grecque et latine; la partition de l'évêque Lambton, l'Écossais. Tout ce que vous avez ici est quelque chose de très mélangé concernant l'histoire même. Ce qui a fait que nos Hachamim, pendant 800 ans, se sont abstenus de traiter le Tanakh. La plupart des versets du Tanakh – je suis bien indulgent quand je dis « la plupart » – c'est la minorité des versets qui va se retrouver dans le traité talmudique. Les auteurs de la Michna, c'est-à-dire de la loi orale, vont essayer d'expliciter par l'oral ce que l'écrit est. Les Amoraïm, qui sont ultérieurs – deux sortes d'Amoraïm, ceux d'Erets Israël et ceux de Babel – vont essayer d'expliciter l'explicitation des Tanaïm, à partir de l'écrit, bien entendu.
Il n'y a pas un traité de la Guemara, pas une seule marlokhet, pas une seule discussion, pas une seule Agada du Talmud qui n'ait pour référence le Tanakh. Je vais vous raconter une petite histoire qui circulait à Bnei Brak, dans la yeshiva de Ponovitch. Deux garçons se rencontrent, et l'un dit: « Mon père m'a offert un cadeau merveilleux. » Le second lui demande: « Lequel ? » Il lui répond: « Un livre où il y a plein de citations de la Guemara. » « Peux-tu me le faire voir ? » Et il lui montre le livre que vous avez devant vous. L'autre, qui est un Sfarade et étudie à Ponovitch, lui dit: « Yachmal Sel… ». Vous avez compris la désobligeance qu'il y a.
La plupart des gens religieux ne savent rien, n'entendent rien et ne comprennent rien de ce qu'ils sont en train de faire et de vouloir faire. Le mot est latin, religio, qui vient des stoïciens, explicité par Monsieur Cicéron. La religion, religio, est un culte que nous vouons à l'Éternel Créateur. Nous sommes d'accord que l'Éternel est le Créateur, mais nous ne vouons pas de culte au Créateur. Ainsi qu'il est écrit dans Yeshayahou, Isaïe le prophète: « Vous êtes mes témoins, dit l'Éternel. » Et non pas: nous ne sommes pas ceux qui vouons un culte à l'Éternel. Ce que veut l'Éternel, et nous allons le voir pendant ce mois d'Eloul, c'est que nous soyons les témoins. Adai Atem. Vous voyez que dans Adai Atem, il y a le mot Ed, c'est-à-dire celui qui est le témoin. Oui, pardon.
La Atfila, c'est appelé… oui, c'est appelé Avodah. Encore une fois, tout dépend de ce que veut dire le mot Avodah. Vous allez aussi apprendre la linguistique, la didactique, c'est-à-dire les parallélismes chiasmiques dans le Tanakh. Vous allez apprendre les bases de quelque chose qui est absolument nécessaire à quiconque aspire à se dire Ani Yehoudi, bien que ce ne soit pas une aide de noblesse de dire « je suis juif », entre nous soit dit. Ce n'est pas véritablement la sinécure à laquelle nous aspirons.
La sinécure à laquelle nous aspirons, c'est de dire: « Je suis redevenu un Hébreu », ce qui est complètement différent. Nous sommes ici à la yeshiva du Machon Meir, entre autres, où j'enseigne, mais aussi dans tous les autres endroits où j'enseigne, dans la recherche de l'hébreu qui se cache dans le juif que je suis. Le juif est une partition arithmétique de la fraction de l'être-Israël, étant donné que Yehoudi veut dire Yehouda, et que Yehouda, c'est un douzième. Je ne pense pas qu'il existe un individu Homo sapiens qui veuille se tenir dans la fraction de son être, si ce n'est dans la déchirure profonde. Nous aspirons tous à la plénitude d'être.
Oui, j'ai un français chatial. Je veux que vous parliez l'hébreu comme je parle le français. Mais je parle l'hébreu de la même manière. Vous savez pourquoi ? Parce qu'un certain monsieur, Rabbi Shimon de Bayora, est venu me dire: « Vous êtes des enfants de rois. » Donc je suis un prince. J'ai appris à manger, à marcher, à m'habiller. Des fois je mets ma petite pochette; vous me verrez avec le nœud papillon et tout. Je suis un noble, parce que je suis fils de roi. Mais on a le droit d'être un clodo, c'est un choix dans la vie. Les Vanupiés n'ont jamais fait de mal à personne, si ce n'est à leurs propres pieds. Mais nous avons choisi d'être le peuple d'Israël, à même de faire valoir la dimension de l'être hébreu.
Et pour cela, nous avons besoin de nous débarrasser du juif qui traîne la savate, en corbeau, et qui est lui-même le véritable Vanupié de notre histoire. Pas tout simplement parce qu'il est une fraction. J'ai horreur de vivre dans la déchirure, dans la fraction de mon être. Mais à quoi aspire l'homme ? Au bonheur. Et le bonheur est dans l'être entier, c'est-à-dire dans la recherche de l'Un profond. C'est de cela dont il est question.
Vous avez le droit de rire et de sourire. Vous pensez bien que Pépère connaît la musique depuis vingt-cinq ans. Arriver de France avec une dégénérescence neuronale et se retrouver dans une entropie, dans une dynamique, pardon, qui va à l'encontre de l'entropie occidentale aujourd'hui, ça doit vous faire drôle, bien entendu. Mais vous allez voir, c'est une question d'habitude; il suffit de savoir ce que nous voulons devenir.
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