Le jugement de Salomon : justice et pouvoir
Comment Salomon tranche entre les deux femmes et ce que ce récit enseigne sur la justice royale.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le temple de Salomon, un but et un moyen, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Melakhim Alef, chapitre 3, verset 23. Vous l'avez ? Ça commence par Vayomer. Vous avez: Vayomer HaMelekh, Zot omeret, Zeh, Nira, etc. Tav. De ce que nous avions vu avant les quinze jours où nous ne nous sommes pas vus, il y avait le testament de David, la mise en place du règne de Shlomo, et bien entendu ce que David avait demandé concernant tous les rebelles, tous les responsables de crise de lèse-majesté qui avaient été entamés. Ces affaires seront mises à exécution, non pas parce qu'il y aura peine de mort, d'abord et de prime abord, mais parce que Shlomo donne une sorte de sursis.
Une deuxième chance à certains, bien que d'autres, comme Yoav, seront passés par le fil de l'épée. Comme Adonia, dont vous vous rappelez la volonté: en demandant la main de la Shunammite, la dernière compagne de David, il avait d'une certaine manière, de façon insidieuse et fallacieuse, voulu accéder à une place royale qui lui avait été refusée, alors que lui pensait qu'elle lui revenait de droit.
Bon. On va traiter aujourd'hui de ce qu'on appelle le célèbre Mishpat Shlomo, c'est-à-dire le jugement de Salomon. Juste avant de commencer, bien entendu, j'espère avoir l'occasion... C'est dommage que tout le monde ne soit pas là. Mais, comme d'habitude, les absents ont toujours tort, et l'histoire ne se fait qu'avec les présents.
Vous dire quelque chose concernant ce que nous avons vécu pendant cette dernière semaine, je ne m'étalerai pas. Mais malheureusement, la vie doit prendre le dessus, et pour nous, la vie qui prend le dessus, c'est le fait que nous voulions continuer de savoir, d'entendre et de comprendre, c'est-à-dire d'avoir une connaissance qui seule restera la source de notre conscience. Il est donc important de continuer et de perpétuer cette recherche de connaissance pour une meilleure conscience, parce que seuls ceux qui seront conscients seront les combattants de demain. Les inconscients, en général, sont devenus les victimes, physiques ou spirituelles, psychologiques, des événements de l'histoire. Il est donc important que cette connaissance soit à notre portée.
Vous rappelez-vous que ma jeunesse ne fut pas celle que vous entrevoyez aujourd'hui. J'ai eu la chance, pour ma part, c'est ce que je peux dire, de rencontrer certaines des personnes qui ont été assassinées. Je parle de l'événement qui a d'abord été énorme au niveau planétaire, et de ces gens qui nous faisaient rire par leur manière d'aborder les choses, mais surtout par la liberté pour laquelle des gens comme moi, dans leur jeunesse, ont combattu. Ils sont toujours, même aujourd'hui, les combattants de la liberté, de la liberté d'expression, de la démocratie, et du libre mouvement des hommes et des idées.
Il est bien évident que nous avons été plus qu'éprouvés. En tout cas, jusqu'à jeudi soir, j'ai envoyé un texte que j'ai écrit, qui s'appelle « L'intégrisme, le fondamentalisme ». C'est un long texte. Je ne sais pas si je vous l'ai envoyé, à vous, mais je n'ai pas vos téléphones. Si vous voulez, vous me donnerez une feuille avec vos numéros, et je vous l'enverrai. Dans ce texte, je traite le sujet qui m'a énormément, excessivement... pas seulement chagriné, mais fait verser beaucoup, beaucoup de larmes, jusqu'à ce fameux vendredi, le surlendemain, où bien entendu rien n'était terminé, puisque tout continuait avec le massacre de nos frères qui étaient là-bas.
Je vais vous dire ce que j'ai déclaré dans l'interview des radios qui m'ont appelé, entre la France et Israël. Je ne m'étalerai pas dessus. À vous d'essayer d'entendre et de comprendre, on pourra en reparler à une autre occasion.
En 1933, les nazis ont brûlé des livres. En 1942, on n'avait pas oublié que les nazis avaient brûlé des livres, mais cela leur permettait certainement de penser qu'on pouvait brûler des hommes. Dans un même contexte, la semaine dernière, on a assassiné des hommes. Je crois que les choses ne sont pas le fruit du hasard: les hommes de la presse, on a voulu les museler.
Et on a assassiné les hommes du peuple du livre parce qu'on a voulu les museler. Nous en reparlerons dans les cours, j'espère, mais sachez que nous sommes, comme disait le Rav Kook, les hommes du printemps de la liberté. Ceux qui, en sortant d'Égypte, se sont révoltés, pour ceux qui se sont révoltés, les conscients, pour revenir à ce que nous disions: conscients des notions de liberté, d'égalité, et donc l'Égypte était insupportable.
Et de fraternité, car non seulement en nous alliant les uns avec les autres au sein de notre peuple, qui devenait le fer de lance et le porte-étendard de cette liberté, de cette égalité, les enfants d'Israël étaient capables de faire valoir cet événement que Yossef avait pu racheter face à ses frères, après que Caïn et Abel aient malencontreusement ouvert l'épopée de l'histoire humaine. Et bien, la fraternité.
Je ne crois pas que ce soit par hasard que la Révolution française ait décidé de choisir des termes qui sont le kherout, le chivyon, la arvout, alors que ce sont des thèmes bibliques à part entière. Et je trouve, non pas amusant, mais dramatique, que dans un même moment on ait voulu museler ceux qui voulaient parler, et que ceux qui étaient le peuple du livre aient été assassinés afin de faire taire quelque chose.
Je crois que tous les hommes de conscience, les hommes de connaissance, les hommes qui, comme nous, enseignent les valeurs de l'hébraïsme à travers la morale comme concept et l'éthique comme capacité d'être et de devenir, doivent faire partie de ces gens qui se lèvent pour dire, foncièrement, que les enfants d'Israël, l'ayant déjà prouvé pendant deux mille ans, pourront certainement, comme le disait La Fontaine, courber mais jamais se briser.
Et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui nous sommes là, et nous continuons. Parce que notre projet est celui de devenir, et de faire devenir, une société humaine qui sera, selon le projet divin, dans les règles énoncées par la Torah, un projet où, comme le disait Yéshayahou, les épées deviendront des socs de charrues, et le loup et l'agneau pourront paître ensemble. C'est vous dire ô combien de fraternité il faudra au loup et à l'agneau, combien d'égalité il faudra à l'agneau et au loup, et combien de liberté de conscience pour pouvoir accepter que l'autre, différent, est celui qui est tout aussi proche de moi. Point. Merci d'avoir écouté.
Donc vous entendez dans ma voix combien j'ai été bouleversé, d'abord par la perte de ces hommes que certains d'entre nous avaient connus, et bien entendu par la perte de nos frères qui se trouvent aujourd'hui dans un dilemme, pour les survivants et pour ceux qui restent là-bas, un véritable dilemme cornélien: mourir noyé ou mourir par l'épée. Ce dilemme cornélien reste encore et toujours le nœud gordien de notre histoire.
C'est pourquoi nous devons faire appel, non pas au slogan « fuyez, barrez-vous, je ne sais trop quoi », mais faire prendre conscience, par une connaissance foncière, de ce que nous vivons et de ce que nous sommes. Voilà. Donc nous passons à notre cher Shlomo, qui lui aussi va certainement nous dire beaucoup de choses. Je vous y …
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