Yom Yerouchalayim (27/05/14)
Rav Yossef David
Ensuite : Yom Yerouchalayim : le deuxième Pessah, le 28 Iyar et la libération de Jérusalem, 56 min
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Donc voilà. Aujourd'hui, on va parler de Yom Yerouchalaïm. Je voudrais me baser sur des textes que j'ai apportés, tirés de deux auteurs importants: un du Rav Avraham Livni, et deux de Lévinas. On verra aussi des midrachim, des sortes d'idées pour lier tout ça. D'abord, je voudrais qu'on explique un peu ce que c'est, ce concept de Jérusalem, et l'importance qu'il a dans le monde.
Jérusalem, comment on appelle ça en français ? C'est l'endroit où le ciel et la terre se rencontrent. On appelle ça Yerouchalaïm Shel Maala, le Jérusalem d'en haut, et le Jérusalem d'en bas. Beaucoup entrent dans le Jérusalem d'en haut, et nous, nous entrons dans le Jérusalem d'en bas. En gros, l'infini, le ciel rencontre la terre en un endroit, à Jérusalem.
C'est quelque chose qui est profondément ressenti par l'humanité. C'est pour ça que tout le monde veut nous chasser de Yerouchalaïm. C'est une chose assez universelle: tout le monde décide que Yerouchalaïm, c'est son endroit sacré. Les luttes politiques et géopolitiques qu'il y a aujourd'hui dans le monde sont l'expression de quelque chose de beaucoup plus profond, qui est parfois ressenti, parfois même conscient, parfois inconscient.
Il faut chasser les Juifs de Yerouchalaïm parce que les Juifs, en ayant Yerouchalaïm, réalisent leurs prophètes, réalisent leurs histoires, et donc ils ont raison. Et s'ils ont raison, tout le monde a tort. Vous comprenez le problème, la crise théologique totale du christianisme quand on est revenu à Yerouchalaïm. Si vous voulez le savoir d'une manière historique: le peuple juif n'a jamais beaucoup intéressé l'humanité ces 2000 dernières années. Ok ?
Il y avait des hakhamim, à l'échelle individuelle, des gens qui ont fait de grandes choses, qui parfois étaient appréciés par le sultan, par Napoléon, par toutes sortes de gens. Mais en tant que peuple, certainement pas; en tant qu'État, non plus, puisqu'on n'était plus là. Depuis 1967, on est revenus, depuis 48 on est revenus sur la scène de l'histoire, mais on ne faisait pas encore la une de tout le monde. Depuis 1967, le peuple juif a pris une importance capitale pour toute l'humanité.
Pourquoi ? Parce qu'on est revenu à Yerouchalaïm, en 67. Et deuxièmement, quand le peuple juif a commencé à gagner ses guerres, d'une manière phénoménale, le monde a commencé à s'intéresser. S'intéresser à nous, ça ne veut pas dire nous aimer, hein. Dans notre situation, on a gagné, mais on est encore un pays très fragile.
Les gens se demandaient combien de temps on allait durer. J'ai parlé avec une journaliste de Radio France Internationale. Je lui ai demandé: à votre avis, quelle est la largeur d'Israël, si on compte la Judée-Samarie ? Elle m'a dit: je ne sais pas, dites-moi un chiffre. Je lui ai dit: treize kilomètres et demi, et dix-sept kilomètres jusqu'à Tel Aviv. Ce n'est pas beaucoup. Et avec la Judée-Samarie, c'est combien ? Quarante-cinq.
On a fait des présentations devant des sénateurs, avec des cartes comme celles-ci, pour expliquer aux hommes politiques. À chaque fois qu'on reçoit un sénateur, par exemple de l'Oregon, ou de n'importe quel État des États-Unis, ce qu'on leur fait comme targib, c'est qu'on leur montre la carte d'Israël: à votre avis, quelle est la différence de taille entre votre État, disons le New Jersey, et Israël ? Ils disent: la moitié, le douzième. Ensuite, on prend leur État et on le superpose.
Combien de fois ? Ils disent trente fois, cinquante fois. Ils disent quoi ? Ils parlent de quoi, de chien ? Ils n'arrivent pas à y croire. Donc, l'État d'Israël, quand il commence à gagner ses guerres, il devient intéressant. Pourquoi ? Parce qu'il y a quelque chose de très profond dans l'humanité, qui est exprimé dans le livre de Michelet, qui dit: Hokhmat adam bezouyah, vehen dvarav nishmaïm. En français: l'intelligence du pauvre n'est pas écoutée.
Ces paroles sont méprisées, et ces paroles ne sont pas écoutées. D'où l'importance: quand vous commencez à gagner vos guerres, le monde vous écoute. Prenez un exemple très simple. Les États-Unis, c'est un pays qui n'a pas grand-chose à raconter, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais produit de philosophes de leur vie. Ils ont leurs qualités, mais au niveau de la pensée humaine, ce n'est pas là qu'ils ont fait des révolutions. Ils ont gagné beaucoup de guerres, et tout le monde met des jeans, mastique du chewing-gum, et suit leur direction. Parce que quand vous êtes fort, les gens vous écoutent.
Il n'y a aucun rapport entre avoir raison, par exemple, et une chose plus profonde. Les gens disent: « Si toi tu es si intelligent que ça, comment se fait-il que tu sois pauvre et malade ? » Vous comprenez ? C'est ce que le monde disait au peuple juif. Dans le Kuzari, il vient et dit: on va écouter les musulmans, les chrétiens, les philosophes, mais les Juifs ne servent à rien, parce qu'ils sont tellement zéro, tellement humiliés par toute l'humanité, que c'est sûr que la vérité n'est pas chez eux. Et il nous répond: si la vérité est chez vous, et que Dieu est avec vous, pourquoi vous faites-vous écraser par tout le monde ? C'est une vraie tana, c'est une vraie affirmation, ce n'est pas quelque chose de négligeable.
Donc, quand le peuple juif commence à gagner ses guerres, et que ça se fait de plus en plus, parfois de manière absolue, c'est… La guerre des Six Jours, c'était quelque chose que personne n'a compris. Et même la guerre du Liban. Sachez qu'en une semaine, on a écrasé toute la défense aérienne de la Syrie. On passait tous les jours au-dessus de Damas sans que personne nous embête. On a détruit la majorité de l'armée de l'air syrienne, pendant la guerre du Liban, et ça, je crois, en quelques jours. Il y avait des flashs spéciaux, comme ça, tous les quarts d'heure.
Trois avions syriens ont été abattus, puis deux autres. Tous nos avions sont revenus, revenus, revenus. Pas un seul avion n'était touché. La défense antiaérienne qui se trouvait au-dessus du Liban et de Damas était la même que celle qui se trouvait autour de Moscou, à quelques améliorations près. Tout d'un coup, les Russes se sont dit: attendez une seconde, ça veut dire qu'on peut entrer à Moscou quand on veut ? Ils ont compris le problème, et ont commencé à avoir une crise dans le monde entier. Ils se sont dit: on a envoyé ce qu'on avait de mieux là-bas, et nous, on les a éclatés.
Ils se demandaient: comment ont-ils de nouvelles armes ? Comment ont-ils fait ça ? Le monde entier commençait à nous regarder. Attends, qu'est-ce qui se passe avec ces jeunes ? De quoi parle leur Talmud ? Tout d'un coup, il y a eu un phénomène nouveau. Dans le monde entier, des juristes viennent faire des stages de Talmud. Il y a des pays, comme la Corée du Sud, qui enseignent le Talmud à tous leurs élèves. Il y a plus de gens qui étudient le Talmud en Corée qu'en Israël. C'est drôle, mais c'est comme …
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