Parachat Vaera (13/01/15)
Rav Yossef David
Ensuite : PARACHAT VAERA (17/01/12), 55 min
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Introduction à la paracha Vaéra
Donc, nous revenons dans la paracha de Vaéra. Dans cette paracha, le peuple égyptien va commencer à payer pour nous avoir embêtés, asservis, exterminés, pogromisés pendant quelques centaines d'années. À ce moment-là, on va voir la première plaie qui va retomber sur l'Égypte. On va parler de plusieurs choses qui sont d'actualité, et on est obligé d'en parler quand on évoque la société aujourd'hui.
Dans la paracha, vous savez combien de plaies il y a ? Sept plaies. Et à la sixième plaie, vous savez ce qui se passe ? Il y a un passage entre la cinquième et la sixième, qui se passe au niveau de Pharaon. Pharaon a changé entre la cinquième et la sixième plaie: il a perdu son libre arbitre. On va en parler. Avant cela, il hésitait déjà, il commençait à comprendre, mais il ne pouvait plus. Il s'est arrêté. On va expliquer pourquoi HaKadosh Baroukh Hou fait un truc pareil.
Ça peut paraître bizarre. On a le droit de poser toutes les questions, mais il faut les poser avec kavod. Vous connaissez, on aime bien les questions les plus… Mais il n'y a pas de problème: il faut toujours les poser avec kavod, avec l'esprit. D'accord ?
## Les paroles dures envers Moshé Rabbeinu
La paracha commence par des paroles dures adressées à Moshé Rabbeinu. Vous savez pourquoi HaKadosh Baroukh Hou est dur ? Vayédaber Elohim el Moshé, des mots difficiles. Pourquoi est-il dur avec Moshé ? Qu'est-ce que Moshé a dit ? Il vient vers HaKadosh Baroukh Hou et lui dit: « Tu m'as envoyé, tu as livré ce peuple, et depuis que je leur parle, ça empire. » Qu'est-ce que Hachem répond ?
Il répond: « C'est moi qui ai promis cela. Je me suis révélé à Avraham, à Yits'hak et à Yaakov, et je leur ai promis toute leur vie, et je ne l'ai jamais réalisé. » La grandeur des Avot, d'avoir été liés à Hachem, c'est qu'ils ont reçu toutes sortes de promesses: qu'ils hériteraient d'Erets Israël, qu'il y aurait une grande multitude de descendants. Mais cela ne s'est pas réalisé en eux. Et un père n'a jamais de problème à ce que ce ne soit pas lui qui en profite; ce qui compte, ce n'est pas seulement leur existence, c'est aussi celle de leurs descendants.
Et HaKadosh Baroukh Hou dit à Moshé: « J'ai fait quelque chose de plus difficile avec Avraham, Yits'hak et Yaakov, et ils n'ont pas réagi comme toi. » D'où ce discours difficile adressé à Moshé Rabbeinu. On sent déjà que Moshé Rabbeinu va passer par là pour entrer en Erets Israël, même si on ne sait pas encore comment cela va se passer. Mais HaKadosh Baroukh Hou lui dit: « Ne t'inquiète pas, tu vas voir ce que je vais faire à Pharaon et à l'Égypte. » Et il ajoute: « Tu ne verras pas ce que je ferai aux trente-et-un rois d'Israël, que Yéhochoua, lui, verra. »
Il n'y a pas qu'une seule raison. Il y en a au moins quatre. On en verra plus tard, quand on arrivera là-bas. Mais là, il est déjà marqué que… Oui, il est dur. Moshé Rabbeinu dit… La première raison: pendant une semaine, il ne voulait pas aller voir Moshé, il ne voulait pas recevoir la mission. La deuxième, c'est maintenant: on voit qu'il vient demander à Hachem: « Pourquoi fais-tu cela ? »
Parfois, quand on parle de Gueoula, de délivrance, et qu'on fait avancer le processus messianique, eh bien, ça… Il ne faut pas s'inquiéter. Quelqu'un qui a de l'émouna, un Juif qui a de la émouna, sait qu'il y a parfois des déchéances, et que ces déchéances font partie des montées. C'est obligatoire. Tandis que parfois, on n'est pas capable de faire ce qu'on doit faire pour faire avancer l'histoire. Alors Khayyivoukhou envoie toutes sortes d'émissaires mauvais pour que nous fassions avancer l'histoire.
## Nevoukhadnetsar, instrument de la Providence
Vous savez que le plus grand rachat dont on parle dans le Tanakh… on n'en parle pas dans le Tanakh: Nevoukhadnetsar. Vous en avez parlé, de Nabuchodonosor ? Il est appelé dans le Tanakh une figure très particulière, « Nevoukhadnetsar » ou « Nevrat Rezach ». Ils ont changé son nom exprès. Avdi, mon serviteur: c'est un mot très rare. Quand on dit « mon serviteur », c'est quelqu'un qui fait vraiment ce que tu veux, un esclave. Il est marqué Moshé avdi, David avdi, d'accord, jusque-là ça va.
Et après, il est marqué « Nivura tretzar avdi ». Ça veut dire: « Je les ai envoyés. » C'est-à-dire que quand Nabuchodonosor vient détruire le Temple, ce n'est pas parce qu'il en a eu envie, tout le monde en a eu envie. Pourquoi a-t-il réussi ? Parce qu'Hachem l'a bien voulu. Donc, à un certain point, il envoie toutes sortes d'émissaires qui sont horribles, quand nous n'arrivons pas à être à la hauteur de notre propre destin. Et cela arrive parfois dans toutes sortes d'endroits, pas seulement en Erets Israël; cela est aussi arrivé en France. Malheureusement.
Ça ne veut pas dire que Nabuchodonosor est celui qui a détruit le Temple. Vous comprenez ? Il ne l'a pas détruit. Il l'a laissé faire. Vous comprenez ? Il l'a laissé, et donc c'est arrivé. Ce n'est pas qu'il l'a voulu; il l'a laissé. Vous avez compris ? Ah, vous avez compris la différence entre « laisser » et « vouloir » ? C'est pareil. Non. Eh bien… C'est comme ça… Une seconde: je reprends cette idée. C'est faux. Je vous réponds: c'est faux.
## La liberté de l'homme face à Hachem
Attends, je réponds. Tu veux bien ? Tu veux la réponse ? Tu veux que je réponde aux questions ? Tu veux me donner la réponse ? Alors regarde. Il existe une compréhension, une mauvaise compréhension, de l'interaction entre l'homme et Hachem, qu'on trouve dans l'islam, mais pas dans le judaïsme. La fausse conception de la relation entre Hachem et l'homme, c'est: tout ce que je fais, c'est Dieu qui le fait. Quand je lève la main, c'est Hachem qui lève la main. Quand je bois mon thé, c'est Hachem qui boit mon thé.
Dans l'islam, il est affirmé que tout ce que tu fais, c'est en fait Dieu qui l'a voulu. Les musulmans eux-mêmes comprennent la réponse que l'on oppose à cela: « Alors, pourquoi suis-je puni, et pas lui ? Pourquoi, quand je fais quelque chose de mal, dois-je être puni ? C'est lui qui fait comme je fais. » Vous comprenez que s'il n'y a pas de liberté, tout jugement est absurde.
Vous voyez le problème ? Soit il y a liberté, et alors il y a justice; soit il n'y a pas liberté, et il faut oublier la justice. Parce que si c'est lui qui décide, alors qu'il soit puni, lui. C'est n'importe quoi, en vrai. La réponse de l'islam à cette interrogation, c'est: oui, ça fait partie des mystères. On ne peut pas… il n'y a pas de …
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