Parachat Chemot (10/01/12)
Rav Yossef David
Ensuite : PARACHAT CHEMOT (13/01/09), 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le. Donc, paracha Chemot. On ouvre un nouveau livre. Oui, mon prince d'Égypte, on verra après. Dans ce livre de Chemot, c'est essentiellement le livre qui va nous raconter la sortie d'Égypte, la réception de la Torah, et encore pas mal d'événements. Mais, en gros, ce qu'il y a de plus important, c'est qu'on commence notre histoire en tant que peuple. Jusqu'à présent, on était une famille.
Maintenant, on va être un peuple. Et il y a beaucoup de conséquences à ça, du fait qu'on soit un peuple et pas une famille. Par exemple, une halakha que vous connaissez: avant le don de la Torah et après le don de la Torah, on a acquis la dernière dimension qui nous manquait en tant que peuple, dans le sens où on a eu une loi qui venait unir notre peuple. Avant le don de la Torah, le judaïsme se transmettait par le père ou par la mère; après le don de la Torah, c'est par la mère uniquement.
Il n'y a aucun rapport entre le fait d'être un peuple et le fait que ça vienne du père ou de la mère. Pour la mère, on est sûr que… non, ça, c'est pour tout ça, c'est pour ça, pour les… La mère, on est sûr que non. Nous, on a confiance dans les choses qui seraient, on est sûr pour tout le monde, il n'y a pas de problème. Et pour les pères aussi. Non, quand on est une famille, l'identité nationale n'est pas encore bien, bien marquée. Donc, c'est moi qui amène: le père, en général, c'est lui qui amène plus le côté, si vous voulez, la mémoire, zékhar. C'est lui qui va plus enseigner la culture, la religion à son fils. Et la mère, c'est elle qui va plus donner l'identité. C'est-à-dire que les choses qui sont naturelles vont passer plus par la mère, et les choses qui sont enseignées vont plus passer par le père.
Donc, avant d'être un peuple, l'identité passe par le père, dans le sens où on n'est pas encore assez forgés en tant qu'identité, quelque chose qui est devenu naturel, pour que ça puisse passer par la mère. À partir du moment où on devient un peuple, au premier don de la Torah, on a vraiment achevé ce phénomène de peuple, et ça passe par la mère. C'est-à-dire qu'on parle de Trounot, de propriété naturelle.
C'est quoi les trois propriétés qu'on attribue au peuple juif d'Erets Israël ? Il y a trois qualités qu'on peut observer. Oui ? Alors, Baychanim, ok ? Baychanim, Rachmanim, et ? Le troisième ? Non, les Tsadikim ?
C'est vrai qu'on est comme ça, mais ce n'est pas quelque chose de spécifique à nous, vraiment. C'est-à-dire qu'on est comme ça, mais il y a trois choses qu'on dit, qui sont spéciales aux Hamisraëlim, et c'est pour tout le monde. On a dit donc: Baychanim, Rachmanim, Gomlei Hassadim. Ce sont trois attributs. Je ne vais pas dire « ces deux qualités », parce que ça peut être un défaut. Baychanim, c'est ceux qui ont une certaine pudeur. Rachmanim, ceux qui ont une bonté, une miséricorde. Et Gomlei Hassadim, ceux qui font du bien.
Maintenant, si vous voyez des Juifs dans le monde entier, vous verrez des Juifs qui ne sont pas du tout religieux, et vous verrez qu'on va retrouver ça. Par exemple, à la tête de beaucoup d'organisations dans le monde, qui sont pour telle ou telle liberté, ou pour telle ou telle minorité, ou contre telle ou telle injustice, vous verrez des Juifs. Vous avez remarqué ça ? Malheureusement, même dans les organisations qui font contre nous.
Oui, il y a beaucoup de Juifs, d'accord ? Et très souvent, on voit chez les Juifs cet attribut, je ne vais même pas dire cette qualité, qui fait qu'on a envie d'être bon, on a envie d'un monde meilleur. Sartre avait dit un jour que les Juifs se trouvent dans toutes les révolutions, et qu'ils doivent rester dans toutes les révolutions parce qu'ils sont capables d'y amener une certaine morale. C'est-à-dire que quand une révolution commence, on ne sait pas par où elle va. Et après, les Juifs, eux, vont voir plus loin, et donc ils vont essayer d'amener une direction morale à ça, et de faire le bien.
Donc, ça, c'est pour le peuple juif. Mais, encore une fois, le peuple juif sans la Torah, c'est une catastrophe. Parce que le peuple juif sans la Torah reste juif. On a vu en Égypte, on était une catastrophe, mais on était quand même juifs, ça ne change rien.
Mais, s'il n'y a pas la Torah pour nous orienter, ça peut aboutir à n'importe quoi. C'est ce qu'on voit chez les Juifs assimilés en France, qui sont à la tête de toutes sortes de mouvements pour défendre toutes sortes de causes, y compris contre leur peuple. Ok ? Et ça, on les voit. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ces qualités qui veulent changer le monde, qui veulent rendre le monde meilleur, elles existent en Israël, mais elles doivent être orientées, canalisées par la Torah,
sinon ça va partir dans tous les sens. ça va sortir des valeurs complètement à côté. Complètement. Justement, ça prouve exactement ce que je suis en train de dire: le fait d'être juif n'a aucun rapport avec le fait de faire les mitsvot. Ok ? Même si tu ne fais aucune mitsva, bon, c'est très dur, hein, parce que tu en fais toujours, même si tu ne veux pas. Disons que tu ne fais rien, tu t'assimiles, tu ne te souviens pas que tu es juif: tu es quand même
juif. Si tu rentres dans une synagogue, tu es le dixième, on ne fait rien quand même. Oui ou non ? Même s'il n'a pas l'abri.
La seule personne qu'on ne laisse pas entrer dans le minyan, ok, dans la halakha, la seule personne qu'on ne reçoit pas dans le minyan, c'est quelqu'un qui est vraiment un traître. Et sinon, on laisse entrer. Un traître, c'est quelqu'un qui est, je ne sais pas, un Talf Achiman, ok, par exemple. Quelqu'un qui va vraiment aller avec l'ennemi, quoi. Quelqu'un qui est comme ça.
Alors, il y a marqué dans le Shoul'han Arou'h, une halakha, qui est marquée aussi dans le Rambam. Vous m'amenez dedans, je vais en parler. On en a déjà parlé un jour, récemment, il y a quelques mois: celui qui ne fait pas Chabbat en public, ou qui enfreint les Chodashim, il est comme un étranger pour toutes les halakhot, et sa chehita, on ne peut pas la manger, et tout, pour tout. Ok ? Donc, cette halakha n'a jamais été réalisée pour les Juifs qu'on rencontre aujourd'hui. Ok ? C'est-à-dire qu'aujourd'hui, surtout en Afrique du Nord, par exemple, il n'y a jamais eu un Juif qui ne disait pas Chabbat, qui ne disait pas complètement Chabbat, qui ne disait pas quelque chose, et dans la communauté de la synagogue, on a dit qu'il n'était pas juif. Ok ? Cette halakha allait exister à une époque où 99,9 % …
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