PARACHAT VAERA (17/01/12)
Rav Yossef David
Ensuite : Parachat Vaera (23/01/17), 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On n'est pas en direct, mais le différé nous attend malgré tout. Donc, paracha Vayikra, comme vous l'avez tous lu, j'imagine. Ça y est, on a fini de se chauffer les mains avec Pharaon. On va commencer à lui expliquer le langage des signes. C'est fini: on va lui apprendre qui c'est Hachem, et ça va faire partie de l'apprentissage. Vous allez voir que…
Il y a une question que tout le monde pose, et quand je vous la pose, en général, on attend de voir ce que je vais répondre. Mais attendez, je vous la pose: qu'est-ce que vous croyez ? Pourquoi HaKadosh Baroukh Hou fait-il des plaies ? C'est pour qui, les plaies ? A priori, pour les pharaons. Pour les Égyptiens. Pour faire plaisir, à qui ? Pour faire plaisir. Justement, ils ont entendu quand même, oui.
Il y a forcément quelque chose de profond là-dedans. Il faut bien comprendre que HaKadosh Baroukh Hou pouvait très bien faire sortir le peuple juif sans demander à personne. Et il y a tout un processus, super long: on prévient, on vient, on frappe, on rentre. C'est long, tout ça. Pourquoi fait-il tout ça ? Tout le processus des plaies, il faut essayer de le comprendre comme une approche face à Pharaon, face à l'Égypte, et face au monde entier. Une préparation, d'accord ?
Mais encore une fois, si le but c'est de sortir… D'accord, mais il y a encore plus bizarre: quand Pharaon a reçu les dix plaies, il laisse partir la semaine suivante, d'accord ? On aurait pu croire que, si on a peur des plaies, alors on a peur des plaies. Mais quand les plaies sont déjà passées, de quoi a-t-on peur ? Donc, bon.
Donc, on va voir un petit peu la paracha. La paracha commence d'une manière un peu dure, avec Moshé Rabbeinu. Vous savez pourquoi ? Vous connaissez les khayyams: j'ai des phrases comme ça, Moshé Rabbeinu a fauté, Avraham a fauté… Il y a un Hachem qui a dit un jour qu'il allait arrêter de chercher la raison pour laquelle Moshé Rabbeinu ne rentre pas en Israël. Nous, quand on y arrivera, on en parlera. Parce qu'il avait cherché dans tous les Hachamim, et il avait déjà trouvé treize fautes de Moshé Rabbeinu. Il ne voulait pas en trouver une quatorzième. Ce qu'on a trouvé suffit.
En général, c'est vrai que dans les drachot de Chabbat, à la synagogue, on aime bien dire « et voilà la faute de Moshé », tout ça. À un tel point qu'on oublie qui c'est, Moshé. On oublie que nos gdolim, qui nous ont éclairés toute notre vie, sont là. Tout d'un coup, on parle de leur faute ici, de leur faute là-bas. Il ne faut pas oublier qui ils sont avant de parler de ce qui pose problème.
Donc, Moshé Rabbeinu. Quelqu'un n'a pas de stylo ? Bon, il y en a qui ne veulent pas l'avouer. Vas-y, tiens. Attends un, attends un. Je visais là et j'ai raté. Je sais.
Moshé Rabbeinu n'était pas content que, quand on a commencé la Gueoula, au moment où elle avance, elle recule. Il faut bien comprendre que c'est quelque chose de normal. Je vais expliquer ça. L'explication que je vous donne est vraie dans tous les domaines, y compris dans le domaine politique. S'il y a des forces qui régissent le monde, ça peut être les forces en Israël qui dirigent la société israélienne. Et on décide de changer ces directions du monde, on décide de mettre d'autres forces qui vont diriger la société, ou le monde.
Les forces qui régissent déjà le monde vont se défendre. Elles ne vont pas cesser de faire un haram. Elles veulent garder leur hégémonie, leur puissance. C'est donc normal que ça aille encore pire quand ça commence. Ça ne va pas se passer comme il y a très longtemps. Ces gens-là, les Égyptiens, ont quelques millions d'esclaves; c'est très sympa, on fabrique plein de pyramides, ça va venir des touristes… plus tard. C'est pratique, on ne va pas lâcher ça comme ça. On a envie de garder ces travailleurs gratuits et motivés. Donc, quand on commence un changement, ça ne peut qu'aller pire. Maintenant, l'émouna, le courage, c'est de continuer.
Aujourd'hui, on voit la même chose: quand des gens essaient de changer l'hégémonie, si vous voulez, de tous ceux qui dirigent Israël vers une même direction, qui n'est pas la direction du peuple, c'est évident que les gens qui sont à la tête vont se défendre. C'est normal. Au sein de la justice, dans les cours, dans la presse, dans les médias, tout ça. Donc c'est normal qu'ils fassent tout pour empêcher, mais il ne faut pas avoir peur. Quand on sait qu'on a raison, il faut avoir le sens et le courage d'aller jusqu'au bout.
Moshé Rabbeinu ne comprend pas très bien, parce qu'il a affaire à HaKadosh Baroukh Hou. Il dit: tu fais tout ce que tu veux en une minute, je ne comprends pas pourquoi il y a des problèmes, pourquoi c'est compliqué, pourquoi ça dure, pourquoi c'est encore pire qu'avant. Depuis que j'ai commencé à parler aux juifs, c'est encore pire qu'avant que je leur parle. L'esclavage s'est beaucoup endurci depuis que Moshé Rabbeinu a commencé à parler. Et ça, c'est une réaction normale. Les juifs commencent à avoir des idées, un peu des idées de liberté, et ils pensent trop. Pour qu'ils arrêtent, on les abrutit. On les abrutit avec le travail. Aujourd'hui, on les abrutit avec le foot, avec d'autres choses, mais bon. Le but, c'est de les abrutir pour qu'ils n'aient plus le temps de penser à la liberté. L'idée, c'est de leur enlever leurs idées de liberté.
Et Rachi: Pharaon dit « Nir Pim ». Ils sont trop libres, ils ont trop de temps, donc on va les asservir encore plus.
Donc ça commence comme ça: la paracha commence par une réaction de Moshé Rabbeinu, qui ne comprend pas pourquoi les choses prennent du temps. HaKadosh Baroukh Hou lui parle assez durement, et lui dit: écoute, à qui te compares-tu ? À Avraham, Yitzhak, Yaakov. Voilà, écoute: à Avraham, Yitzhak et Yaakov, moi je leur ai fait des promesses que je n'ai jamais réalisées sur eux. Vous savez qu'une des grandeurs des Avot, c'est qu'ils étaient patriarches. C'est-à-dire qu'on leur a fait des promesses, et qu'ils ne les ont pas vues de leur vivant, mais qu'elles se sont réalisées pour leurs enfants.
Une des grandeurs des Avot, des patriarches, c'est d'avoir pu exister entièrement pour les générations à venir. Tout ce qu'ils ont fait, c'était pour leurs générations à venir, ils n'en ont pas trop profité. Ils n'ont pas profité d'une très grande multitude de descendants, puisqu'ils ne l'ont pas beaucoup vue. Et ils n'ont pas profité non plus de la terre d'Israël qu'on leur avait promise, puisqu'ils ont dû acheter chaque bout de terrain qu'ils ont eu: on ne le leur a pas donné tel qu'on l'avait prévu.
Cours de Machon Meir
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311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.
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