Pourim (03/03/15)
Rav Yossef David
Ensuite : Pourim (20/03/16), 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, on va dire quelques mots d'abord sur Pourim, puisqu'on a Pourim demain, comme vous l'avez demandé. Je voudrais donc expliquer une idée sur Pourim, une idée qui est en fait cachée dans Pourim.
Vous savez qu'en général, la paracha de Kittissa tombe à Pourim. Vous avez remarqué ? Et c'est la seule paracha de l'année où l'on dit que quelqu'un a mis un masque sur la tête. Donc on voit déjà qu'il y a un rapport.
À Pourim, on se déguise. Évidemment, cela pourrait paraître quelque chose d'anodin: le minhag s'est déguisé, finalement il n'est peut-être pas si ancien que ça, il n'est pas mentionné dans la Méguila, il n'est pas mentionné dans la Guemara. C'est un minhag, Békoché, un minhag. Et malgré cela, le fait qu'il soit mentionné dans la paracha ressemble à quelque chose de profond derrière.
Alors, non, il n'est pas écrit qu'il s'est déguisé. Il est écrit que Moshé a mis un masque sur lui à la fin de la paracha, quand il est sorti, parce que la lumière sortait de son visage. Il était choquant, alors pour ne pas les effrayer, il a mis un masque. Vous connaissez l'histoire, non ? Le Keren, qui veut dire rayon, on l'a traduit par cornes, et on a représenté Moshé Rabbénou avec deux rayons de lumière, comme ça, deux cornes. Ils ont vu le mot keren, qui veut dire rayon, et ils l'ont traduit en cornes, alors ils ont fait de lui un monstre, ils l'ont représenté ainsi à Moshé Rabbénou.
Bon, donc on va expliquer un petit peu cette histoire.
Il est écrit comme ça, le Maharal l'explique: tout celui qui commence à boire du vin, le monde entier ressemble pour lui à un plan: Adam domé laAlaf kemichorat. Vous pouvez prendre des notes, ceux qui prennent des notes. Si vous avez des stylos, des cerveaux, tout est connecté.
Donc il y a ce premier remède: forcément, la paracha qui dit cela parle de masse, donc il y a un vague rapport avec le déguisement de Pourim. Pour le moment, on ne voit aucun rapport. Aucun rapport. Surtout que le minhag du Pourim déguisé, comme je le disais, est très tardif, et récent. Dans la Guemara, on n'en a pas entendu parler.
— Oui, mais il faut que ce soit écrit quelque part.
Mais là, c'est vraiment une chose récente, d'assez récent. Non, mais j'avance. Donc, il est écrit dans la Guemara: celui qui boit du vin, le monde entier ressemble à lui comme... On va parler de Pourim d'abord, après on commencera dans la paracha. Il ressemble à lui comme un plan. Alors, maintenant, il peut y avoir deux sortes de plans: soit un plan horizontal, soit un plan vertical. On va voir que c'est les deux.
De quoi s'agit-il ? Il y a deux fêtes dans la Torah qui ont des noms qui se ressemblent: Pourim et Kippourim. A priori, quand on dit qu'une fête est comme l'autre, laquelle est la grande ? La première ou la deuxième ? Si on prend Kippour, on dit: voilà, Kippour, c'est comme Pourim. Cela veut dire que Pourim est plus grand que Kippour. Chose qui, a priori, est le contraire de tout ce qu'on a d'habitude. D'accord ? Mais il y a quelque chose de secret dans Pourim qui est plus grand que Kippour. Et il est secret, on ne le dit pas.
— Oui, je sais, mais qu'est-ce qu'il y a ?
Mais a priori, si vous demandez à n'importe quel juif, un religieux, un pratiquant: où y a-t-il le plus de Gueoula, Pourim ou Kippour ? Kippour. Tout le monde dit ça, c'est évident. Prenez Machia, prenez la Méguila, Kippour est de la Torah, Kippourim est rabbinique, aucun rapport.
— Oui ? Oui, mais là...
On va trouver toutes sortes de rapports, mais vous verrez que pour le moment, a priori, on n'a que des contradictions. On n'a pas encore donné l'explication. Donc il y a un rapport entre Kippour et Pourim. Bon, déjà, ça, on va le résoudre très rapidement: Kippour et Pourim sont l'inverse. Il y a cinq mitsvot à Kippour, cinq mitsvot à Pourim, et chacune vient à l'opposé de l'autre.
Toutes les mitsvot de Kippour sont des mitsvot qui viennent affaiblir le corps pour faire sortir l'âme. Dans toutes les religions du monde, on connaît le concept du jeûne: quelqu'un qui fait un jeûne est moins attaché à son corps, et il arrive donc plus facilement à libérer ses pensées, et à élever son âme. En Inde, il y a des gens qui font des jeûnes pendant des semaines; là, ils ont des pensées, ils ne vous racontent pas. En général, ils pensent à rien, mais bon. Donc ça, c'est le concept universel dans toutes les religions: le concept du jeûne et de...
Et Kippour, vous connaissez les mitsvot négatives de Kippour: ne pas manger, ne pas boire, ne pas porter de chaussures en cuir, etc. Et Pourim est le contraire. On doit manger, on doit boire, on doit être content, on doit donner des cadeaux à tout le monde, un truc qui vient vraiment renforcer. Et à la limite, il y a quelque chose d'unique dans toutes les mitsvot de la Torah: il y a une mitsva, et pas une mitsva de se soûler, de pourim, d'oublier, mais une mitsva de boire un peu plus qu'il ne faut. Celui qui, « ad delo yada », c'est-à-dire qui se trompe.
Ça veut dire être heureux. Ça veut dire avoir suffisamment bu pour être un peu euphorique. Mais se soûler, ça existe dans la Torah ? Ça existe dans la Guemara ? Ce n'est pas écrit là-bas. Et là, dans la Méguila, il est écrit: on doit boire jusqu'à ce qu'on ne voie plus la différence entre quoi et quoi ? Entre « maudit soit Haman » et « béni soit Mordekhaï ». Il n'est pas écrit « entre maudit soit Mordekhaï et béni soit Mordekhaï ». Il n'est pas écrit
cela. C'est-à-dire qu'en vrai, la différence entre détruire le mal et renforcer le bien, ce n'est pas pareil, finalement. Il va forcément aller bien. C'est la différence qu'on a le droit d'avoir quand on boit. D'accord ? Elle n'est pas comme ça. Vous avez compris ? Parce qu'il y a des gens qui boivent, boivent, boivent, après ils vomissent, ils pleurent, tout un cirque. Et évitez-nous tout ça. D'accord ? Mais si vous croyez qu'à une certaine dose vous allez commencer à mettre la main sur l'épaule de votre copain
et dire « tu m'aimes, tu m'aimes », et commencer à pleurer, comme on en voit tous, d'accord ? Alors, oubliez-le. Vous l'oubliez.
D'accord ? Moi, je peux dire: au nom d'Hachem, je ne me suis jamais soûlé de ma vie. De ma vie. Jamais. Oui, à Pourim, je bois plus que ce qu'il faut. Mais je suis loin d'être fou. Très loin. D'accord ?
Alors, je continue, si vous voulez bien. On a expliqué que Pourim vient donc affaiblir l'esprit, puisque quelqu'un qui boit beaucoup, et qui mange beaucoup, …
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