Michée 6, 6-8 : ce que l'Éternel demande vraiment
Le prophète oppose les sacrifices à la justice, à la bonté et à la marche humble avec Dieu.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Michée : la morale avant les sacrifices, 1 h 03
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## Le passage choisi
Mikha, perek vav, pasouk vav. Toda. Tov. On avait commencé à étudier Miche il y a des semaines de cela. Le passage que l'on va faire, enfin que j'ai choisi de faire, c'est essayer de terminer le livre de Miche, et de voir ensemble par la suite le livre de Nahoum, que certainement la plupart d'entre vous ne connaissent pas, ni même n'en ont entendu parler.
Nous essaierons de voir ce dont il est question à propos de Nahoum plus tard. Pourquoi ce passage du chapitre 6 de Miche, au verset 6 ? Je le lis, le passage en question, et je vous interpelle tout de suite après.
Bama akadem Adonaï, ikkaf le-Élohé marom ? Haakadménou béolot, béagalim bé-nèchana ?
Hayirtsé Adonaï bé-alfé élim, birevavot nachalé chèmen ? Haétèn bekhori pichi, péri bitni, khatat nafchi ?
Higuid lékha adam, ma tov, oumah Adonaï doréch mimkha, ki im asot michpat, veahavat hessed, vehatsnéa lékhet im Elohékha.
Voilà le passage. Avant qu'on passe au chapitre 7, ou qu'on voie quelques bribes du chapitre 7, ces versets 6, 7 et 8 du chapitre 6 de Miche sont essentiels dans la littérature prophétique. Ils seront d'ailleurs, avec des occurrences différentes, énoncés par Amos, par Yeshayahou, par Yirmiyahou. On retrouve comme un leitmotiv ces propos, et bien ici, chez le prophète Miche.
Ces propos n'ont pas seulement trait à l'événement d'alors, mais ils ont trait à l'avènement auquel nous pensons. Cet avènement auquel nous pensons est bien entendu le temps que nous vivons aujourd'hui. C'est-à-dire ce temps, ou depuis, si l'on met entre parenthèses l'époque du Second Temple, qui est une véritable parenthèse dans l'histoire, ou comme dit le Rav Kook, une histoire qui aurait été charnière, dans le sens qu'elle nous aurait permis de comprendre et d'entendre ce que nous devrions assurer pendant 2000 ans d'exil, c'est-à-dire la survie.
Mais à partir du moment où nous revenons, où ce rassemblement des exilés est un fait, où la terre donne son fruit est une réalité, où le fait que la souveraineté et l'indépendance, même partielle, deviennent un principe évident de l'existence d'Israël, chose que nous n'avions plus connue depuis la fin du Premier Temple, si l'on considère que le royaume de Judée, malgré qu'il soit consécutif du schisme post-salomonien, reste le résidu de la grande souveraineté et indépendance d'Israël. Mais il reste quelque chose de cela.
Donc foncièrement, même le royaume de Judée, quand je parle d'un point de vue géopolitique, n'est en quelque sorte que la fraction de ce que nous, aujourd'hui, vivons d'une manière tendant vers le nombre entier, de façon plus probante. Parce que nous occupons le territoire, parce qu'il n'y a pas de tribu, de partage, de schisme. Il y a un peuple d'Israël sur la terre d'Israël.
C'est-à-dire qu'il y a là un relent de senteur, d'émotion nationale que nous avions perdu depuis plus de 2000 ans, si l'on considère que le royaume de Judée et d'Israël, réunis sous David et Salomon comme royaume d'Israël, datent de bien plus longtemps. Oui. Oui, ça c'est moi qui vous l'ai dit, absolument. C'est moi qui l'enseigne, qui le répète à tue-tête, à corps et à cri. Les juifs, oui, mais… donc il est bien évident que, aujourd'hui,
je fais juste une parenthèse, ce n'est pas notre sujet. Lorsque nous revenons, et c'est d'ailleurs le titre de mon dernier livre, à savoir L'identité morale de l'être hébreu, nous sommes en voie de reconquérir la finalité de la définition hébraïque à laquelle nous appartenons.
Pour pouvoir se mettre en quête de cette reconquête, il faut comprendre que le mot juif n'est que la fraction d'une réalité. Tant que, dans l'esprit de l'être humain juif, il y a une volonté de mettre au sommet, en summum, l'identité juive, la pensée juive, et je dirais même jusqu'à cette ineptie littéraire qui parle de peuple juif, entre parenthèses, qui n'a jamais existé.
Puisque nous parlons de peuple d'Israël, des enfants d'Israël, ou des Hébreux, tels que se présente Yossef devant Pharaon, tels qu'Abraham est décrit, tels que Yona, dans les cales du bateau, se présente devant le capitaine, etc. Donc, en clair, vous vous rendez compte que nous naviguons, puisqu'on parlait de bateau, restons-y, nous naviguons sur une mauvaise appréhension, un mauvais entendement, et une mauvaise compréhension de la réalité identitaire à laquelle nous appartenons.
De cette identité à laquelle j'aspire, celle de l'hébreu, et que nous aspirons à retrouver. C'est d'ailleurs la raison, puisque la question s'est posée aux décideurs de la création de l'État d'Israël: est-ce qu'on allait appeler cela l'État juif ? Heureusement que certains esprits éclairés ont éclairé les esprits moins éclairés pour leur dire qu'il n'était pas question de reconquérir Yehouda, mais tout. Il était donc question de l'État d'Israël, fait par Israël, pour Israël.
Mais où la finalité de « pour Israël », si elle est nationale, géopolitique, avec ses relents et occurrences sociaux, économiques, politiques, militaires, etc., n'en serait pas moins foncièrement vraie lorsque l'identité hébraïque serait remise au bout du jeu. Pour étudier l'identité hébraïque, bien entendu, je vous conseille de lire mon dernier ouvrage, comme de bien entendu, sans publicité aucune. Mais ce sera votre cadeau de fin d'année, donc vous n'aurez même pas à débourser un sou. Je vous en prie.
Donc les trois versets que nous venons de lire, dans le chapitre 6 de Miche, versets 6, 7, 8, sont pour vous, après les mois où vous étudiez avec moi l'historiosophie du Tanakh, un élément charnière. Charnière parce qu'ils en appellent à la compréhension de l'essentialité du message prophétique. Je relis maintenant tel que je l'ai lu, en l'expliquant. Vous allez entendre les Hébreux sonner, non pas les cloches, bien entendu, parce que ce n'est pas à nous, mais sonner d'autres musicalités, pour vous faire entendre ce à quoi l'Hébreu aspire.
C'est là. Chapitre 6, versets 6, 7 et 8. Sur les 24 livres du Tanakh, 929 chapitres, 1386 pages, des milliers de versets, c'est là que tout se joue. Je vous l'ai réservé dans cette période de Iyar, qui est le seul mois en hébreu qui ne porte pas seulement un nom araméen, Iyar, mais qui porte aussi un nom hébraïque, Ziv. Ziv, c'est l'éclat et la lumière. Donc si vous me permettez de vous apporter, d'éclairer vos chandelles un tant soit peu, c'est ce que nous allons tenter de faire.
Pour ceux qui se demandent si mon hébreu est comme mon français, je vous dis oui. Bama akadem, non, parce qu'il y a toujours des énergumènes qui se posent la question. Bama akadem Adonaï: ça veut dire, en quoi pourrais-je prouver la émouna qui est la mienne ? Comment ai-je traduit la émouna pour mes élèves qui suivent ? Émouna, je la traduis comment ? En hébreu et en français. Allons !
La racine: chaque fois que je veux expliquer un terme en hébreu, je dois chercher sa racine. La racine de émouna, c'est Aleph, Mem, Noun. Il y a fait ? Ça veut dire que, lorsque je veux comprendre la racine Aleph, Mem, Noun, je la comprends à travers ses occurrences: Amen, néémane, émet. La confiance, la fidélité, la vérité. Amen, émouna.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
6 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Michée, Tanakh, Pensée juive, Prophètes, Prophétie.
- 1
Michée 6, 6-8 : ce que l'Éternel demande vraimentLe prophète oppose les sacrifices à la justice, à la bonté et à la marche humble avec Dieu. - 2
Michée : la morale avant les sacrificesLe prophète oppose la justice et l'amour de Dieu (Hochéa 6, 6, Yéchaya 1) aux sacrifices. - 3
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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