Pessah, de l'Égypte à Yérouchalayim
Pourquoi le Seder vise l'arrivée à Yérouchalayim, le ménage intérieur et la mitsva de se sentir sortir d'Égypte.
Rav Dov Bigon
Ensuite : La joie du mois d'Adar et le renversement de Pourim, 18 min
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Il y a une différence entre une personne qui fait le Pessah à Paris, à Léon ou je ne sais pas où, et celle qui fait le Pessah à Yerouchalayim. Pourquoi je dis cela ? Toute l'histoire de l'homme israélien, c'est un long chemin de l'Égypte à Yerouchalayim. Quand nous sommes sortis d'Égypte, notre objectif était de sortir d'Égypte, de ne pas rester dans la terre, mais d'arriver à Yerouchalayim.
La galout est liée au midbar. Ceux qui sont aujourd'hui encore dans la galout sont en route vers Yerouchalayim. Ceux qui font le Seder à Erets Israël, à Yerouchalayim, sont déjà arrivés à la ménouha et à la halakha. Et ceux qui sont encore dans la galout sont arrivés à l'aide de l'Esprit. Le Rav nous dit qu'on est à Pessah et qu'on fait cette émission parce que toute l'histoire de l'esprit d'Israël est justement de l'exil vers Jérusalem. Donc les personnes qui sont en dehors du pays d'Israël sont encore dans l'exil, encore en chemin vers Jérusalem.
Ceux qui arrivent ont eu le mérite d'arriver à Yerouchalayim, ils sont arrivés à l'endroit. Cela ne veut pas dire que tout est fini, mais ils sont à l'endroit où ils peuvent commencer à construire. Tant qu'ils n'ont pas atteint Jérusalem, ils sont seulement dans les moyens pour pouvoir arriver à l'endroit où il faut construire.
Les mitsvot de la Torah dans le Seder: la première mitsva, c'est de raconter la sortie d'Égypte. Ce qu'on appelle la Haggadah, c'est raconter à l'État d'Israël. La deuxième mitsva, c'est de manger une matsa. On mange une matsa pour l'État d'Israël. Ces deux mitsvot doivent être apprises. Qu'est-ce que c'est que de raconter à l'État d'Israël ? Le raconteur de l'État d'Israël, c'est le raconteur de l'homme israélien. C'est le raconteur de nous.
Le Rav Noudzi,
On a tendance à penser, faussement, que le sort du Seder consiste à se rappeler une histoire qui s'est passée il y a trois mille ans, et à se dire: oh là là, qu'est-ce qu'ils ont vécu. C'est une erreur. On doit se tourner vers le passé, pour mieux comprendre notre présent et mieux construire notre futur. Toute l'histoire de l'Égypte n'est pas l'histoire d'un peuple, c'est ton histoire à toi. Ce n'est même pas seulement l'histoire de la nation, c'est de la nation vers toi, ta vie individuelle.
Et cette sortie d'Égypte doit se passer aussi au niveau individuel. C'est pour cela que les hachamim nous disent: tu dois te représenter comme si c'est toi qui sors maintenant d'Égypte. Cela fait partie intégrante de la mitsva. Il faut arriver à se sentir sortir d'Égypte ce soir-là. C'est la clé de la mitsva du soir du Seder.
Mitzraïm, amarnou, va, matkhilim mimitzraïm, avadim ayinou bimitzraïm. Mishana abaa, bieifou. Amakom achitot baolam eifou Yerouchalayim. Amakom mir bieouchalayim. Amakom achira baolam Mitzraïm. Lama zé Mitzraïm. Michnal, kol shem bagada yeshlo mashmaout. Amila Mitzraïm, z'imilashon tsarot. B'Yivrit, Mitzraïm, metzar, tsarot.
Mekom tsar, mekom sh'arbe tsarou. Yerouchalayim, ze bidouk afouh, ze shlemmout. Yerou shalem, ze yirot shlemmout. Ze achayim shelam. Vayi erev, vayi boker. Mi tsarout, mi avdout, le kherout. Mi choshech, le or. Ze ha maoutchel yitziyat Mitzrayim. Ze mekrim, yesh biya kazot, ba beinad lachon el Tsarfati, optimiyout. Mishu, ech marim le Tsarfati, optimiyout.
Optimiste. Optimiste ! Qu'est-ce que c'est que d'être optimiste ? Qu'est-ce que c'est que d'être pessimiste ? Le pessimiste ne voit rien. L'histoire de la sortie d'Égypte est optimiste. C'est vrai, nous avons souffert en Égypte, mais où allions-nous ? Nous étions dans la douleur, mais nous allions vers la lumière.
C'est la réaction centrale de l'histoire du Seder.
Mat'hilin bignout, on commence par le Sippour de Yerouchalayim, bignout, par les choses mauvaises. Guinay, ce sont les choses mauvaises. Nous étions esclaves, avadim hayinou, esclaves de Pharaon, en Égypte. Havde havdazara. Havde havdazara, mitekhira: nous étions au début de l'idolâtrie, à Yerouchalayim. C'est-à-dire qu'on passe par toutes les mauvaises choses qui se sont passées. À la fin, on finit mat'hilin bignout ou mesayemin bishvar: on finit par les bonnes choses, le shevach, les bonnes louanges, à Yerouchalayim. On finit en disant qu'on était libérés et qu'on veut rentrer à Yerouchalayim.
C'est un grand principe de la Torah. On commence toujours par les mauvaises choses, et des mauvaises choses va sortir le bien. Vayi erev, dit la Torah: ce fut le soir, donc on a l'obscurité. Vayi erev évoque l'obscurité, mais à la fin il y a le jour. C'est le principe de notre vie. On ne commence jamais en Mitzraïm avec le jour, pour finir ensuite dans la nuit. C'est la nuit, puis le jour. C'est le grand principe de la Torah. Cela s'appelle l'optimisme.
La Torah est optimiste. Elle te dit: il y a la nuit, l'obscurité, mais cela se tourne vers la lumière, et à la fin tout sera bien. Quand le peuple d'Israël voit des difficultés, même dans les plus grandes difficultés, il sait qu'il sortira vers la lumière. Cela s'appelle l'optimisme. Contrairement aux gens pessimistes, qui ne voient pas la suite, qui ne voient que l'obscurité, puis encore l'obscurité. Le peuple d'Israël et la Torah sont éduqués à voir l'obscurité comme l'avant-lumière.
C'est la réaction principale de l'histoire de l'État d'Israël: sortir de ces horreurs. Les héros de la Haggadah aussi. Par exemple, le roi d'Égypte, comment s'appelait-il ? Comment s'appelait-il ? C'était Pharaon. Pharaon. Qu'est-ce que Pharaon ? Toute la journée, on parle de quoi ? De Pessah.
Pessah. Pé-Ra. Davar v'yipoucho. Anachnou b'ileleh tsezer, Pessah. Hapeshe lanoum, sakh, sakh ze b'Yivrite le dabere. Anachnou medabrim tov. Tov alam Yisraël, tov HaKadosh Baroukh Hou. Leparou, ma oseh kol azman ? Pé-Ra, dabere. Derech Hagal, lefnei Pessah, anolade, babatim shelachem asim nikayon.
Oui, c'est vrai. Vous n'aidez pas la mère ? Oui, oui. Parfois, quand on fait le ménage, on est un peu en colère, en agressivité, dans ce genre de choses. On peut dire quelque chose comme ça. Il faut vraiment s'assurer que l'on est prêt pour le bien. On ne parle pas de la langue du Rav. Et pas de colère, pas d'agressivité, pas de toutes ces choses.
Pourquoi ? Parce que si tu fais du nettoyage, et tout cela, ce n'est pas seulement un nettoyage physique, c'est un nettoyage du cœur, un nettoyage de l'esprit, un nettoyage de la bouche. Alors tu peux tomber dans la salle de travail, raconter avec la bouche des paroles de sagesse, de joie de l'esprit. Mais si le père, avant, était en colère, et que tout d'un coup il commence à pleurer, qu'est-ce qui s'est passé ? Si tu es en colère, ils ne t'entendent pas après.
Le Rav nous donne un grand principe. D'abord, j'ai oublié de vous dire ce que le Rav a dit. Mitzraïm, metzar, c'est la souffrance, tsar. Et Mitzraïm est …
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