Michée 4 : peuples, nations et la maison de l'Éternel
Le verbe hébreu Amim contre Goïm, et pourquoi la Torah relie le sacré au corps, à la terre et au peuple.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Michée ch.1 : corruption en Judée et en Samarie, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le chapitre 4 de Michée. Michée, on l'avait déjà vu ensemble, une partie. Il prophétise en Judée, certainement aussi très peu en Israël. Il est de l'époque d'Amos, d'Osée et d'Isaïe.
Et plus que cela, je ne peux pas vous en dire. Il y a dans Michée 4:1: Véhaya beaharit hayamim, hé'har beit Hachem nakhon bé-rosh ha-harim. C'est-à-dire: dans l'avenir, dans ces jours à venir, la montagne de la maison de l'Éternel sera établie, nakhon. La maison de l'Éternel, la colline, la maison de l'Éternel, là où elle était, elle sera, nakhon. Que veut dire nakhon ?
Bien sûr, vous connaissez nakhon dans l'hébreu moderne. C'est vrai. Mais nakhon veut dire omed, c'est-à-dire: à la bonne place, au bon moment. Vous comprenez ? Bé-rosh ha-harim, venissa mi-gvaot, parmi toutes les collines, la montagne de l'Éternel se trouve, et elle est bé-rosh ha-harim, c'est-à-dire plus haute
que les autres. On ne parle pas, bien entendu, au niveau du mètre. Venissa mi-gvaot, et elle s'élève, elle, parmi les collines. Venaharou alav amim, et les nations, les peuples, se rendent vers ce lieu dit. Mettez le doigt là où vous êtes, et allez en arrière, chez le prophète Yeshayahou.
Chapitre 2. Vous allez, le prophète Yeshayahou, chapitre 2, et vous allez lire avec moi ce qui est écrit. Le prophète Yeshayahou, c'est après Melakhim Bet, pour ceux qui ne savent pas. Chapitre 2. Vous y êtes ? Yeshayahou, verset 1, chapitre 2: Davar asher hazah Yeshayahou ben Amots al Yehouda vé-Yérouchalayim. Voici ce qu'il vit, Isaïe, fils d'Amots, sur la Judée et Jérusalem.
Et regardez maintenant ce qui est écrit. Ce sont exactement les mêmes propos, dans la même époque. Il y a un mot qui change. Lequel ?
Ce n'est pas sur ma tête, c'est dans le texte. Non ? Tout ça, non, non, un terme. Pour vous faciliter la tâche, c'est le dernier mot. Qu'est-ce qui est écrit chez Michée ? Amim. Et il est écrit chez Yeshayahou ? Goy. Qu'est-ce que vous entendez dans goy ? D'après vos connaissances ? On emploie le mot goy pour parler de peuple.
Et qu'est-ce qu'on entend dans amim, alors ? Yafé. Non, j'abonde dans votre sens. La vérité, vous avez abondé dans mon sens. Je ne sais pas si tout le monde traduira comme nous le traduirons, mais je suis votre professeur, et vous avez donc appris l'historiosophie tanakhique avec moi. Je traduirai donc goyim par « les peuples » et amim par « les nations ». Pourquoi est-ce que je tendrais à traduire amim par « les nations » ?
Toda rabba, je vais vous en dire une chose, qui vous sert de sens ontologique. Ham; je crois que je vous l'avais dit, mais il faut tout répéter sans une fois. Au lieu du patah, on mettra hirik. Et ham, c'est celui qui est capable d'être im. Vous entendez ce que je dis ? Le peuple est celui qui est capable d'être avec. Qu'est-ce que j'entends dans la formule « avec », moi ?
— Oui, mais il y a une union parce qu'il y a…
Oui, mais lorsque le terme « nation » est apparu, au dix-huitième siècle, avec Fichte en Allemagne, et au dix-neuvième siècle, en France, si vous préférez… Mais je ne vais pas rentrer là-dedans, ce n'est pas votre souci, première chose. Vous n'êtes pas en leçon de géopolitique. Le peuple est…
Dans le droit international, le peuple est un groupe humain lié par une langue, une histoire, une culture et une terre. Je viens de vous donner la définition pure et dure. Cela veut dire qu'en fin de compte, nous sommes ensemble parce que nous avons un centre d'intérêt commun. Comment se fait-il que le peuple va vouloir devenir nation ? Je vous ai dit, dans la terminologie hébraïque,
que ham va devenir houma, parce que nous sommes im, avec. Et j'essaie de vous faire entendre ce que j'entends dans la formulation « avec », qui va bien au-delà de l'intérêt commun qui est le nôtre. « Avec », qu'est-ce que ça m'apporte ? Pour que le peuple devienne la nation. Hein ?
— Oui, mais l'union me fait sentir et ressentir quels besoins…
Oui, c'est-à-dire que l'identité est nécessaire pour donner un… au peuple. Un quoi ? Regardez. Oui, c'est ça, un but. Le mot auquel je pensais: un sens. Nous avons un intérêt commun: la langue, l'histoire, la culture et la terre. Et alors si je parle l'hébreu ? Et alors si ma culture est orientale ? Et alors si mon histoire est l'histoire d'Israël ? Et alors si ma terre est la terre d'Israël ? So what ? Qu'est-ce qui vous manque ? Le sens que vous allez donner à la langue, à l'histoire, à la culture et à la terre. Vous comprenez ? Et là est peut-être la différence que nous devons sentir et ressentir.
Regardez véhaya. L'ouverture, ça, je vous l'ai appris depuis le début de l'année. Véhaya, c'est quoi ? C'est un bon présage. Pourquoi ? Parce que haya est le verbe être au passé, et que le vav qui l'ouvre est un vav conversif, d'accord ? Et non pas un vav de khibour. Le vav de khibour, c'est la conjonction de coordination. Mais où est donc l'armika ? Le vav ici est un vav conversif. Le vav conversif convertit quoi en quoi ? Le passé en futur. C'est-à-dire que ceux qui sont capables d'apprendre de leur passé
pour envisager un futur, eh bien, cela est de bon aloi. Mais attendez, est-ce que je ne suis là que pour tirer les leçons du passé et envisager un projet ? J'ai étudié la Mishna de telle et telle manière pour pouvoir passer mes examens prochainement. J'ai tiré les leçons de mes échecs passés parce que j'ai un projet futur.
Mais en vérité, ce passé, ce futur, il se relie à quoi ? Bien entendu, continuellement, au présent, mes enfants. Vous vous rendez compte que depuis un an, vous ne faites que parler au présent, en apprenant à travers le passé quel est le projet futur ? Je ne sais pas si vous le réalisez. Je ne vous ai jamais appris, pendant un an, si c'est permis ou si c'est interdit. Je ne vous ai jamais appris si c'est bien ou si c'est mal.
Je vous ai appris à penser, à réfléchir, à analyser, à opérer avec ce que l'Éternel nous a donné, c'est-à-dire les neurones et les relations synoptiques. C'est-à-dire être capable d'entendre et de comprendre, de savoir et de reconnaître quel est le projet divin. Mais si le projet divin est un projet, il n'en demande pas moins à chacun d'en tirer les leçons des échecs qui furent les nôtres, afin de pouvoir
donner un sens au projet divin. Cette leçon du passé et le sens du projet divin trouvent leur réalité à la minute où nous sommes là, maintenant. Tous ceux qui sont présents ont la volonté de conjuguer leur histoire au présent de leur présence. Ce n'est pas le cas de la majorité, ne vous en déplaise, mes amis. Et c'est la raison pour laquelle il y a un …
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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