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Le temple de Salomon, un but et un moyen

Le verset Az Amar Shlomo : la maison de l'Éternel comme but, et la relation à autrui comme condition du service divin.

58 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Les fourberies d'Adonya et la réaction de Chlomo, 1 h 05

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Az amar Shlomo: Adonaï amar lishkon ba-arafel. Bano banití vayt zevul, makom leshivtékha olamim. Vayasev hamelekh et panav, vayévarékh et kol kahal Yisrael, vékhol kahal Yisrael omed. Az amar Shlomo.

Le Az, que les choses soient claires, vient nous signifier ce qui fut, mais tout autant ce qui sera. Az yashir Moshé. Ici, Az amar, le verbe amar est au présent: alors Shlomo dit, prononça. Mais le Az reste quand même une occurrence qui nous présente non seulement le temps de l'instant, mais qui peut avoir lieu aussi d'occurrences passées ou futures.

Un petit cadeau en passant: Az, c'est huit. Cela veut dire que le Az est aussi signifiant de ce qui peut advenir, mais dans une dimension beaucoup plus transcendante que le simple événement terre-à-terre qu'on appelle immanent. C'est-à-dire que dans la bouche de Shlomo, disons-le, il y a quelque chose qui va outrepasser la simple réalité présente et qui va toucher à une transcendance de l'événement que nous sommes en train de vivre.

Quel événement ? La royauté d'Israël est installée, le Temple de l'Éternel est fini d'être construit, l'Éternel va résider au sein du Temple. La Chekhina, vous vous rappelez ? Le cours est sur internet pour ceux qui ont oublié. Et la Chekhina va résider dans l'enceinte du Temple. Et vous vous rappelez le voisinage, pour ceux qui étaient là; les autres, à vous d'étudier.

Az amar Shlomo, alors Shlomo prononça: Adonaï amar lishkon ba-arafel, que l'Éternel a la volonté, le désir de résider ba-arafel, dans les brouillards de l'Histoire. Hein ? Ba-ava anan yarad al har Sinaï: dans l'épaisseur de la nuée, il est descendu sur le mont Sinaï. C'est-à-dire ? Ça veut dire quoi ?

Dans l'épaisseur de la nuée, dans le brouillard: cela veut dire que rien n'est foncièrement évident, et qu'il faut bien souvent traverser nombre d'épreuves, de vicissitudes, afin de pouvoir aller à la rencontre de notre cher voisin. J'emploie le mot voisin: bé-kavana, bé-vadaï.

Mais c'est de cela dont il est question. Az amar Shlomo, Adonaï amar lishkon ba-arafel. Bano banití vayt zevul. Bano banití: construire, j'ai construit. Ça veut dire: j'ai enfin réalisé ce qui devait se faire. Bano banití: j'ai enfin réussi à construire cet édifice, cette maison, vayt zevul.

Vayt zevul est une expression du Tanakh qui revient, et qui vient nous signaler l'édifice qui permet aux divins d'être présents. On retrouve ça chez Yeshayahou, chez le prophète Isaïe aussi, à voir. Il est question ici de l'édifice sacerdotal, c'est-à-dire à des fins de faire résider l'arche sainte dans cette maison, dans cet édifice-là.

Bano banití vayt zevul, l'arche. L'arche, ce n'est pas elle; c'est, enfin, elle, la Chekhina. C'est féminin. Donc c'est l'arche, la Chekhina. Makom leshivtékha olamim: makom, c'est un lieu de résidence. Makom leshivtékha, la résidence où tu résideras.

En hébreu, lorsqu'on réside à tout jamais, on dit lachevet. Lorsqu'on réside, le sens de résidence, c'est à tout jamais. Si l'on ne veut pas résider à tout jamais, nous appelons cela en français séjourner. La traduction en hébreu: gur. Vous comprenez ?

Gur, c'est habiter dans le sens de séjourner. Lachevet, c'est habiter dans le sens de résider. Quand vous êtes en Erets Israël, vous ne dites jamais ani gar bi-Yerouchalayim et là ani yoshev bi-Yerouchalayim, même si ça vous sonne bizarre. Mais les ulpanim ne connaissent pas cette sémantique philosophique, et donc ils apprennent ce qu'on leur a appris à apprendre.

Si vous voulez un bon titre à ce que nous faisons maintenant, c'est Birkat Shlomo: la paracha que Shlomo émet, qui va du verset 12 au verset 21. Birkat Shlomo, du 12 au 21. Nous sommes au verset 14. Si vous avez des problèmes, levez la main et je vous explique, mais ne restez pas bouche bée.

Verset 14: c'est-à-dire que le roi a tourné sa face vers le peuple. Les Kohanim, lorsqu'ils à l'Aron HaKodech, ont leur mot à dire à eux.

Dans la relation entre l'homme et l'Éternel, l'homme qui veut se consacrer à l'Éternel, l'homme qui veut être sanctifié par l'Éternel, devra tourner sa face vers le peuple afin d'être consacré par l'Éternel. Vous me suivez dans ce que je dis ? Il n'y a pas de sacrement de l'homme si ce n'est que l'homme ait compris que le service divin ne passe que par le service de l'homme. Est-ce que c'est clair, ça ?

Il n'y a pas de religiosisme confronté à la seule relation de l'homme vis-à-vis de Dieu. L'homme n'est d'autant l'homme de Dieu qu'il a réussi à être l'homme des hommes. Le triangle du Maharal de Prague: Nivra, Nivra, Bore. Créature, créature, créateur.

Si la relation créature à créature est établie, la relation créateur se fait. Le Maharal de Prague, XVIe siècle, rabbi Yehouda Loëw. C'est clair ? Qu'est-ce qu'il explique ? Il dit dans sa phrase: Ohev et ha-briyot, ohev otam ha-Makom. Celui qui est aimé des hommes est aimé de l'Éternel.

Raison pour laquelle le Choulhan Aroukh viendra dire qu'un Kohen qui n'aime pas les hommes, ou des hommes qui n'aiment pas le Kohen, il n'y a pas de Birkat Kohanim. Le point que j'ai voulu révéler ici, et qui est important pour votre éducation, c'est de savoir que si je veux être sacré par l'Éternel, il faut que je sois consacré par les hommes. C'est tout.

Il n'y a donc pas de chemin unique de l'homme à Dieu. La relation de l'homme à Dieu, dit le Maharal de Prague, est dans la relation du Nivra au Nivra, de la créature à la créature. Cette relation, ce que Lévinas appellerait l'altérité, est capable de révéler la relation possible à l'Éternel.

Raison pour laquelle, le jour de Kippour, Kiba Yom HaZé ikhem, Pera lékhem, mi-kol ha-avonot ikhem, lifné Hachem titharou: ce jour est capable de racheter vos fautes, entre guillemets, dans les relations de l'homme à Dieu, mais en aucun cas les relations des hommes entre eux. Il est probable que la majorité d'entre nous ressortions, après les tefilot de Kippour, une main devant, une main derrière, comme nous sommes rentrés, pour la simple raison que nous n'avons pas réalisé cette consécration.

Nicolas, c'est clair ? Donc, n'oubliez pas qu'il y a ici un point qui n'a pas été inventé par l'auteur littéraire ou l'auteur philosophique. Il y a un sens évident ici à la relation entre les hommes pour être consacré. L'ermite, je ne sais plus comment on l'appelle, non, pas Thierry l'ermite, Bernard l'ermite, voilà, merci. Ce cas monastique, l'isolement, l'isolationnisme, ne fait pas partie de ce que nous apprenons.

Bien au contraire, il y a fait. Je continue. Donc lui, il se tourne, et qu'est-ce qu'il y a d'écrit ? Ve-kol kahal Yisrael omed: et toute l'assemblée d'Israël se tient debout.

Ce n'est pas écrit, mais finissez la phrase: le roi tourna sa face vers la nation pour la bénir, et le peuple se tenait debout face à lui. Vers le roi, face à lui, bien sûr ! Vous comprenez que c'est une chose qui entraîne l'autre. Vos enfants n'auront autant de regard vers vous que vous n'aurez eu de …

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